LOUIS XVI
Janvier
7 m. bô c.
j Janvier
1er noars
Mars
25 décembre. . . .
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La largeur de la Seine dans Paris est fort inégale. Le tableau s ivant fera cou naître ses différences.
TABLEAU DE LA LARGEUB DE LA SE! Ni:.
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aiiiTREs. !
Au pont d'Austcrlitz, tcut entière
Au pont de la Toumellp, petit bras
Au pont Saint-Michel, petit bras
i Au pont Marie, qraiid bras
Au pont Notre-Dame, grand bras. . .
Au pont au Change, yrand bras
1 Au-dessous du Pont-Neuf, où les deux bras se réunissent.
j Au pont des Arts, tout entière
; Au pont Roval, tout entière
j Au pont de Louis xvi, tout entière
i Au pont du Champ de-Mars ou des Invalides ....
(1) J'ai sous les yeux un volume, petit | tés, fondations, singularités des villes, châteaux m-12, en mauvais état, intitulé les Aniiqui- I du royaume, imprimé en 1605, qui éprouva
Cette rivière, dans ses débordements, a souvent ravagé ses rives; j'aurai occasion de parler de ses ravages en décrivant les ponts qu'elle a plusieurs fois renversés.
La Biè%Te, qui prend sa source dans les environs de Versailles, entre Bouviers et Guyancourt, après avoir parcouru un espace d'environ huit lieues, entre dans Paris à travers le boulevard des Gobelins, dont elle reçoit le nom ; puis elle traverse les faubourgs Saint-Marcel et Saint-Victor ; 'ensuite ses eaux, empuanties par de nombreux établissements de blanchisseuses, de tanneurs, de brasseurs et de teinturiers, sont versées dans la Seine sur le quai de l'Hôpital.
Trois mètres environ forment la largeur du lit ordinaire de cette rivière, qui a quelquefois produit des débordements funestes aux faul30urgs qu'elle traverse.
Voici ce qu'en dit l'Estoile :
« La nuit du mercredi ier avril 1579, « la rivière de Saint-Marceau, au moyen « des pluies des jours précédents, crût à « la hauteur de i 4 à 15 pieds, abattit plu- « sieurs moulins, murailles et maisons, « noya plusieurs personnes surprises en X leurs maisons et leurs lits, ravagea « grande quantité de bétail, et fit un mal « infini. Le peuple de Paris, le lendemain •< et jours suivants, courut voir ce désas- « tre avec grande frayeur. L'eau fut si « haut€ qu'elle se répandit dans l'église et « jusqu'au grand-autel des Cordelières « de Saint-Marceau, ravageant par forme « de torrent en grande furie , laquelle K néanmoins ne dura que trente heu- « res ou un peu plus (1). » Une relation de ce débordement en place avec plus d'exactitude l'époque au 8 avril 1579, entre onze et douze heures de la nuit. Outre les détails donnés par l'Estoile, elle porte que plus de soixante maisons furent entraînées (2).
des aventures pendant l'inondation de 1740. Voici une note manuscrite que porte la couverture de ce volume :
" Ce livre a été trouvé en 1740, du temps " des grosses eaux. L'eau était si haute, •< qu'elle allait jusqu'au deuxième étage sur " le quai de la porte Saint-Bernard. Ce livre .< flottait sur l'eau ; il entra par la fenêtre " de chez Monenque.
.' Signé Lexoble. '»
{!) Journal de Henri IH, au 1^^ avril 1579.
(2) Déhi-ge et incndniic-n rVeaux fort elVroya-
Il existait un ruisseau qui, né de Ménilmontant, après avoir coulé à travers le.< faubourgs Saint-Martin, Saint-Denis, et passé derrière la Grange-Batelière, par la Ville-l'Évêque, et au bas du Roule, allait se jeter dans la Seine , sur le quai de Billy, au bas de Chaillot. Les eaux de ce ruisseau, sans doute absorbées par l'exploitation des carrières à plâtre, ne coulent plus ; une partie de son lit, qui existo encore, forme ce qu'on appelle le grand égout de la ville (1).
Un autre ruisseau, venant des coteaux de Bagniolet et de Montreuil, a creusé ce qu'on appelle la Vallée de Fécamp , dont une partie de la rue de Charenton a longtemps porté le nom (2^. Les eaux de ce ruisseau , détournées pour alimenter l'étang situé à l'ouest de Vincennes , diminuées de volume par la destruction des bois, et absorbées par l'irrigation des jardins ou marais voisins , ne coulent plus dans son ancien lit ; elles se jetaient anciennement dans la Seine, près du Petit- Bercy.
Surface du sol de Paris. Le sol est généralement de deux pièces : sol originel et sol éventif.
Le sol originel est un g>'pse marneux ; le sol éventif est composé d'une couche de limon d'atterrissement , déposé par les débordements de la Seine sur ses rives.
Le sol de Paris s'est beaucoup exhaussé, d'abord par l'effet naturel des alluvions et les dépôts successifs de la Seine ; ensuite par les travaux que le besoin de se préserver des inondations fit entreprendre, par celui d'adoucir les pentes , par le pavage des rues, et notamment par la cor.s-
ble advenu au faubourg Saint-Marcel, à Parify etc.
