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CONVENTION

I sous la dénomination devenue \ul|?aire d'académies, étaient dissoutes ou désertées. La Convention, rendue à elle-même, s'occupa de les organiser sur un meilleur plan.

Dans la constitution de Tan m, promulguée le l^r vendémiaire an iv (Î3 septembre 1795;, on lit au titre X :« Il y « aura pour toute la république un institut « national, chargé de recueillir les décou- ' vertes, de perfectionner les arts et les « sciences. »

La loi du 3 brumaire suivant (25 octobre 4795). sur l'instruction publique, offre dans son titre IV l'organisation de l'Institut : il fut alors divisé en trois classes: la première, sciences physiques et mathéma tiques: la seconde, sciences morales et politiques ; \d. troisième, littérature et heaux-arts.

La première classe était composée de 60 membres et 60 associés, la seconde de 36 membres et 36 associes, la troisième de 48 membres et 48 associés.

Les voyages à faire pour les progrès des sciences, les concours, les encDuragemeuîs, le compte-rendu des travaux de chaque classe, sont aussi réglés par cette loi. L'Institut tint sa première séance au Louvre.

En l'an xi (1803), Bonaparte apporta quelqueschangementsà cet ordre de choses. H divisa l'Institut en quatre classes :1a première classe comprit les sciences physiques ! et mathématiques, et fut composée de 63 membres.

La seconde, qui eut pour objet la langue et la littérature françaises, se composa de 40 membres.

La troisième, celle de l'histoire et de la littérature anciennes, fut composée de 40 membres, 8 respoodants.

La quatrième classe, relative aux beauxarts, contenait 20 membres, 8 associés étrangers et 60 correspondants.

Tous les gouvernements ont %oulu introduire leurs innovations dans cette société de savants et de littérateurs. En <St5, on lui conserva son nom dTnstitut ; mais ou donna aux quatre classes leurs vieilles uenominations: laprem.ère classe fut Dominée Académie dci; Sciences M seconde ^r^zdémie Francaise^Xà ivoisÏQVciÇr Acadéûiis des Inscriptions et Belles-Lettres , et la quatrième Académie de Peinture et de Sculpture.

BcBEAU DES LONGITUDES, établi à l'Ob-

60 niSToiRE

servatoire. Il fut créé, d'après le rapport du représentant du peuple Grégoire , par la loi du 7 messidor an m (25 juin 1795), qui met dans ses attributions l'Observatoire de Paris et celui de l'École-Militaire, et le charge de rédiger la Connaissance des Tem2)S, de faire chaque année un cours d'astronomie, de perfectionner les tables de cette science, les méthodes des longitudes, et de publier des observations astronomiques et météorologiques. Le bureau des longitudes fut alors composé de deux grands géomètres, MM. Lagrange et La place.

Dequatreastronomes : les sieurs Lalande, Cassini, Méchin et Delambre;

De deux anciens navigateurs : les sieurs Borda etBougainville ;

D'un géographe : le sieur Buache;

Et d'un artiste : le sieur Carochez.

Le bureau était autorisé à nommer quatre astronomes adjoints pour travailler, sous sa direction, aux observations et aux calculs; à nommer aux places vacantes et à faire un règlement qui, de plus, oblige les membres à publier tous les ans un Annuaire extrait de la Connaissance des Teirps, etc.

En 1821 , le bureau des longitudes était composé de trois géomètres : les sieurs Laplace, Legendre et de Prony ;

De quatre astronomes ; les sieurs Delambre, Bouvard, Lefrançais de Lalande et Burckhard;

De deux anciens navigateurs : les sieurs Bossel et Rosily-Mesros ;

D'un géographe : le sieur Buache ;

De cinq astronomes adjoints : les sieurs Biot, Arago, Poisson, Mattieu, Sedillot.

Les artistes adjoints étaient les sieurs Lenoir, Breguet et Lerebours (1).

Musée des tableaux de la galerie DU Louvre. Cette galerie, dont j'ai décrit l'extérieur, en indiquant les époques diverses de sa construction, était intérieurement restée imparfaite. Elle contenait, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, des plans en relief de diverses places fortes du royaume. En 1773, un particulier proposa de tiansferer ces plans à i'École- Mililaire, et d'établir dans la galerie du Louvre des tableaux, des statues et objets d'arts qui étaient entassés dans la

(1) MM. Delambre et Breguet étant morts, le premier fut remplacé par M. Araso.

salle des antiques. Ce projet fut accueilli, mais ne fut pas exécuté. On se borna, en 178i-, à transférer les plans en relief à l'hôtel des Invalides. La Convention, par| son décret du 27 juillet 1793, ordonnai l'établissement d'un Musée national, etp fixa son ouverture publique au 1 0 aoiitit suivant. On y réunit divers objets dont»!: on pouvait disposer ; et 537 tableaux des; plus grands maîtres de diverses écoles ^^ furent provisoirement exposés. On yjoi-if gnit plusieurs bronzes, bustes , vases, ta-'j blés de marbre, porcelaines, pendules el»! autres objets, au nombre de 124.

Le 6 messidor an ii (24 juin 1794), la, Convention établit un concours et un juryi pour la restauration des tableaux, statues, etc.

Une partie de la longueur de celte ga- i lerie reçut ces productions des arts, L'au-*" tre partie n'était encore ni parquetée n terminée.

En l'an vi on y joignit un grand nombre de tableaux conquis dans les diveiscj contrées de l'Europe ; et rex[:osition pu| blique de ces nouvelles richesses fut laitti pour la première fois le 18 gcrminai an VII.

En l'an ix, tous les travaux étant ache vés, le l'ublic put jouir de la totalité d( cette magnihque galerie et de la riGh( collection qu'elle contenait

On y admire l'escalier qui conduit à C( musée, escalier très pittoresque, exécute sur les dessins de M. Fontaine, compost de quatre rampes ornées de vingt-deu3 colonnes de marbre, et conduisant d'ur coté au salon d'exposition, et de l'autre la galerie d'Apollon.

Arrivé à travers deux salles jusqu'ai salon d'exposition , salon vaste , carré éclairé par le comble une porte qui s'ouvre sur pollon, dont je parlerai, et à droite un( autre porte par laquelle on entre dans li longue galerie des tableaux.

Plusieurs tableaux recueillis à Venise à Florence, à Turin et à Foligno , fureu restaurés et exi^osés au public le 18 ventôse an X (9 mars 1 802) dans le grand salon du Musée,' et placés ensuite dans h grande galerie.

Ces tableaux , au nombie de 85 étaient dans le plus déplorable état de dégradation; et leur transport en Franceei, a sauvé la plupart d'une entière et prochaine destruction. L'art de re^-taureri©

on trouve à gauch( la galerie d'A

socs LA CONVENTION

mciennes peintures a opéré en cette cir- ;onstancede véritables prodiges (I ).

La galerie de peinture, ornée de ces tableaux et d'un bien plus grand nombre i'autres, se compose d'une seule pièce en Iroite ligne, longue de 222 toises. Elle 'st éclairée par des croisées et par des ours pratiqués dans le comble. Elle se livise en neuf parties, et cette division -st marquée par des portiques décorés de ;olonnes de divers marbres précieux, enre lesquels sont placés les bustes des )eintres les plus célèbres des écoles an- 'ieimes et de l'école moderne. Des tables .'D marbre, en mosaïque, riches par leur r.atière et leurs dessins, étaient autrefois )lacées de loin en loin dans la longueur le cette galerie.

