RÉSUMÉ
L'état physique de Paris fut, dans tous les siècles, l'image fidèle de l'état moral de ses habitants. Sous la domination romaine, cette ville contenait de vastes édifices et des monuments dont les restes attestent son ancienne magnificence, et prouvent de plus que les arts s'y cultivaient avec succès.
ques, les cartes, lei sels provenant du salpêtre, passages d'eau, locations sur la Seine et ses berges ; dix pour cent sur les droits d'octroi, prélèvement pour frais de casernement, remboursement par les octrois pour frais d'exercice , recettes extraordinaires, amendes , tabacs , poudres à feu , remboursement sur frais administratifs, droits d'entrée sur les boissons et les huiles. »
Les contributions directes sont : la contribution foncière, les portes et fenêtres, la ^ntribution personnelle et mobilière et les patentes.
Sous la barbarie des Francs, pendant la première race, ces édifices et monuments furent abandonnés, dégradés ou détruits; à leur place on éleva quelques oratoires et des temples en pierres ou en bois, alors appelés basiliques et depuis églises. Les maisons part.culières, construites en bois, souvent la proie des flammes, étaient habitées par la misère, l'ignorance, la superstition ou le commerce persécuté.
Ces maisons, la plupart couvertes de chaume, étaient séparées par des inielles boueuses, obscures, malsaines, impénétrables aux voitures. Il n'existait point de pavés, point de quais, point de promenades, point de lanternes, point de fontai-
(1) Almanach du Gommer"^ de Paris, des départerwints de la France et des principaki villes du monde, par M. Bottin, rue J.r^. Rousseau, no 20.
Des, Plusieurs cloaques exhalaient de^ vapeurs morbifiques. Tel fut Paris pendant que la féodalité avait acquis son plus, haut degré de j^uis-ance.
Les rois de la seconde race ne résidèrent point dans celle ville; leur absence et les ravages des Normands la réduisirent au dernier état de faiblesse. Elle s'enrichit de reliques, la plupart extorquées, et s'appauvrit d'habitants qui gémissaient sous le joug des comtes et des seigneurs ecclésiastiques; leur condition civile ne différait pas de celle des serfs. Paris, suivant un écrivain de cette époque, était la plus misérable des cités de la Gaule.
Sous la troisième race, et notamment sous le roi Robert, le palais de la Cilé et quelques églises ruinées par les Normands furent rétablis sous de nouvelles dénominations.
Des guerres continuelles sur tous les' points de la France amenèrent des famines fréquentes et durables. Les hommes se nourrissaient d'herbes, de reptiles, d'animaux immondes; déterraient les cadavres dans les cimetières, tuaient les voyageurs, tuaient même leurs parents; les mères égorgeaient leurs enfants, les fils leurs mères, pour les dévorer.
Ces famines, dont plusieurs ont duré pendant sept et même douze années consécutives, rendirent les habitants de la France anthropophages, et produisirent d'horribles maladies cxDutagieuses, surtout la maladie des ardents, celle de la lèpre, inconnues aux siècles civilisés. On craignit la dépopulation entière de la Gaule, et cette crainte fut manifestée dans un concile (1).
Paris, sous un tel régime, d'ailleurs dépouillé de son commerce, peuplé d'esclaves que les agents du fisc, que ses seigneurs, tous ecclésiastiques, ne cessaient d'opprimer, re^ta pendant quatre ou cinq siècles dansun étatdemisère et d'abjection.
Cette situation commença à s'améliorer un peu lorsque Phihppe-Augusle accrut, par des conquêles, la puissance monarchique, et la fortifia aux dépens de la puissance des princes et des seigneurs.
(1) Tous les faits ici rapportés se trouvent «xposés dans le cours de cette histoire, notamment dans les Etals civils et Tableaux moraux de la première , seconde, et d'une grande partie de la troisième race.