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tion.et pour jouir d'un spectacle si extraordinaire, une foule de mariniers, portefaix, et vagabonds accoururent à la place d»
Grève. Ces hommes, que les règnes précédents avaient accoutumés aux brigandages et aux massacres, auraietit pu se porter à quelques violences envers les membres du parlement. Cette considération, à ce quM paraît, toucha Le Clerc. Pour épargner à ses prison n i ~ rs 1 :s d i ng-rs qu'offrait 1 1 place
Troisième pierre trouvée sous le chœur de Notre-Dame.
de Grève, il renonça au projet de les conduire à l'Hôtel-de-Ville; il les mena, par des rues détournées, à la Bastille, où ils furent tous enfermés. Dans le même jour, le conseil de l'Union ou des Seize fit arrêter les membres du parlement qui, portés sur la liste de proscription, ne s'étaient point trouvés au Palais quand Le Clerc s'y présenta; et le lendemain, ce couse, 1 fit relâcher tous ceux qui avaient suivi volontairement Le Clerc, et dont les noms ne se
(1) Histoirt de De Thou, liv. 94.
trouvaient point parmi ceux des proscrits. Les monastères, que Henri III avait comblés de bienfaits, signalèrent leur ingratitude contre ce roi. Les Jacobins effacèrent ou noircirent sa figure placée dans leur cloître ; les Cordeliers, dont Henri III avait fait reconstruire l'église, insultèrent à la statue de ce roi, que ces moines y avaient élevée comme un monument de leur reconnaissance, la renversèrent, et lui coupèrent la tête. Les Grands-Augustiu5 conservaient, derrière le maître-autel de leur église , un grand tableau qu«
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Henri III y avait fait placer lorsqu'il institua l'ordre d'i Saint-Rsprit, tableau où ce roi était représenté. Sans respect pour cet objet consncré, les Augustins le détachèreni/, le biffèrent, et le traînèrent par les rues. Les vitraux des églises où se trouvait la figure de ce roi furent partout brisés.
Jepasse soussilencelesdiscours étranges des prédicateurs qui faisaient retentir la chaire évangélique d'injures, de provocations à la vengeance et au meurtre ; je ne parlerai pas non plus des nombreuses processions qui se faisaient alors, et où l'on voyait les hommes, les femmes, les filles, les garçons, en chemise ou entièrement nus : je réserve ces traits pour le tableau des mœurs de cette période; mais je ne puis taire un moyen magique qui fut alors employé dans plusieurs églises de Paris, moyen fort en usage dans les siècles barbares, ridicule par la vertu qu'on lui attribuait, sacrilég? par le lieu où il était employé, et criminel par l'intention de ceux qui en faisaient usage. Laissons parler l'Estoile, témoin oculaire :
« Furent faites à Paris force images de « cire qu ils tenoient sur l'autel, et les « piquoient à chacune des quarante messes « qu'ils faisoient dire durant les quarante « heures, en plusieurs paroisses de Paris ; « et, à la quarantième, piquoient l'image « à l'endroit du cœur, disant à chaque « piqûre quelques paroles de magie, pour « essayer à faire mourir le roi. Aux proc cessions pareillement, et pour le même « effet, ils portaient certains cierges ma- « giques, qu'ils appeloient par mocquerie c cierges bénits, qu'ils faisoient éteindre « au lieu où ils alloient, renversant la lu- « mière contre bas, disant je ne sais a quelles paroles que des sorciers leur « a voient apprises (1). »
Voilà, je le répète, comment l'autel était le soutien du trône; voilà des prêtres chrétiens qui se livrent à des opérations magiques, et qui, dans leur aveugle fureur, mêlent ces pratiques ridicules ou païennes à des cérémonies chrétiennes; voila ce bon vieux temps que regrettent et voudraient ramener des hommes ignorants ou perfides.
Pendant que les prédicateurs épuisaient toutes les ressources de leur génie pour
(1) Journal de Henri HI, t. II, p. 172, édit. de 1744.
nu PARIS
inspirer de l'horreur contre !e roi, (pie des prêtres employaient la magie pour lo faire périr, et que le conseil des Seize continuait ' à piller les maisons des personnes riches qui n'étaient point de leur i arti, le duc de Nemours et le duc de Mayenne arrivèrent à Paris, le premier échappé de sa prison de Blois, et le second venu de Lyon, où il séjournait pendant qu'on massacrait ses frères. Ce dernier, nomme Charles de Lorraine, duc de Mayenne, fut déclaré chef de la Ligue ou de la sainte union.
Voici quels furent à Paris les établissements de c-e gouvernement.