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représentant la Foi, V Espérance et la Charité^ par Ai M. Foyatier, Lemaire et Laitié. Le tympan du fronton est orné d'un bas-relief, ouvrage de M. Nanteuil, qui représente des Anges en adoration devant la Vierge et VEnfant Jésus. Sous le portique est la porte principale, et sur les arrière-corps, à droite et à gauche, sont deux portes latérales. L'intérieur de l'église se compose d'un porche d'entrée, d'une grande nef; de deux nefs latérales, ou bas côtés, et de six chapelles particulières, indépendamment de quatre autres chapelles consacrées au Baptême, à l'Eucharistie, aux mariages et aux niorls, qui occupent les angles des bas-côtés, et sont ornées de peintures dues à MM. Roger, Perrin, Orsel et Blondel. Quatre rangs de colonnes d'ordre ionique forment les divisions des trois nefs et des chapelles. La nef principale se termine par un chœur où sont les stalles, et par un hémicycle où est placé le maître-autel, surmonté d'un baldaquin supporté par quatre colonnes égyptiennes de granit oriental , avec bases et chapiteaux en bronze doré, et un couronnement de sculpture, ouvrage de M. Elschoëcht. Enfin, deux sacristies sont adroite et à gajuche du chœur e( à l'extrémité des bas-côtés; elles sont éclairées chacune par une grande croisée en arcade, garnie d'un vitrail.
Les peintures qui décorent les chapelles représentent des sujets tirés de la vie des saintes ou des saints auxquels elles sont consacrées. Ces peintures sont dues au talent de MM. liesse, Coulan, Alfred Johannot, Langlois, Caminade, Decaisnes Dejuinnes, E. Deveria,Schnelz, Etex,Champmartin, Couder, Goyet et de M""^*Varcolier et Deherain. Les trumeaux qui séparent les croisées delà nef principale sont ornés de tableaux représentant l'histoire de la Vierge , par MM. Monvoisin, Vinchon, Langlois, Dubois, Coutan, Hesse, Oranger, Dejuinnes. Cette dernière série est complétée par deux grands tableaux qui couvrent les parois des murs du chœur et qui sont l'œuvre de MM. Heim et Drolling. De plus, M. Schnetz a représenté quatre prophètes dans les tympans des grandes arcades, au dessus des orgues et à l'entrée du chœur. M. Delorme, outre la grande peinture qui orne la coupole, a exécuté quatre figures d'Évangélistes dans les pendentifs qui supportent cette coupole. Enfin M. Picot a décoré d'une peinture, sur fond d'or, le cul-de four de l'hémicycle. On remarque aussi, dans l'église de Notre-Damede-Lorette, les Anges adorateurs du maître-autel, par M. Nanteuil; le Christ en marbre, de M. Desbœufs; la statue de la Vierge., par M. Dumont; les deux Séraphins de la chaire, par M. Elschoëcht ; le groupe de la Pitié du maître-autei, par M. Cortot; la statue de saint Jean, des Fonts baptismaux, par M. Duret.
EGLISE SAINT-VINCENT- DE-PAUL. Cette églisc, située rue et place Lafayette, commencée en 18'24, a été consacrée au culte en 1844. Le plan extérieur présente un carré long avec des avant-corps aux deux extrémités. On nriive par un perron de soixante marches, très-pittoresque, à l'entrée principale, placée sous un portique à trois rangs de colonnes d'ordre ionique surmonté d'un fronton triangulaire, sculpté par M. Nanteuil. De chaque côté du portique s'élève une grande tour carrée. L'intérieur offre l'aspect architectural des basiliques antiques. La nef principale est séparée des bas-côtés par un double rang de colonnes recouvertes en stuc, au-dessus desquelles s'élève une seconde rangée de colonnes corinthiennes qui soutiennent une charpente apparente et richement peinte.
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Autour de l'ôp^liso sont huit chapellos latérales, décorées do vitraux peints, don! l'exécution est due au talent de M. Maréchal, de Metz. Le chœur est orné de stalles en hois, élégamment sculptées par MM. Millet et Dcrre. Quant au maltre-autel, c'est un ouvrage de M. liosio neveu. Sur les portes de hroir/.t^ (pii Icrment l'entrée principale du monument, M. Farochon a ligure Jésus-Chris! , 1rs Apôtres et les Vertus Théologales. Sous le péristyle, on vient de placer une vaste peinture exécutée sur lave par MM. Jollivet et Hachette. Cette composition représente les trois Personnes de la sainte Trinité, ayant à leur droite le groupe de quatre Prophètes, .lérémie, Ézéchiel , Jsaïe et Daniel; à leur gauche, l(;s quatre Évangélistes. La construction de cette église a été dirigée par MM. Lepère et Hittorf.