(1 ) Je ne citerai ici que Texemple du tajleau dit la Vierge au donataire^ peint par Haphaël et tiré d'une église de Foligno.Les commissaires hésitèrent de l'envoyer à Paris, tant il était dégradé ; la peinture s'éîaillait, se détachait du fond en bois sur .equel elle était appliquée. Ce bois blauc ivait éprouvé une grande fente d'écartement; ;a surface, piquée de vers , était d'ailleurs négale. Cette peinture sur bois fut, avec le dIus grand succès, transportée sur une toile. Te chef-d'œuvre de Raphaël fut préservé de ;a ruine, et parut brillant de tout l'éclat ju'il devait avoir lorsqu'il sortit des mains ïe cet excellent p&intre. Je me borne à rappeler cette merveilleuse opération, dont la gloire en grande partie appartient à M. Hac- ^uin, et dont on sentira les difficultés et le mérite, si l'on pense à la ténacité extrême l'une couche de peinture adhérente à une planche dont il a fallu la dé lâcher pour la transporter sur une toile.

Les détails deâ procédés longs et ingénieux Imaginés alors pour le succès de cette opération, sont consignés dans le rapport des membres de l'Institut chargés de la surveiller; et ce rapport est contenu dans la Sotice des tableaux recueillis à Venise^ Florence, Turin ei Foligno , exposés le 18 ventôse an X.

M. Fouque, depuis la création du Musée jusqu'à sa mort, a rentoilé, avec le même succès, plusieurs tableaux précieux, tels que le Martyre de sainte Agnès, du Dominiquin; h Martyre de saint Pierre, du Guerchin ; le

La première de ces divisions , contiguë au grand salon d'exposition, contenait les tableaux de l'école française , au nombre de 4 07, parmi lesquels on remarquait 25 tableaux du Poussin, 8 de Lesueur, 9 de Lebrun et 8 de Vernet.

Les seconde, troisième, quatrième et cinquième dé ces divisions étaient occupées par les tableaux des écoh^s allemand?, flamande et hollandaise, qui composaient ensemble 647 tableaux de toutes dimensions ; 53 tableaux de Rubens ou de son école; 34 de Vandick , 10 de Jordaens, 0 de Lairesse, 7 de Vander-Meulen, Sîdtî Wouvermans, 15 d'Holbein, 32 di- Rembrandt. 10 de Paul Potter, 7 de Breughel de Velours, 7 paysages de Ruisdael, 7 d^ Vanhuvsum, 17 àe David Teniers, 16 des deux Miéris, père et fils, 17 de Gérard Dow, etc.

Les quatre dernières parties de la galerie éiaient remplies de tableaux des différentes écoles italiennes , au nombre de 470, dont 20 tableaux de l'Albane, 7 d'André del Sarto, 41 des Antoine, Anuibal, Augustin et Louis Carrache : 9 du Corrége, 15 du Guerchin, 24 du Guide (Guido Reni), 3 de Carie Maratte, 16 de Paul Véronèse, 28 de Raphaël d'Urbiu, 10 du Tintoret, 24 du Titien, etc.

Depuis les plus grandes compositions historiques jusqu'aux tableaux de chevalet, jusqu'aux portraits, tous ces ouvrages étaient autant de chefs-d'œuvre ou des productions de choix et de curiosité. La médiocrité était bannie de cette excellente collection qui, en 1814, suivant la notice de cette année, s'élevait au nombre de 1224 tableaux. Il n'existait point en Europe de galerie aussi vaste , aussi magnifiquement meublée, contenant des richesses aussi variées, ni qui offrît aux artistes des modèles plus parfaits. En 1815, elle a été dépouillée d'un grand nombre de ses tableaux les plus précieux.

Musée des dessins : galerie d'Apollon. Cette galerie a deux entrées, comme je l'ai dit ; elle porta les noms de petite galerie du Louvre, de galerie des Peintres et de galerie d'Apollon ; elle fut bâtie sous ^ le règne de Henri IV.

Le 6 février 1661, au moment où on y'préparait un théâtre sur lequel Louis XIV devait danser avec toute sa cour, un in-

Repas chez Lévi, de Paul Véronèse; plusieurs , cendie en détruisit une grande partie. Ce

grands tableaux de l'école française. Son fils k hérité du talent de son père.

: roi la fit réparer : et le plafond fut peint ' d'après les dessins du célèbre Lebrun, qui

n'eut pas le tenr^^ d'achever cet ouvrage. On donna à cetlc 2;aîerie le nom d'Apollon à cause des sujets de peinture qu'offre son plafond.

Sous le Directoire elle fut destinée à contenir des dessins originaux, esquisses, gouaches, pastels, émaux, miniatures, vases étrusques et curiosités.

Les objets précieux de cette galerie se composaient des collections de Jabach, de Lanoue , de Montarsis, de Le Brun, de Crozat, de Mariette, etc. ; collections qui, depuis plus dun siècle , renfermées dans un local étroit, restaient presque inconnues. Le nombre de ces dessins s'élevait à environ 11,000.

Le 28 thermidorde l'an v(lo août 1797), on exposa pour la première fois aux yeux du public 41 5 de ces dessins, et plusieurs autres objets de curiosité. Chaque année, on fit de pareilles expositions; mais les conquêtes des armées françaises ayant procuré de nouvelles richesses à cette collection, on en fit une exposition solennelle au mois de messidor an x (juillet 1802).

Elle contenait alors 531 pièces nouvelles, tant dessins qu'objets d'érudition ou de curiosité, classés méthodiquement.

L'école italienne fournissait 282 articles, parmi lesquels on distinguait un dessin de l'Albane, 7 d'André^ delSarto, 15 d'Annibal, 3 d'Augustin et 6 de Louis Carrache, 9 du Corrége , 1 de Pietro de Cortone , 7 du Dominiquin, 8 du Guerchin, 7 du Guide , 16 de Jules Romain,

5 de Labelle, 8 de Léonard de Vinci, 1 de Carie Maratte, 3 de Michel-Ange, 2 de Pannini, 4 de Paul Véronèse, 3 du Pérugin, 8 du Primatice, 22 de Raphaël, dont l'école d'Athènes, 7 duTintoret, 4 du Titien, et les autres appartenant à plusieurs maîtres célèbres.

Les écoles flamande, hollandaise et allemande composaient 86 dessins, dont 3 de Paul Bril, 2 de Champagne, 5 d'Albert Durer, 3 de Vandick, 1 de Vanhuysum, 7 de Vander-Meulen, 1 de Rembrandt, 16deRubens, 1 de Ruisdael, 4 de Teniers, etc.

Les dessins de l'école française se montaient au nombre de 74. On y distinguait

6 dessins de Le Brun, 2 de Sébastien Leclerc, 6 deClaude-le-Lorrain, 26da Poussin, 3 du Pujet, 6 de Lesueur, 2 pastels de La Tour.

