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et voyant de plus l'ordre près de succéder aux agitations, résolut de réunir tous ses moyens de corruption et de force pour détourner la source d'un bonheur futur et prévenir l'établissement d'un ordre de choses plus stable. Les intrigues furent plus que jamais mises en jeu; "et l'or, destine a corrompre les uns, a soulever les autres, fut répandu avec profusion.
Pendant qu'une partie des Parisiens faisait entendre encore les chants de re-
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connaissance dont la Convention , libératrice des Français, était l'objet, uno autre partie, séduite, aveuglée, ou impure, s'armait contre cette assembléegouvernante.
Le génépal Danican, chef de celte expédition, souleva la plupart des sections de Paris rassemblées pour les élections, et arma quarante mille hommes qui furent dirigés contre le gouvernement.
La Convention , prise au dépourvu,
louînine SaJnt-Sulpice.
trahie par quelques-uns de ses membres, ' n'avait qu'environ quatre mille hommes de troupes réglées et du canon a opposer a ces forces. Alors Barras, en qualité de gé- , neral, fut charge de sa défense. Il nomma pour son second un officier qui depuis a rempli l'univers de sa renommée. Cet officier elait Bonaparte; et les événements de vendémiaire an iv commencèrent sa fortune.
La Convention, vivement attaquée, fut défendue de même elle triompha, et usa
de sa victoire avec beaucoup de modération (1).
(1) Le 13 vendémiaire an iv (5 octobre 1795), à quatre heures un quart du soir, commeoça l'attaque des sections de Paris ou de l'armée de Danican. Le combat continua toute la nuit, et se termina à sept heures du matin. Les sections furent dissoutes. Le portail de Saint-Roch et les colonne» du Théâtre -Français éprouvèrent pendant le combat quelques dommages par l'effet di
Vinat-deux jours après ce combat, le 6 brumaire an iv (28 octobre 1795), la constitution fut mise en activité; et le iiouvernement du Directoire et des deux conseils commença. Ce gouvernement, que Bonaparte avait puissamment contribué à établir, fut, quatre ans après, renversé par ce même général, dans la séance tenue Il Saint -Cloud le 19 brumaire an viii (10 novembre 1799).
Le gouvernement directorial, occupé de guerres contre une grande partie de l'Europe, occupé à réprimer des trahisons de toute espèce, à se débattre contre un gouvernement occulte organisé dans l'intérieur de la France; en butte à une infinité de manœuvres sourdes et d'attaques à force ouverte, n'a pu, pendant les quatre années d'une existence fort troublée, faire dans Paris des établissements qui ne prennent naissance que dans les temps de paix etdeprospérité.
Il a organisé toutes les administrations de France, et procuré à ses habitants un calme dont ils n'avaient pas joui depuis
plusieurs années, et dont les gouvernants ne jouissaient pas eux-mêmes; il a conservé le dépôt précieux de la liberté, qui n'a pas été respecté par les gouvernements qui lui ont succédé. Il a, sans secousse, fait disparaître de la circulation les assignats, et leur a substitué le numéraire métallique.
Pour la première fois, en l'an v , la Porte Ottomane envoya à Paris un ambassadeur chargé de résider auprès du Directoire.
Voici la notice des éta'olissements faits sous ce gouvernement de courte durée.
Palais du Conseil des Cinq-Cents, puis du Corps Législatif, enfin de la Chambre des Députés La constitution de l'an m avait établi un Directoire exécutif et deux conseils , l'un nommé des Cinq-Cents , l'autre des Anciens. Le Directoire exécutif fut logé dans l'hôtel du petit Luxembourg; le conseil des Anciens, dans la salle du château des Tuileries qu'avait occupée la Convention nationale, et le conseil des Cinq-Centsdansïasalle dite du Manège, prèsia terrasse desFeuillants. Cette salle, où l'Assemblée constituante siégea pendant son séjour à Paris, où l'Assemblée législative la remplaça, et qu'occupa la
Lurtillerie de la Convention. Il y eut beauccup de blessés et peu de morts.
Convention nationale pendant les premier* mois de sa session, était incommode ^ sans dignité. On s'occupa, dès l'an iv, de donner au conseil des Cinq-Cents un lieu plus convenable. Le Palais-Bourbon, propriété nationale, fut choisi.