ÉGLISE SAINT-DENIS- DU-SAiNT-SACUEMENT, l'ue Saiut-Louis, OU Marajs. Cette église, commencée en 1826 et inaugurée en 1835, est construite sur ïcm- \t\siccmeni de \di chapelle des Filles du Sainl-Sacî'ement. La façade est décorée de colonnes. L'intérieur se partage en trois nefs. L'autel est placé sous une voûte. La coupole est ornée d'une peinture et d'une grisaille de M. Abel de Pujol. Dans les chapelles on voit la mort cVEmmaiis^ par M. Picot; les miracles de la Vierge^ par M. Court; le Christ et les enfants, par M. Decaisne, et eniin une Piéta , par ^L Eugène Delacroix.
ÉGLISE NOTKE-DAME-DE-BONNE-NOUVELLE, ruc Bcauregard. Ce monument rebâti par M. Codde, en 1825, n'offre rien de remarquable; le portail dorique est décoré de pilastres et de deux colonnes. L'intérieur est divisé en trois nefs séparées par des colonnes d'ordre ionique. L'abside est ornée d'une grisaille de M. Abel de Pujol, et la chapelle de la Vierge, de peintures par M. A. Hesse.
Je mentionnerai pour mémoire les églises de Saiîti-Pierre-du-Gros- Caillou , en partie rebâtie, en 1822, par M. Godde, et l'église Sainte-Elisabeth, rue du Temple, no 107, dont l'intérieur a été refait en 1829. On y voit des peintures de MM. Pérignon et Bézard.
CHAPELi K EXPIATOIRE, située au coin de la rue d'Anjou-Saint-Honoré et de la rue de l'Arcade. Ce monument, construit sur les dessins de MM. Percier et Fontaine, a été élevé pour consacrer le lieu où furent déposées, en 1793, les dépouilles mortelles de Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette. Il a été achevé en 1825. Une porte en bronze, ornée de deux cippes funéraires, donne entrée dans un vestibule qui conduit à une espèce de parvis, le long duquel s'étendent, des deux cotés, des plantations d'ifs et de cyprès. A droite et à gauche du parvis régnent deux portiques, composés l'un et l'autre de neuf arcades voûtées ; a.i fond de chacune de ces arcades s'élève un cippe portant le nom des personne?, inhumées dans ce lieu ; à l'extrémité de ce parvis, se trouve une chapelle dont l'entrée présente un porche orné de quatre colonnes doriques qui supportent un fronton. Au-dessus de la chapelle s'élève une coupole; une lanterne, pratiquée au centre , éclaire Fédifice. Les pendentifs de cette coupole sont ornés de bas-reliefs, qui figurent les mystères de la Trinité et de FEucharistie. Un autre bas relief, représentant la translation des dépouilles mortelles de Louis XVI et de Marie-Antoinette dans la chapelle de Saint-Denis, est placé au-dessus du porche intérieur. A droite et à gauche de l'autel en marbre blanc, incrusté de
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bronze doré, on voit deux groupes en marbre : le premier, sculpté par Bosio, représente l'apothéose du roi Louis XVI ; le second , exécuté par M. Cortot, représente la reine Marie-Antoinette implorant les secours de la religion. Au-dessous de la chapelle on a disposé une crypte voûtée dans laquelle un autel, en forme de tombeau, indique l'endroit même où ont reposé les restes du roi. . CHAPELLE DU CLiJETiÈRE DU PÈRE LACHAiSE. ^Ellc cst situéc sur la partie la plus élevée de ce cimetière. Sa forme est un parallélogramme. Aux quatre angles extérieurs de l'édifice sont des pilastres doriques qui soutiennent un entablement décoré de modillons et de Irigiyphes. Sur les deux façades antérieures et postérieures de la chapelle, cet entablement est surmonté d'un fronton. Le jour pénètre par une ouverture pratiquée au milieu de la voûte. Ce monument, destiné à la célébration de rolTice des morts, a été construit sur les dessins de M. Godde, et inauguré au mois de novembre 1834.