Un cadre contenait 45 portraits de di-

verses personnes, en miniature et en émail, peints par Petitot, et d'autres émaux exécutés par les peintres de Limoges.

On y voyait en outre plusieurs tabler et tableaux de la manufacture de Florence, exécutés en pierres fines, au nombre de ,i dix, et dix-sept vases antiques, dits étrusques, ornés de peintures curieuses , la plupart d'une grande dimension

Dans la suite cette collection fut enrichie de plusieurs cartons de Jules Romain et du Dominiquin, d'une infinité de bronzes antiques, tels que vases, figurines, lampes, etc. ; et dans le salon situé à l'extrémité de cette galerie , se voyait un grand nombre d'objets rares, précieux, et de curiosités, parmi lesquels je ne citerai que le casque d'Attila. Ce musée, en 1 8 1 o. a été en partie dépouillé comme le précédent.

Musée d'artillerie, situé dans l'ancien bâtiment des Jacobins de la rue Saint-Dominique, dont l'entrée était sur la place de l'église Saint-Thomas-d'Aquin. puis dans la rue de l'Université, n» 13(1). Ce musée, qui est composé d'une grande partie des armes contenues tant au gardemeuble de la couronne que dans le cabinet des armures du château de Chantilli et dans d'autres dépôts, renfermait une immense quantité d'armes de toute espèce, de tous les temps, de tous les pays; on y voyait plusieurs armures des rois de France, des armures de femmes, parmi lesquelles on distinguait celle qui a, diton, appartenu à Jeanne d'Arc, dite laPucelle d'Orléans (2).

(1) Le bâtiment situé rue de l'Universitt^, par où on entrait dans ce musée, est aujourd'hui destiné au dépôt de la marine.

(2) Les formes du sein n'étaient point marquées sur ces armures de femmes; un.^ seule protubérance du poitrinal en fer emboîtait sans goût leurs deux mara elles . Dansla partie inférieure de la cuirasse, près de l'enfourcbure^ on voyait une forme proéminente, à charnière, qui s'ouvrait à volonté; voici son usage. Quand ces dames allaient en guerre et qu'un besoin naturel les pressait, elles ne descendaient pas de che-. al pour le satisfaire, mais une éponge, placée dans la cavité de cette proéminence, recevait le liquide épanchement; puis ces dames retiraient l'éponge , l'exprimaient avec leur» mains, en répandaient le liquide, et lare-

SOVS LA CO?îVENTIO:<

Cette curieuse et rfcne coT?ection, outre des milliers de fusil?, sabres, épées poignards, massesd'armesouassommoirs.etc, offrait en outre divers objets rares et singulier-. J'y ai remarqué notamment \ une forme d'heures ou livre de prières qui contenait dans son intérieur un petit pistolet, et qui, sous les apparences de la dévotion, permettait à un Homme d'en taer facilement un autre.

Ce musée, en 1815, a éprouvé un désastre qui l'a presque entièrement anéanti. Eli partie encaissé et transporté, en 1814, au-delà de la Loire, il fut rétabli pendant les cent-jours: et bientôt après il devint la proie des Prussiens, nos alliés, qui en ont emporté, à ce qu'on m'assure, près de cinq cent quatre-vingts caisses. Des soldats étrangers en ont enlevé, vendu à vil prix, et détruit plusieurs objets. Un particulier s'en est formé une collecti "n qu'il montrait à Londres comme un objet de curiosité. Si un ministre n'avait pris des mesures promptes et adroites pour soustraire les pièces les plus précieuses de cette collection à l'avidité des alliés, il n'en resterait presque rien. Cette perte est diflcile à réparer; maison y travaille. Ce qui est échappé à nos alliés est encore très curieux; on peut accroître successivement cette collection, et espérer de la voir bientôt reparaître, mais non aussi riche qu'elle était.

Musée des monoie.vts français, établi dans les bâtiments du couvent des Petits-Augustins, rue des Petits-Augustins, no 16. Lorsqu'en 1790 l'Assemblée constituante eut déclaré les biens du clergé propriétés nationales, on s'occupa de la conservation des bâtiments contenus dans les édifices religieux. Une commission des monuments, composée de savants et d'artistes, fat spécialement chargée de ce soin. Les bâtiments des Petits-Augustins furent choisis pour recevoir les tableaux et les monuments de sculpture. Le sieur Alexandre Lenoir, le 4 janvier 1791, i en fut nommé conservateur. Cet artiste * s'occupa de ranger les monuments par ordre des temps.

Plusieurs décrets de la Convention nationale, sollicités par la commission d'instruction publique, contribuèrent adonner

plaçaient jusqu'à de nouveatix besoins. Telle était lapropretédenos héroïnes du bon rieux temps.

à cet établissement une consistance et une organisation qu'il n'avait pu obtenir encore. Parmi ces décrets, il faut citer celui du 3 brumaire an il (24 octobre 1783), qui défend de détruire, de raatiler et d'altérer les monuments des arts, sous prétexte d'ea faire disparaître les signes de ft-odalité.

Tout étant disposé par les soins de M. Lenoir, le 15 fructidor an m (1er septembre 1795), cette précieuse réunion des monuments nationaux fut offerte aux yeux du public.

On vit des productions de l'antiquité, du moyen âge, des temps modernes, clas* sées par siècles, et par conséquent de la manière la plus instructive, la plus propre à faire connaître l'état des arts, leur marche progressive ou rétrograde.

Depuis l'an 1795 }usqu'à l'an 1814, cette vaste collection s'est continuellement enrichie d'objets intéressants. Toutes les parties des bâtiments des Augustins, l'église, le chœur, le cloître, la cour, et le jardin, nommé Elysée, à cause des tombeaux qu'on y avait placés, en furent remplis et décorés.

Le sieur Lenoir, ayant fait une ample collection et n'ayant pas pu tout soumettre à la méthode heureuse qu'il avait adoptée, plaça dans la nef de l'église plusieurs monuments qui appartiennent à des temps différents. Il nomma cette nef salle d'introduction. Là se voyaient des monuments celtiques, des monuments grecs et romains, des monuments français de divers siècles, même des seizième et dixseptième.

La salle d'introduction contenait surtout les plus remarquables monuments sépulcraux de l'église des Célestins de Paris; les trois Grâces de Germain Pilon, et des colonnes fanèbres en marbre. On y admirait le tombeau superbe de Diane de Poitiers, ceux de François I^r, de Richelieu, de Moutraorenci; les pierres de l'autel érigé à Jupiter dans la cité de Paris, sous le règne de Tibère, et dont j'ai donné la description et la gravure ; plusieurs tombeaux de rois, de leurs maîtresses, de leurs ministres, etc., curieux par leur forme, mais dont les noms de ceux auxquels on les a élevés ne réveillent, pour la plupart, que des souvenirs pénibles. Que nous veulent Henri II, Charles IX, Henri III, Catherine de Medicis, Diane de Poitiers, Richelieu? Pourquoi la mémoire

de ces morts odieux, parée du prestige des beaux-arts, vient-elle importuner les vivants, et solliciter auprès de la postérité indignée des hommages qu'elle leur refuse?