Cet édifice, bâti en 1722 , quoique construit avec recherche et magnificence, se sentait du mauvais goût de cette époque : élevé d'un seul étage , il était couronné par une balustrade dont lesacrolères servaient de piédestaux à des groupes d'enfants. La façade du côté de la" Seine, ornée de ces groupes et de colonnes corinthiennes, offrait de nombreux ressauts, et avait le caractère mesquin et tourmenté de l'architecture de ce temps. Cette partie du Palais-Bourbon n'était pas entièrement achevée, et n'avait jamais été habitée.
La façade du côté de la ville, à laquelle on a fait depuis quelques changements, offre plus de grandeur et moins de défauts.
Pendant les années iv, v (179.o, 1796), l'architecte Gisors fit exécuter dans ce bâtiment les travaux nécessaires à sa nouvelle destination.
Le milieu de-la façade du côté du cours de la Seine correspond avec l'axe du pont de Louis XVI, avec ceux de la place Louis XV et de l'édifice de Sainte-Madeleine. Des vues économiques dirigèrent l'architecte dans la composition de cette façade: il conserva quelques parties de l'ancienne construction , mura les croisées, et ajouta au centre un avant-corps décoré de six colonnes. Cette ordonnance était surmontée par un énorme et lourd attique, que couronnait un vaste fronton, orné d'un bas-relief où l'on voyoit la Loi punissant les Crimes et protégeant l'Innocence.
En l'an vu (1798), le conseil des Cinq- Cents vint prendre possession de sa nouvelle salle. Son plan demi-circulaire était, comme il est aujourd'hui, disposé en amphithéâtre. Le fauteuil et le bureau du président, précieux par leur forme et leur matière, furent places au centre et en face des banquettes en gradins. En avant de ce bureau était la tribune, ornée d'un beau bas-relief en marbre, représentant ïffistoire, exécuté par Lemot (1).
(1) Le premier ambassadexir de la Porte qui ait résidé à Paris alla voir ce bas-relief
sous LE
Le jour qui descendait du comble éclairait parfaitement cette salle. Ses parois, en stuc vert antique, présentaient des assises dont tous les joints étaient recouverts de lames de cuivre.
On fut obligé dans la suite de revêtir de draperies les parois de cette salle, afin d'amortir l'éclat de la voix qui faisait écho.
Dans six niches, trois de chaque côté de la tribune, on plaça les statues de six orateurs ou législateurs de l'antiquité.
Plusieurs pièces, vastes et ornées, précédaient et suivaient cette salle des séances.
En '\ 807, un autre gouvernement moins économe fît construire à cette salle une façade plus convenable, sur les dessins du sieur Poyet, architecte.
Au devant de cette façade, un vaste perron de 6 mètres ou 18 pieds d'élévation, contenant un escalier divisé en deux rampes, annonce majestueusement l'édifice.' Cet escalier a 32 mètres ou près de cent pieds de largeur. Au bas, et sur des piédestaux, sont les statues colossales de la Justice et de la Prudence; on voit aussi en avant de cet escalier les figures assises, également colossales, de Sully, de Golbert, de l'Hôpital et de d'Aguesseau.
Ces figures paraissent en marbre et sont en pierre couverte d'un enduit.
Au-dessus de cet escalier, la façade présente sur la même ligne douze colonnes corinthiennes, de grande propor:ion, qui supportent un entablement et un fronton orné d'un bas-relief : ce bas-relief a pour sujet la Loi sur un char dont les chevaux sont dirigés par un génie. Il est l'ouvrage du sieur Fragonard (1).
Trois grands bas-reliefs ornaient le mur du porch'e, formé par les douze colonnes : ils ont été effacés depuis 18 f 5.
Dans la cour d'honneur on remarquait deux statues représentant la Sagesse et la Force ; la première était l'ouvrage de Bri-
dans l'atelier du sculpteur. Voulant donner une preuve 'de son admiration pour cet ou- ■^Tage, il promena son chapelet sur les figures. La plupart des peuples de l'Orient ont fait usage du chapelet bien avant que cet instrument de prières fût introduit parmi les chrétiens.
(ij Le sieur de Puymaurin, député, proposa, en mars 1817, de faire enlever la ligure de la Loi et d'y substituer celle du roi.