ETABLISSEMENTS CIVILS
SÉMINAIRE DE SAiNT-suLPiCE, situé sur la placB et auprès de l'église Saint-Suî • pice, entre les rues Férou et du Pot-de-Fer. La première pierre de cet édifice fut posée en 18-20. L'architecture de ce bâtiment n'a rien de remarquable. Les constructions forment un parallélogramme au centre duquel se trouve une vaste cour carrée, entourée d'une galerie couverte et en arcades. La façade qui se développe sur la place Saint-Sulpice présente les caractères du style florentin ; elle se compose d'un corps principal avec un porche au milieu et de deux pavillons en saillie de chaque côté. L'architecture des façades qui donnent sur la cour et des façades latérales extérieures est la même que celle de la façade principale. On vient d'y bâtir une chapelle.
LE PO>T DES INVALIDES Communiqué du quai de la Conférence au quai d'Orsai, au Gros-Caillou. Ce pont élégant, construit en 1825, sous la direction de MM. Vergez et Bayard, consiste en trois travées suspendues par des chaînes de fer. Sa longueur est de 361 pieds, et sa largeur de 26.
LE PONT DE l'archevêché, sur le bras gauche de la Seine, vis-à-vis la rue des Bernardins, communique du quai de l'Archevêché au quai de la Tournelle. Ce pont, formé de trois arches en pierres, a été achevé en novembre 1827, aux frais d'une compagnie qui y perçoit un droit de péage.
LE PONT d'arcole, iiommé avant 1830 pont de la Grève, est construit sur le bras droit de la Seine; il communique du quai Napoléon à la place de Grève. Il repose sur un pilier placé au milieu de la rivière ; son plancher, presque horizontal, est supporté par des barres de fer. Ce pont ne sert qu'aux piétons.
MAISON DE FRANÇOIS 1^^^ AUX CHAMPS-ELYSÉES. Cet édificc, dont la construction date de 1572, offre un assez remarquable spécimen de l'architecture de la Renaissance. 11 est situé aux Champs-Elysées, sur le Cours-la-Reine. Il était autrefois à Moret, dans la forêt de Fontainebleau, où il servait de rendez-vous de chasse-, mais il n'existait pas alors tel qu'on le voit aujourd'hui; la partie qui forme la façade actuelle décorait l'intérieur d'une cour. En 1826, le gouvernement vendit cette maison à un amateur, qui en fit transporter à
sous LA l\r:STAUUATION. <il!»
P<iris los nialôriaux, v{ (jui cliar^va M. |{iv(, arcliitocU', de la rooonslriiin; sur lin nouveau plan. Kllc a deux élagos. Aux (lu.ilre angles sont di^ pclils pilas- Ires couroiMiés de cha])i(eaux <lélica(enienL srulplés. Le rey.-<le-cliaussée olTri^ des arcades, au-dessus descpielles règne une Irise rehaussée d'ornements et d(^ médaillons qui représentent Marj-uerite, Anne de Iiretaf;ne , Diane de IV)itiers , et les rois Louis XII, Henri II et François IL L'atti(iue est orné de bas-reliels qui ligurent des génies portant des écussons aux armes de France, eidacés dans des guirlandes de lleurs et de fruits. On a attribué à Jean (;oujon les sculptures qui décorent ce gracieux monument.
iiosPiciLS. Sous la Uestauration, il fut fondé quehpies établissements de Hienfaisance. La duchesse de liourbon établit en 1819, rue de liabylone, n* 12, VHuspice d'Enghien, renfermant 00 lits pour les hommes, et 60 lits pour les femhies; M. Leprince dota un petit hospice qui i)orte son nom, rue Saint-Dominique, w 4, et qui est destiné à 20 vieillards; M'"^* Ghàteaubriant, V Infirmerie de Marte-Thérèse , rue d'Enfer, iP 86, pour des prêtres infirmes. Lnfin , on fonda en 1820, rue de l'Oursine, n° 95, au moyen de souscriptions, une Maison de Refuge et de Travail pour l'extinction de la mendicité. V Asile de la Providence^ rue du Cherche-Midi, date de 182 i. Il fut destiné à recevoir des persoimcs d'un âge avancé.