Le sieur Lenoir, dans la distribution des autres monuments, adoptant un meilleur ordre, l'ordre chronologique, a servi , plus utilement l'h'stoire des arts et des i mœurs. Cinq salles séparées contenaient | les productions des arts de cinq siècles. | Celte division commençait au treizième siècle, et se terminait au dix-huitième.

Le chœur de l'église des Augustins servait à la salle du treizième siècle. Ce lieu sombre, qui a le caractère d'une chapelle sépulcrale, contenait les monuments suivants •

Le tombeau de Clovis, tombeau qui, ruiné par les Normands, fut rétabli par un abbé de Sainte-Geneviève; la figure Touchée de Clovis II, celle de Charles Martel, de Pépin et de son épouse Berthe, de Carioman, de Louis le Bègue et d'Eudes. Ces tombeaux des princes de la seconde race provenaient de l'abbaye de Saint-Denis. Quelques-uns sont du règne de Louis IX, qui les fit rétablir.

On voyait, dans la même salle, les tombeaux ou cénotaphes des princes de la t roisième race : de Hugues Capet, de Robert, de Philippe, fils aîné de Louis VI, etc. , etc. , et plusieurs bas-reliefs d'un goût barbare.

Le croîtra du couvent des Augustins était rempli d'objets curieux, et la première salle latérale qu'on trouvait était consacrée aux productions des arts du quatorzième siècle : ou y voyait les monuments de Philippe le Bel, de Louis X, de Charles IV dit le Bel, de Philippe de Valois, de Jean, de Charles V, de plusieurs princes de la famille royale, de plusieurs seigneurs, parmi lesquels on distinguait le t'ombeau de Bertrand du Guesclin, etc.

La salle du quinzième siècle renferm.ait des monuments de Louis XI, de Comines, de Charles VII, de Charles VIII, de la Pucelle d'Orléans, quelques bas-reliefs, notamuïent celui qui représente une réparation publique faite par des sergents aux Augustins et à l'Université.

La salle du seizième siècle était riche en productions des arts : c'était l'époque de la rena'ssance. Plusieurs objets contenus dans celte salle, et notamment les

tombeaux de Louis XII et d'Anne de Bretagne, son épouse, prouvent que la sculpture, avant François ler^ marchait fermement vers sa perfection, et se serait passée de la protection de ce dernier roi. ,1e ne parle point d'un grand nombre d'autres monuments qui appartiennent à celtépoque fameuse.

La salle du dix-septième siècle contenait les monuments érigés sous Henri III, sous Henri IV et son successeur. Les arts de sculpture et d'architecture se dégradèrent alors, et ne furent restaurés que sous le règne de Louis XIV, ou sous le ministère de Colbert. L-^s productions de cette dernière époque enrichissaient celte salle. Elles étaient nombreuses, bien conçues et remarquables par la pureté de leurs dessins.

La salle du dix-huitième siècle n'était pas moins riche en productions de diverses espèces. On remarquait tout à la folle talent, le style maniéré et le faux goù! de cette époque, vices qui dominèrent dans les arts pendant tout le règne de Louis XV, et ne disparurent que sous celui de son successeur.

La cour de ce musée offrait plusieurs objets curieux ; mais le plus remarquable, qui s'y voit encore, est une portion considérable du château de Gaillon, construit en 1501 par le cardinal d'Amboise. Ce bâtiment, qui occupe en partie la largeur de la cour du Musée, montre la magnificence et le genre d'architecture en usage à la fin du quinzième siècle, genre tout durèrent de celui qu'on suivait au commencement de ce siècle. Les pierres de cet édifice démoli furent, pendant les années 18 M et 1812, soigneusement transférées de Gaillon à Paris, et rétablies dans leur position primitive.

Dans la même cour, on voit une façade qui a pnreillement été transférée du château d'Anet.

Le jardin appelé l'Elysée, qui, quoique la circonscription de ses limites le rendît peu digne de ce nom, était néanmoins disposé avec art, contenait un grand nombre de monuments précieux, parmi lesquels se faisait remarquer un groupe de marbre blanc, représentant Diane de Poitiers sous les emblèmes de la divinité de ce nom : elle y était représentée accompagnée de deux chiens, et s'appuyant sur

un cerf. Ce groupe devait servir à l'orne-

sous L\ CONVL.MJON

meut d'une fontaine dans le parc d'Anet. attestent la stupidité de no$ aïeux. L'âme Le tombeau d'Anne de Montmorenci, fde ce roi Dagobert, charg e de crines

connétable de France, tel qu'il se voyait dans l'égliie de Montmorenci.

On y trouvait le tombeau de Dagobert 1er. Ce monument n'est point du temps de ce roi. Détruit par les Normands, il fut rétai li, au treizième siècle, par ordre de Louis IX. Il présente un sépulcre surmonté de plusieurs scènes en relief, qui

énormes, est représentée sur une nacelle conduite par des diables qui la dirigent vers le manoir de Vulcain, in rulcaaia luca, c'est-à- dire en enfer, et la maltraitent pendant la traversée. Mais saint Denis, saint Martin et saint Maurice viennent promptement au secours de cette à me malheureuse, mettent les diables en

faiute-Catlierinc-du-Yal-des- Ecoliers.

fuite, et la livrent aux înains de deux MUgcs qui doivent la transporter dans le .sein d'Abraham (4).

(1) Ce monument prouve qu'à l'époque où il a été construit ou réparé, les chrétiens n'avaient sur l'enfer que des idées empruntées du paganisme : c'était l'antre de Vulcain, dieu du feu. Un ermite, Jean, habitant de la Sicile, avait eu une vision : il aperçut sur la mer l'âme du roi Dagobert, maltraitée par les diables et secourue par les saints. Il raconta cette vision à Ansoalde, qui la , V DULAHRE

Entre plusieurs autres monuments quf décoraient ce jardin, je ne dois pas omettre le tombeau d'Abelard et d'Héloise. Ce monument forme une enceinte entourée de colonnes dans le goût du temps, qui

transmit à saint Onen, et celui-ci aux moines de Saint-Denis. (Voyez Gesta Dagoberti^ cap. 44; Aimoini monachi ds Gestis FranrO' rum, IJb. 4, cap. 34, etc.)

Voici le sens moi al ou immoral de cett« fable : de quelques crimes que vous soyez, coupables, si vous fondez des monastères oa

supportent une toiture sous laquelle sont les deux tombeaux et les figures des deux amants. Il fut construit par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, ami d'Abélard.

Les deux figures couchées ne sont pas du temps, et paraissent avoir été rétablies au seizième siècle.

Ce monument a été transféré au cimetière du Père Lachaise.

Ce musée, très intéressant, qui s'accroissait toujours par de nouvelles acquisitions, perdit quelques monuments de peinture et de sculpture, lorsque, par suite du concordat du 9 avril 1802, on donna une organisation nouvelle au culte catholique.

