‹ Histoire de ParisChapitre 114 sur 261 · B HISTOIRE · texte numérisé non relu

B HISTOIRE

ses appréhensions sur le sort qui le menaça- Peu de jours après cette communication, le vendredi 14 mai 1610, le roi se rendait du Louvre à l'Arsenal, et passait par la rue de la Ferronnerie, rue ;ilors fort étroite : son carrosse y fut arrêté par un embarras de voitures. Ses gens de pied quittèrent la rue, et passèrent par une des «alerics du charnier des Innocents.

Pendant cette station forcée, le roi se pencha rour parler au duc d'Epernon ; alors un homme s'avance, s'élève sur les roue.^ de la voiture, porte au roi, à l'endroit du cœur, un coup de couteau qui lui arracha ces mots, les demiecs qu'il ait articulés : Je suis blessé.

Sans se déconcerter, l'assassin frappe un second coup. Le premier coup était nwrtel, le second ne l'était pas. Un troisième coup fut, dit-on, porté, mais il n'atteignit point le roi.

« Chose surprenante, dit l'Estoile, nul « des seigneurs qui étoienl dans le car- € rosse n'a vu frapper le roi; et, si ce « monstre d'enfer eut jeté son couteau, « on n'eût su à qui s'en prendre : mais il « s'est tenu là pour se faire voir, et pour « se glorifier du plus grand des assassi- « nats. » Cet assassin élait Ravaillac.

Voici les noms desseigneursqui se trouvaient alors dans le carrosse du roi : les ducs d'Epernon et de Montbazon, le maréchal de Lavardin, les sieurs de Roquelaure, de La Force, de Mirebeau, de Liancourt. Ils n'ont point vu le bras de l'assassin diriger au milieu d'eux le couteau ^ers le cœur du roi ; ils n'ont détourné ni le premier ni le second coup.

Ainsi, après avoir échappé dix-sept fois au poignard de ses ennemis, il succomba à la dix-huitième (1).

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