THÉÂTRES. — Plusicurs théàtrcs furent bâtis sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X. La salle actuelle {i^V Académie Uoijalede Mvsique a été élevée sur l'emplacement de l'hôtel Choiseul, rue Lepelletier, après l'assassinat du duc de lîerry. Les travaux de cette salle jjrovisoire, ouverte en 1820, ont été dirigés par M. Debret. — Le théâtre du Gijmnase-Dramatique^ ou Théâtre de Madaine^ boulevard Bonne-Nouvelle, n*> 8, date de 1820 ; il a été fait sur les dessins de MM. Guerchy et Rougevin. La façade est décorée de six colonnes engagées. — Le théâtre des JSouveautés^ aujourd'hui du Vaudeville, place de la Bourse, occupe l'emplacement de l'ancien passage Feydeau. La troupe d'opéra-comique y a joué de 1832 à 1840. — Le théâtre du Panorama-Dramatique, près du Petit-Lazarij^ s'est soutenu peu de temps et a été remplacé par une maison particulière. — Le théâtre Ventadour, qui est occupé aujourd'hui par la troupe italienne, a été construit sur les dessins de MM. Huvé et Guerchy; c'est un édifice isolé de toutes parts, orné de pilastres et surmonté d'un attique. Cette salle a porté, depuis 1830, les titres de théâtre Nautique et de théâtre de la Renaissance. — V Ambigu-Comique^ bâti par MM. Stouffet Lecointe, boulevard Saint-Martin, a été ouvert en 1828; la façade est assez élégante.— Le Cirque-Olympique^ boulevard du Temple, où l'on joue des vaudevilles, des mélodrames et des pantomimes équestres, date de 1827. — Le théâtre du Luxembourg^ rue de Madame, était une petite salle où un paillasse, du nom de Bobineau^ faisait la parade et où l'on donnait des pantomimes. — Enfin le Théâtre Comte, passage Choiseul , a été fondé en 1826 par l'habile prestidigitateur dont il porte le nom. Les pièces y sont jouées par des enfants et pour des enfants.
MARCHÉS. — Les marchés établis sous la Restauration n'ont rien de remarquable. Je citerai le Marché au beurre (1822), dans les dépendances de la Ha le des Innocents ; la Halle aux poissons (1822 , (pii occupe l'emplacement de Tan-
(iio histoihl: de pahis
cien pilori, emplacement appelé Carreau de la Halle; et le Marché des Carmes (1818), place Maubert.
PASSAGES. — Sous la Restauration on a édifié les plus beaux passages, ou rues couvertes, que l'on trouve à Paris. Déjà, en 1799, on avait bâti les passages du Caire et en 1808 la galerie Delorme. Le passage des Panoramas est aussi l'un des plus anciens. — Les Galeries de r Opéra datent de 1821, la Galerie Vivienne et le passage Véro-Dodat, qui porte le nom de deux charcutiers qui l'ont fait élever, ont été bâtis en 1823; le Passage Henri IV (1823), et la Galerie Laf fille (1828) sont mal construits et mal décorés. Parmi les plus beaux il faut citer, la Galerie Colberl (1828), et le Passage Choiseul (1827). — La Galerie Vendôme remonte aussi à 1828.
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PARIS SOUS LOUIS-PHILIPPE l«^
Les premières années qui suivirent l'avènement de Louis-Philippe au trône, furent marquées par des émeutes et des insurrections, qui jetèrent la perturbation dans les affaires, et coûtèrent la vie à un grand nombre de citoyens. — Un des premiers actes du nouveau gouvernement fut la réorganisation de la garde nationale de Paris, licenciée par le ministère de Villèle. Le 29 août, le roi, accompagné du général Lafayette et d'un brillant état-major, passa en revue , au Champ de Mars, les légions de la milice citoyenne et leur fit distribuer des drapeaux, au milieu d'un enthousiasme général.
Quatre ministres de Charles X, MM. dePolignac, dePeyronnet, de Chantelauzo et deCuernon-Ranville, avaient été arrêtés et enfermés dans le donjon de Vincennes. Pendant que leur procès s'instruisait, le bruit se répandit que la Cour des pairs était disposée à les traiter avec indulgence et qu'ils ne paieraient pas de leur tête les désastres de la révolution de Juillet, désastres dont toute la responsabilité leur appartenait. Des bandes d'hommes du peuple parcoururent les rues, demandant la mort des ministres : les rassemblements, repoussés de la place du Palais-Royal, se portèrent à Vincennes; là, le commandant du fort, le général Daumesnil, signifia courageusement à la foule que, si elle tentait de passer outre , il ferait sauter le donjon. Les émeutiers reculèrent devant une déclaration si vigoureuse, regagnèrent Paris, envahirent de nouveau la place du Palais-Royal, où ils furent dispersés par la garde nationale.