Plusieurs églises réclamèrent des objets qu'elles avaient possédés, ou qui ne leur avaient jamais appartenu. Il y eut même quelques pièces qui enfurenttiréespour orner certains jardins particuliers. Cespertes étaient peu sensibles, et le Musée des antiquités nationales offrait encore une des plus nombreuses et des plus intéressantes collections de la capitale; mais, en 1815, la suppression de ce Musée fut décidée. Une grande partie des richesses qu'il contenait fut enlevée et dispersée. Toutes celles qui étaient relatives aux princes et princesses des familles royales, tombeaux, statues, bas-reliefs, etc., dont le nombre se montait, en 1820, à 140 articles, furent transférées dans l'église de l'abbaye de Saint-Denis. Diverses églises ou maisons religieuses, plusieurs familles, sollicitèrent quelques parties de cette précieuse collection, qui perdit dès lors la qualifica-

HlSTOir.E DE PARIS

situé rue Saint-Martin, n^^ 208 et 210. bâtiments de l'ancienne abbaye

dans les

de Saint-Martin,

« L'idée de rassembler dans un seul « lieu les nombreuses séries des moyen- « que l'industrie emploie pour produire. « est, sans contredit, une des plus heureu- « ses conceptions de l'administration in- « dustrielle. » Tel est le début de la notice sur ce conservatoire , publiée par M. Christian, qui en est actuellement le directeur. On s'attendait à le voir offrir ensuite à la reconnaissance publique le nom de celui à qui l'on doit cette conception des plus heureuses. M. Christian e>t, à ce sujet, d'une discrétion remarquable.

On s'attendait aussi à trouver dans cette notice l'historique de la fondation de cet utile établissement. On n'y trouv(> rien qui puisse à cet égard satisfaire la curiosité du lecteur. Je vais suppléer à cet oubli.

M. Grégoire, ancien évêque de Blois, à qui les arts et les institutions scientifiques doivent tant de reconnaissance, provoqua le premier, au comité d'instruction publique de la Convention nationale, la création du Conser.vatoire des arts et métier.-; il fut chargé d'en faire un rapport, d'après lequel cette assemblée gouvernante', le 1 9 vendémiaire an m ( 1 0 octobre 179 i >, en ordonna l'établissement. La commission temporaire des arts, composée de cinquante artistes ou savants des plus distingués de Paris, et souvent présidée

tion de Musée, et reçut celle de Dépôt de M. Grégoire, commission qui a rendu de

monuments d'arts . Une ordonnance du 24 avril 1816 porte qu'il sera établi dans son emplacement une Ecole royale des beaux-arts; qu'au 15 octobre 1819, cette école occupera la totalité des bâtiments du Musée, et qu'il sera construit sur la place du jardin un édifice destiné à cette école. Le 3 mai 1820, le ministre de l'intérieur vint poser sclennellement la première pierre de ce bâtiment, qui s'est élevé sur les dessins du sieur Debret, architecte. Ainsi cessa le Musée des antiauités nationales, et commença TEcole des arts.

Conservatoire des arts et métiers,

l'honneur des saints, si vous enrichissez les moines, vons êtes sûrs d'être sauvés par eux. Voilà les idées que répandaient les moines de cette époçLue sur la justice divine.

fut chargée de l'exécu-

si grands services tion (1

Trois dépôts de machines furent le noyau du Conservatoire des arts et métiers.

Au Louvre étaient celles que le sic Pajot d'Ozembray avait données à l'Acu demie des sciences et celles qu'y avait ajoutées cette compagnie.

Un autre dépôt, situé rue de Charonne, hôtel Mortagne, se composait de plus de

(1) M. Christian est fort mal informé lorsqu'il dit que cette commission était composée de cinq membres : elle l'était de cinquante. Il ne se montre pas plus instruit lorsqu'il dit que M. Grégoire était adjoint à la commission. M. Grégoire, étant membre de la Convention nationale et du comité d'instruction publique, ne pouvait y figurer comme adjoint.

sous LA CONYENTIOX

cinq cents machines léguées, en 1782, au gouvernement par le célèbre Vaucanson.

Le troisième dépôt existait rue de l'Université, et se faisait remarquer par un grand nombre de machines relatives aux travaux agricoles et d'instruments aratoires de diverses contrées.

C'est à M- Grégoire, ancien évèque de Blois, et depuis membre de l'Institut, que l'on doit, comme je l'ai dit, la mise en activité et l'organisation définitive de cet établissement ;'^et c'est surtout d'après son rapport fait dans la séance du 17 floréal an VI (6 mai 1798), que le conseil des Cinq-Cents décréta qu'une grande partie des bâtiments de l'abbaye supprimée de Saint-Martin-des-Champs serait destinée au Conservatoire des arts et métiers.

Cet établissement avait éprouvé quelques oppositions au conseil des Anciens. Le représentant Alquier, membre de ce conseil, fit, le 27 nivôse an vi (16 janvier I79S), un rapport très intéressant; on y remarque ces passages :

«c Dans cette vaste collection, qui n'aura « point d'égale en Europe, où Ihistoire « des découvertes de l'esprit humain sera « écrite parmi les instruments de tous les « arts, de toutes les professions, depuis « les outils du vannier jusqu'au métier où « sont tissues les étoffes les plus somp- « tueuses; depuis le simple levier jusqu'à « la machine à diviser de Ramsden, on « distinguera ces modèles ingénieux et sa-

< vants dont nous ont enrichis nos con- « quêtes. Ce sont de nobles et glorieux « monuments de nos victoires, que les « produits nombreux de cette contribution « levée par nous en Hollande, en Allema- « gne, en Italie, sur le génie et l'inven- « tion des peuples que nous avons vain- « eus; mais, en se rappelant qu'on les « doit à l'intrépidité de nos armées et aux « talents de nos généraux, on n'oubliera « pas qu'ils sont aussi le fruit des recher- » ches savantes et du goût éclairé de plu- <t sieurs Français recommandables par « leurs talents, et les noms de Faujas de « Saint-Fond, de Thouin, de V\'ailly, de

< Monge, de Moitte et de Barthélémy ,

< déjà si distingués dans les sciences 'et « dans les arts éminents, seront connus « encore et bénis dans l'atelier de l'artisan « et chez l'habitant des campagnes, dont « leurs soins auront perfectionné l'indus- « trie et augmenté les jouissances.

« Hâtons -nous d'encourager et de favo- « riser nos artistes, si nous voulons n'a- « voir pas à ledouter les ouvrages perfec- « tionnés de nos voisins. Cette industrie « dont se vantent les Anglais, ils nous 1ï. ' doivent-, du moins quant à plusieurs ob- « jets d'une haute importance. Ils ont « souvent profité, pour s'enrichir, de nos « découvertes, des refus impolitiques qu'a « faits , à différentes époques , l'anciea « gouvernement, d'accueillir les inventions « les plus utiles. Ainsi le métier à bas, « inventé à Nîmes, le balancier à frapper « les médailles, une nouvelle matrice pour » la monnaie, un nouveau métier à gaze, « et l'art de teindre le coton en rouge , « leur furent portés par des inventeurs « découragés dans notre patrie. »

L'année suivante, le décret proposé par M. Grégoire, au 17 floréal an vi (6 mai 1798), eut son entière exécution, et les machines furent réunies dans le nouveau local de Saint-Martin-des-Champs, rue Saint-Mjrtin.

Divere changements furent opérés dans l'administration de cet établissement. En 1810, on y fonda une école gratuite dont l'objet est de former des jeunes gens à devenir des artistes habiles et instruits, et des professeurs distingués. On y enseigne le dessin de la figure, de l'ornement, de l'architecture et des machines; on y enseigne de plus l'arithmétique, Talgêbre, la géométrie, la géographie descriptive, et l'application de ces diverses branches des mathématiques aux tracés de charpente, à la coupe des pierres et au calcul des machines.

En 1819, on y créa trois chaires, l'une d'économie industrielle, et les deux autres de chimie et de mécanique appliquées aux: arts.

Si des artistes ont fait quelques inventions utiles et qu'ils manquent de moyens pour les faire valoir, le conseil les met ea rapport avec des capitalistes qui s'entendent avec eux pour les leur fournir.

Par la loi du 17 vendémiaire an vu (8 octobre 1798\ ceux qui ont obtenu des brevets d'invention sont tenus de déposer au Conservatoire des arts et métiers les originaux de leursdits brevets, les descriptions, pians, dessins, modèles qui y sont relatifs; et ce Conservatoire est autorisé à faire imprimer ces descriptions, graver ces dessins, et à les publier.

En 1817, on renouvela l'organisatioii

68 HISTOlRi:

de ce Conservaiotre, ec on y étabiit un' conseil d'amélioration composé de savants distingués.

Voici la description succincte de l'état de cet établissement en '1818.

Quatorze pièces, galeries, vestibules ou salles, servent à contenir tous les objets de ce précieux dé} ôt.

La Galerie d'entrée, au rez de-chaussée, offre 105 machines en grand : jougs, charrues, semoirs, moulins à battre le blé, scies, machines à élever l'eau, pompes, voitures, treuils, crics, etc.

Salle d'Agriculture; elle contient principalement des modèles, et on y compte 504 pièces, telles que bêches, pioches, pelles, charrues, semoirs, machines à battre le blé, à cribler, mou'ins à eau, à vent, machines à vapeur pour élever l'eau, pompes, ruches, etc.

La Salle de Filatures, divisée en deux parties, offre 78 machines en grand, tclKs que tours à tirer la soie, moulins, dévidoirs, métiers, cardes, etc.

La Grande Galerie renferme 530 modèles relatifs à la coupe des pi^^rres, et instruments propres à l'architecture.

Dans la Galerie des Echantillons, on voit 365 pièces, tant de modèles que de métiers, de grandeur naturelle; on y voit des appareils de distillation, diverses espèces de fourneaux, fours, cheminées, poêles, lampe-, machines à dégraisser la laine; tours, dévidoirs, rouets, calandres, et tout ce qui peut concerner la fabrication des étoffes; de plus, un grand nombre de modèles relatifs à l'art de la serrurerie.

Dans la Salle de Vaucanson sont étalées 129 pièces : outils, laminoirs, machines à tailler les vis, planches pour l'impression des toiles, plusieurs modèles qui appartiennent à l'art de l'imprimerie, stéréotype et polytype, presses, etc.

La Salle de l'Eventail offre 272 pièces * modèles de roues pour engrenage, et plusieurs autres relatifsaux poids et mesures, machines arithmétiques, instruments de mathématiques, n odèles de télégraphes.

La Salle des Tours contient 45 modèles de tours de diverses formes.

^ Salle latérale sur le Jardin. Elle contient 138 pièces qui se rapportent à l'optique, à la cosmographie, et à diverses parties de la physique, comme machines à dessiner les paysages, miroirs, lunettes, microscopes, chambre noire, machines pneumatiques, aimants, nfiachines électri-

qucs, planétaires, spii^res,calendriersastro- I nomiques.

Salle des Outils. Elle a 210 articles, comprenantdes outils tranchants, battants, per çants, fendants, pour diverses p-^ofessions.

Salle de l'Horlogerie. Elle contient 27î articles, offrant tous les outils propres ;( l'horlogerie, des pendules astronomiques, des horloges marines, des machines à diviser les mstruments astronomiques.

Cabinet de Physique. Ce cabinet, un des plus précieux de l'Europe, se divise en neuf parties.

Celle qui est consacrée à la mécanique a 1 08 articles, parmi lesquels on remarque un billard de marbre, destiné à la démonstration des diverses lois de la mécanique plusieurs machines d'Atvood: machine dite de Buifinger ; sphère de Grenet; balance de Sanctorius ; la vis d'Archimède, etc.

La partie consacrée à l'hydrostatique contient 35 pièces : plusieurs balaucohydrostatiques, machines pour la démon-^tration de la pression, niveaux d'eau, aréomètres, etc.

La partie pneumatique se compose di' 86 pièces, dont diverses machines pneumatiques, des hygromètres, des fontaines interniittentes, des siphons, des baromètres et thermomèlres, etc.

La partie destinée à l'acoustique offre 27 pièces : sonomètres, timbres, instruments de musique, cornets acoustiques, tamfam, ougon, instrument indien.

Celle qui "appartient à la pneumatochimio se compose de 40 pièces : de cuves destinées aux expériences des gaz, de boîtes, de malras, de cornues, de fourneaux,, d'alambics, de pyromètres, d'un globe aérostatique, d'une montgolfière, de divers endiomètres, de pompes à feu, de marmites de Papin, de diverses lampes, etc.

La place que l'électricité occupe dans ce cabinet est remplie par 84 pièces: plusieurs machines électriques, des condensateurs, des bouteilles de Leyde, des électrophores, etc.

Le gilvanisme tient son rang dans ce cabinet. On y voit des piles galvaniques, des condensateurs, et plusieurs autres objets propresàladémonstrationdes effets de cette partie de la physique ; les pièces sont au nombre de 9.

On trouve ensuite 29 pièces consacrées à démontrer les divers phénomènes de l'aimant.

sous LA CONVENTION

La partie consacrée à l'optique offre 167 pièces : des réflecteurs, héliostats, miroirs de plusieurs espèces, des loupes, prismes, polyprisraes, chambres noires, des yeux artificiels, des mégascopes, microscopes, lunettes achromatiques, etc

On voit aussi dans ce cabinet plusieurs autres objets, comme tables précieuses par leurs matières, poêles, guéridons, colonnes, lampes, outils de menuisier, cages circulaires; et ces objets sont au nombre de 42.

Salle des Dessins. Elle contient une suite nombreuse de dessins placés dans des tiroirs. Les dessins qui se rapportent à l'hydraulique sont au nombre de 48: les dessins de machines, instruments, outils concernant l'agriculture, au nombre de 66; ceux de voitures, chariots, traîneaux, cabestans, treuils, etc., au nombre de 28. On compte 58 dessins d'échelles à incendie et autres, de mécanisme élémentaire, de moutons, de machines à battre ou recéper les pieux, et des ponts de diverses espèces; 61 dessins de machines relatives au travail ducoton, de la laine, delà soie: de métiers à tisser les é'offes et autres objets analogues; 73 dessins de machines de différents genres, et de divers outils; 27 dessins de machines propres à la fabrication des aiguilles et des assignats, aux poids et mesures et à l'imprimerie; 30 dessins de cheminées, cuisines, poêles, fourneaux, appareils pour le blanchiment. appareils distillatoires et salines; 32 dessins de fours, fourneaux, fonderies et foreries de canons; 26 dessins relatifs à l'artillerie et aux machines de guerre; 39 dessins relatifs à la fabrication des armes, poudre à canon, etc.; 37 dessins d'objets propres à la navigation, k la fabrication du papier, aux aérostats, aux instruments de mathématiques, d'optique, de musique et d'horlogerie: 13 dessins de lampes, quinquets et autres objets, et 86 planches gravées sur les arts et métiers. Le Conservatoire est en outre enrichi d'une belle, bibliothèque composée principalement de livres relatifs aux sciences et aux arts qui y sont enseignés.