Les ex-ministres avaient été transférés, le 10 décembre, à la prison du Petit- Luxembourg. Le gouvernement, redoutant quelques mouvements populaires, publia un ordre du jour, pour enjoindre aux gardes nationaux de ne point quitter leur uniforme à partir du 14 décembre. Le 15 , le procès des ministres s'ouvrit à la cour des Pairs. Tant que durèrent les débats, il y eut, autour du palais un grand déploiement de force armée. Le 21 décembre, le procès se terminait, et l'on reconduisait furtivement les ex-ministres au château de Vincennes. A cette nouvelle, des rassemblements tumultueux se montrent sur tous les points de la capitale ; et la foule se précipite dans la cour du Luxembourg
sous louis-imiiiji'im: i^^. cii
en criant : Mortaux /!y/w/\s7r^s / Cependant les tmnpeset la {^arde nationale linlent tiHe à l'énicule et parvinrent à la comprimer. I.e soir de ce nu^rne jour, le jugement qui condam::ail les minislres à la prison per|)éluelle lut rendu. La nuit , des feux lurent allumés dans les rues et sur les |)la('es publiqnes; des postes nombreux maintiment l'ordre. Le lendemain, il y eut encore des démonstrations populaires el des protestations contre l'arrc^t, trouvé trop dénient, de la Cour des Pairs; mais le gouvernement avait pris des mesures; et Tinsurrection, qu'on avait vue près d'éclater, fut contenue rigoureusement.
Le LUevrierl831 était l'anniversaire de la mort du ducdeKerry : les légitimistes résolurent de faire célébrer un service religieux commémoratif. La cérémonie eut lieu à Saint- Cermain. On sut bientôt dans le public !que les partisans de la monarcbie déchue avaient saisi cette occasion pour faiie des démonstrations politiques en faveur du duc de Bordeaux. Le peuple se porta en foule à Saint- Germain-l'Auxerrois, puis mit au pillage l'église et le presbytère. Le lendemain les mêmes dévastateurs se rendirent à l'Archevêché et le démolirent presque de fond en comble; les meubles furent brisés, les objets d'art détruits et les livres de la bibliothèque jetés à la Seine. Quelques détachements de gardes nationaux s'étaient réunis à Notre-Dame; mais ils furent impuissants à arrêter le désordre. En même temps on effaça les fleurs de lis sur tous les monuments et on abattit les croix sur toutes les églises de la capitale.
Presque chaque mois était marqué par quelque émeute. Le 16 avril, à l'occasion de la distribution de la croix de Juillet, une foule furieuse avait envahi la place Vendôme, d'où elle fut chassée par le général Lobau au moyen de pompes à incendie. Le 14 juillet, les républicains essayèrent de planter un arbre de la liberté sur la place de la Bastille; et il fallut l'intervention des soldats pour empêcher la mise à exécution de ce projet. Fùifin le 15 septembre on apprend la capitulation de Varsovie ; aussitôt apparaissent sur plusieurs points de la ville des groupes menaçants; le lendemain on essaya d'élever des barricades et l'on pilla des magasins d'armuriers ; mais cette émeute n'eut pas de suites désastreuses.
En 1832 la tranquillité publique fut compromise encore plus gravement que Tannée précédente. Le 4 janvier, vers les cinq heures du soir, on entendit tout à coup sonn er le bourdon de la cathédrale; c'était un appel d'insurrection; les individus qui venaient de faire ce sinistre appel furent arrêtés sur-le-champ; en même temps les gardes municipaux éteignaient un incendie qui, s'il eut pu se déve- ]o[)per, allait détruire un des monuments les plus vénérés et les plus remarquables de la capitale.
Ce n'était pas le parti républicain seulement qui travaillait à la destruction du nouveau gouvernement. Les légitimistes organisaient aussi une vaste conspiration. Les meneurs du complot distribuaient de l'argent dans le peuple, entretenaient des intelligences dans plusieurs régiments de la garnison de Paris, et se donnaient pour chef des personnes très-haut placées dans l'ancienne cour. Les forces du parti légitimiste présentaient un effectif de 2500 à 3000 hommes. On savait que le roi donnerait un grand bal aux Tuileries dans la nuit du l^-au 2 février; les conspirateurs résolurent de pénétrer cette nuit-là dans le palais, au