Il serait difficile de trouver en Europe une collection plus complète, plus utile aux arts, à l'industrie, mieux distribuée, plus riche en modèles et plus honorable pour ceux qui en ont conçu l'établissement et qui l'ont amélioré. Cette belle collection s'augmente de jour en jour.

Cet établissement est ouvert au publia les dimanches et les jeudis, et tous les autres jours aux étrangers qui présentent leurs passe ports.

Administration des télkcraphes, rua de l'Université, n** 9. Le sieur Chappe, neveu du sivant abbé Chappe d'Auteroche, découvrit un moyen de communiquer promptement à de grandes dislances avec des signaux. Ce moyen n'était pas nouveau. César parle des Gaulois qui, dans l'espace de douze heures, parvinrent à faire connaître un avis parti de la position de Genabum (Orléans), jusqu'à celle de Gergovia (des Arvernes), distantesTune de l'autre de 160 milles, environ 60 lieues (I).

Végèce atteste aussi l'usage des correspondances par signes entre des assiégés et des partisans éloignés; voici ses expressions : <r Quelques-uns, sur le haut des « tours des forteresses et des villes, sus- « pendent des pièces de bois qui, en s'éîe- « vant et s'abaissant, font connaître les « besoins de ceux qui s'y défendent '2). >

Linguet, pendant sa prison à la Bastille, inventa un moyen de correspondre promptement et au loin. Ce moyen ne fut pas mis à exécution.

Le savant auteur de XOrigitie des Cultes, Dupuis, en 177S, correspondait avec un de ses amis, de Belleville a Bagneux, lieux distants l'un de l'autre de plus de trois lieues, en ouvrant et fermant, en tout ou en partie, suivant C9 qui était convenu, telle ou telle autre fenêtre qui pouvait être vue des deux positions.

Il y a certainement bien loin de ces inventions à l'état de nos télégraphes, qui se font remarquer par la promptitude, l'étendue et le secret des communications.

Cette découverte, quoique très ancienne et renouvelée dans des temps modernes par de faibles essais ou par des projets inexécutés, n'ôte rien au mérite de celui qui a su lui donner une extension vaste, la porter au plus haut degré de perfection, la faire adopter par un gouvernement, et qui enfin a obtenu l'avantage de plus de trente années de succès.

Le 4 e"" avril 1793, le sieur Chappe proposa sa découverte à la Convention natio-

(1) Cœsar, de Bello Gallico, lib. 7, cap. 3,

(2) Vegelius, lib. 3, n" 50.

nale, qui en ordonna l'essai. Il en fut fait un rapport favorable; et, le 24 juillet suivant, cette assemblée admit les télégra- •}phes, et accorda à l'inventeur le titre d'ingénieur télégraphe, avec les appointements de lieutenant du génie.

Le sieur Ghappe associa son frère à ses travaux : tous les deux furent administrateurs de l'établissement télégraphique.

On compte à Paris cinq télégraphes :

io Le télégraphe central étabU sur les bâtiments de l'administration;

2° Un télégraphe placé sur le comble de l'édifice du ministère de la marine : il sert à la ligne télégraphique de Brest (1).

30 Le télégraphe de l'église des Petits- Pères, qui sert à la ligne télégraphique de Lille ;

40 et 50 Deux télégraphes sur les deux tours de l'église de Saint-Sulpice : celui de la tour du nord communique à Strasbourg, et celui de la tour du sudcom.munique à Lyon et en Italie.

On reçoit à Paris, point central, des nouvelles en 3 minutes de Calais, par le moyen d'une ligne composée de 27 télégraphes ;

En 2 minutes, de Lille, par 22 télégraphes ;

En 6 minutes et demie, de Strasbourg, par 46 télégraphes;

En 8 minutes, de Lyon, par 50 télégraphes;

Et en 8 minutes, de Brest, par 80 télégraphes.

Les télégraphes, inventés pour les intérêts de la liberté, servent aujourd'hui aux gouvernements libres comme à ceux qui ne le sont pas.

Théâtres.

Les privilèges des comédiens français et de ceux de l'Opéra étant anéantis par l'effet de la révolution, il s'établit à Paris plusieurs théâtres de diverses espèces, qui prirent la couleur de l'opinion dominante. Parmi ces nouveaux établissements figurait le théâtre de Marat, situé rue de l'Estrapade. Il s'en trouvait un, construit en

(1) Ce télégraphe fut d'abord établi au • dessus du dôme quadrangulaire du vieux Louvre. On le déplaça lorsqu'on entreprit la restauration de tous les bâtiments de ce palais.

bois, sur la place de Louis XV ; le plus considérable était le théâtre de Molière.

Le Théâtre de Molière, situé rue Saint-Martin, entre les n»* 105 et 107, fut établi en 1792, et dirigé par le sieur Boursaut, qui en était propriétaire, directeur et acteur.

Ce théâtre était orné avec goût et recherche : des glaces formaient le fond des loges. Plusieurs troupes de comédiens y ont joué ; mais il fut avec plusieurs autres supprimé par un décret de Bonaparte, du 8 août 1807 : il n'en est resté que le nom qu'a reçu le passage contigu à son emplacement, et qui communique de la rue Saint-Martin à celle de Quincampoix. On l'appelle passage de Molière-

Théâtre du Vaudeville, situé rue deChartres-Saint-Honoré, entre les nos \ 4 et 16, et rue Saint-Thomas-du-Louvre, entre les n^M 3 et 1 5. Il fut fondt-, en 1 792, par les sieurs Piis et Barré. Ce théâtre a un genre particulier qui l'a préservé de la proscription prononcée par Bonaparte.

De petites pièces, mêlées de couplets sur des airs connus, ont fait la fortune de ce spectacle, qui s'est soutenu avec distinct tion, quoiqu'il ait éprouvé les vicissitudes de la fortune, la vogue et l'indifTéreuce des Parisiens.

En août 1817, ou exécuta dans l'intérieur de ce théâtre, peu commode, plusieurs changements avantageux, La scène fut agrandie; on établit aux premières une galerie et un rang de loges.

Théâtre de Louvols, situé rue Louvois, n" 8. Il fut construit, en 1791, sur les dessins de l'architecte Brongniart. On en fit l'ouverture \q\^^ juillet 1793, parla première représentation des Trois Gascons et de la Fille mal gardée. Ce théâtre, après avoir été fermé pendant quelque temps, réparé sur les dessins de MM. Peyre et Clément, fut, le 17 floréal an ix (7 mai 1801), rouvert au public par un prologue intitulé la Petite Maison de Thalie. Picard en était le directeur. L'incendie de rOdéon l'avait forcé d'y transporter ses acteurs et ses talents. On y a joué jusqu'en 1808. Depuis, le théâtre italien y fut établi.

Après l'événement fatal d'où est résultée, en 1820, l'interdiction de l'édifice de l'Opéra, les acteurs de ce dernier théâtre ont donné quelques représentations sur le théâtre de Louvois, qui est aujourd'hui fermé.

sors LA CONVENTION *?♦

choisit l'emplacement des jardins de l'hôtel de Cholseul , situé rue Grange-Batelière; et les travaux, commencés au mois d'août 1820, sur les dessins et sous la conduite du sieur Debret, ont été achevé*; le 15 août 1821.

La décoration extérieure de cet édifice est simple ; l'intérieur est commodément distribué ; la scène, aussi lar^e que dans la précédente salle, a vingt pieds de plus en profondeur; le foyer est vaste. Les abords de ce théâtre sont faciles, et les piétons peuvent entrer et sortir sans courir le danger des voitures.

L'architecte s'est plus occupé de la commodité des spectateurs que de la magnificence de l'édifice; il a fait sagement. Ce théâtre a été ouvert au public par l'opéra à^sBayadères et par le ballet du Retour de Zéphyre.

II est éclairé par le gaz hydrogène.

Cour Bat.we, située rue Saint-Denis, n° 124, et communiquant au passage de Venise.

On donne ce nom à une cour entourée

Opébaou Académie ROYALE DE M rsiQUE, situé rue de Richelieu, n« 75, et aujourd'hui rue Pelletier, sur l'emplacement de l'hôtel de Choiscul.

J'ai parlé de la salle de l'Opéra, contiguë aux bâtiments du Palais-Royal, et

Î"[ui, le 8 juin 1784, fut consumée parle eu. J'ai dit que ce spectacle fut transféré dans une salle provisoire, bâtie sur le boulevard près de la porte Saint-Martin : il s'y maintint jusqu'en 1794, époque où il fut placé dans un édifice récemment construit, situé rue de Richelieu. Voici les causes de ce changement.

La demoiselle de Montansier, déjà directrice d'un théâtre à Paris, avait fait construire, en 1793, dans la rue de Richelieu, sur les dessins de l'architecte Louis, un vaste théâtre qui fut intitulé Théâtre National, puis Théâtre des Arts. Elle y fit jouer des pièces nouvelles, dont le succès éveilla, dit-on, la jalousie de quelques autres théâtres. Cette directrice, accusée d'avoir fait bâtir cet édifice en face de la Bibliothèque nationale, exprès pour incendier ce précieux dépôt, fut emprison- \ de bâtiments élevés sur l'emplacement de née. Devenue libre, elle réclama longtemps l'ancienne église du Saint-Sépulcre et de des indemnités et son théâtre, dont les ; ses dépendances, dont j'ai parlé ailleurs.

acteurs de l'Opéra étaient déjà en jouissance. Les débats furent terminés le 7 messidor an III (25 juin 179oi. Un décret de ce jour porte que la nation française devient propriétaire de ce théâtre, moyennant la somme de huit millions en assignats.

Cette salle vaste, isolée, commode , et dont le voisinage était dangereux pour la Bibliothèque , a continué néanmoins à servir aux représentations de l'Opéra, jusqu'au 13 février 1820, époque d'un événement affreux. Ce jour , à onze heures du soir, le duc de Berri, sortant de ce spectacle et conduisant la duchesse son épouse à sa voiture, fut assassiné par un nommé Louvel. Transporte dans une des salles de ce théâtre, ce prince, mortellement blessé, expirale lendemain à six heures du matin.

Cet édifice, innocent du crime, fut fermé, condamné à l'inactivité, ensuite à la démolition. En son lieu est une place, où un monument devait attester l'événement et la destruction de l'édifice.

Ce spectacle fut transféré au théâtre de Louvois. situé dans le voisinage, puis au théâtre Favart ; et on s'occupa aussitôt de

Une compagnie de Hollandais ou de Bataves acheta, en 1791, le terrain et les bâtiments de cette église; quelques années après, elle y fit élever les constructions que l'on voit aujourd'hui, et qui reçurent le nom de la nation des acquéreurs, celui de Cour Batave.

La façade sur la rue Saint-Denis a 28 toises de longueur, et la profondeur de l'édifice est de 68 toises.

Cette construction, dirigée par les sieurs Sobre et Happe, est faite avec goût et même avec luxe. Sur le sommet d'une petite campanille élevée sur le corps de bâtiment du fond, campanille qui contient une horloge, est placé Mercure, dieu du commerce.

La principale cour, dont le plan est un parallélogramme, est entourée de portiques et d'une galerie couverte bordée de boutiques. De cette cour et sur la même ligne on apercevait à travers un espace pratiqué entre deux bâtiments, et au fond d'une seconde cour, dans une vaste niche, un bassin d'où s'élevait, sur un piédeslal, une figure dans le goût égv'ptien, couleur de bronze, et tenant de chaque bras une corne d'abondance, décoration qui don-

la construction d'une salle provisoire. On l nait à l'ensemble de l'édifice un caractè.e

monumental. Une boutique occupe aujourdhui l'emplacement de ce bassin.

Plusieurs parties de ces constructions prouvent que les propriétaires les auraient encore enrichies de quelques autres ornements, et auraient achevé les édifices de cette cour, si des événements imprévus n'eussent pas suspendu l'exécution de leurs projets. La propriété fut vendue à la Banque territoriale.

Outre les deux cours que j'ai mentionnées, il en existe une troisième que l'on trouve à droite delà niche dont j'ai parlé; elle est entourée de bâtiments réguliers et construits avec goût. Cette cour, suivant le plan, devait communiquer par un passage à la rue Aubri-le-Boucher.

Marché de Saint-Joseph, situé rue Montmartre, et sur l'emplacement de la chapelle Saint-Joseph, où furent inhumés deux illustres littérateurs, Molière et La Fontaine (1). Ce marché, commencé en 1793, fut achevé l'année suivante. Il est commode et ouvert tous les jours. On y vend des comestibles de toute espèce.

J'indiquerai, mais je ne décrirai pas quelques monuments élevés par l'esprit de parti et qui n'eurent qu'une existence

éphémère, tels que l'espèce de sacellum dédie à Marat, sur la place du Carrousel i et ce monument en plâtre qu'on établit sur l'esplanade des Invalides , oii l'on voyait le parti de Robespierre ou de h montagne, sous la forme d'Hercule, frappant à coups de massue les crapauds du marais, c est-à-dire les ennemis du régime de la terreur; mais je dois m'arrête^

Figure de la Liberté , élevée sur le piédestal de la statue de Louis XV , au centre de la place de ce nom. Elle fut érigée pour la cérémonie de Tacceptation de la constitution de 1793, célébrée le tOaoùt de cette année.

La Liberté, dans des proportions très colossales, était représentée assise , coiffée mal à propos du bonnet phrygien, s'appuyant d'une main sur une haste, et tenant de l'autre le globe terrestre. Cette figure, ouvrage du statuaire Lemot , est restée eu place jusqu'au 20 mars 1800, époque oîi un arrêté de Bonaparte ordonna sa démolition, pour y substituer une prétendue colonne départementaledont on n'a vu que l'image en charpente recouverte de toile peinte.

PÉRIODE XVil

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