(1) On a autrefois attribué à l'écoulement souterrain de ce ruisseau, et on attribue aujourd'hui aux eaux du vaste bassin de la Villette, un accident qui se manifeste dans les caves des quartiers septentrionaux de- Paris : de temps en temps elles sont inondées; elles le furent notamment en 1740, en 1788, en 1816. M. Girard , ingénieur en chef, dans son ou\Tage intitulé Recherches sur les eaux de Paris, pense que ces accidents n'arrivent que dans les années pluvieuses.
[2) La partie de la rue de Charenton qui a porté le nom de vallée de Fécamp était située entre la petite rue de Reuilly et la rue de Montgallct.
STATISTIQU
truction des ponts sur la Seine. Lea débordements de la Seine rendaient nécessaire lelevation des arches . et par conséquent de la route de ces ponts : l'élévation de cette route rendait également nécessaire l'exhaussement du sol des rues aboutissant à ces ponts . et de proche en procbe celui des rues adjacentes.
C'est surtout pour favoriser l'écoulement des eaux , leur procurer une pente suffisante, et faire disparaître les cloaques dont Paris était autrefois infecté, qu'on a dû aussi en divers endroits élever le sol. Voici plusieurs témoignages de cet exhaussement.
Lorsqu'en 1770 on construisit un caveau sous le bas-côté méridional de l'église Saint-Benoît , rue Saint-Jacques, on découvrit l'ancien pavé d'une rue qui communiquait de la rue Saint-Jacques au cloître de cette église. Cet ancien pavé était il dix pieds de profondeur au-dessous du sol actuel (1).
L'abbé Lel)euf dit avoir vu. au bas de lu rue Saint-Jacques, à sept à huit pieds de profondeur . l'ancien pavé de Paris. « On apercevait, dit-il, qu'il y avait en- « core eu un second rang depavi's entre ce • premier et celui d'aujourd'hui (i). »
Dans la rue du Plàtre-Saint-Jacques, presque toutes les maisons ont deux étages de caves qui attestent encore l'exhausj^ement du sol.
L'ancienne église de Saint-Sulpice, sur une partie de laquelle on a élevé la nouvelle, est aujourd'hui à demi sous terre.
C'est surtout dans l'île de la Cité que cet exhaussement a laissé plusieurs traces. Le pavé des anciennes églises de ce quartier était de huit à neuf pieds plus bas que celui des rues, llfallait, pour entrer dans la chapelle de Saint-Agnan , dans l'église de Saint-Denis de la Charlre , descendre environ vingt marches ; et , pour arriver dans la métropolitaine de Notre-Dame, on avait encore, au commencement du seizième siècle, treize degrés à monter. Aujourd'hui le pavé de cette église est à peu près au niveau de celui de la place du
Parvis.
En 1507
le parlement ordonna que
{{) Description des Catacombes de Parts, par M.Héricart de Thury, p. 210, 211.
(2) Dissertations sur l'Histoire ecclésiastique et riviUde Paris, t. I, p. 85.
la rue. qui du Petit-Pont conduit au pont Notre-Dame, serait élevée de dix pieds (I). Toutes les rues aboutissantes durent éprouver le même exhaussement , qui, comme on voit, ne remonte pas à une haute antiquité.
La partie septentrionale de Paris nous fournit de semblables témoignages. Le sol de la chapelle de Saint-Bon devait originairement être au moins au niveau de celui de la rue ; depuis, on a descendu plusieurs degrés pour y entrer.
Lorsque, après lo7'2, Catherine deMédicis eut fait bâtir l'hôtel nommé d'abord hôtel de la Beine, puis l'hôtel de Soissons, sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la Halle-aux-Bles, le solde cet emplacement fut exhaussé de 14 pieds (2j.
Ces accroissements dans la hauteur du sol de Paris ont été successifs, et les plus considérables se sont opérés dans les seizième et dix-septième siècles.
On élève encore , en exécutant certaines constructions, quelques parties du sol de cette ville, comme on l'a élevé autrefois ; on ne le rabais.se presque jamais (3).
Collines qui environnent P.vris. Le bassin de la Seine, dont Paris occupe une vaste partie, est dominé par des collines plus ou moins élevées. Au nord, une chaîne de petites montagnes , depuis les hauteurs de Bercy jusqu'à celles de Chailiot, présente à peu près un plan demicirculaire. Cette chaîne se compose des coteaux de Bercy, de Charonne , de Ménilmontant, de Belleville , de la Villette, et de la montagne de Montmartre.
De cette montagne , le terrain va en s'ûbaissant jusqu'au plateau de Monceaux, et de là se relève jusqu'à celui de Chaillot. qui termine l'enceinte montagneuse de la partie septentrionale du bassin de la Seine.
Les plateaux de plusieurs de ces collines s'élèvent au-dessus du fond de ce bassin de 18 à 20 mètres ; ils sont surmontés d'environ 60 à 7o mètres par le.-
(1) Antiquités de Paris^ par Sauvai, t. I, p. 97, 184.
(2) Mélanges d'histoires , par Terrasson, p. 1 et suiv.
(3) Dans les années 1817, 1818, on a exhaussé de plusieurs mètres le sol de la nouvelle halle du marché Saint-Germain et celui des rues qui l'environnent.
g HISTOIRE DE PARIS
(-minences ou buttes de Ménilraontant et
de Montmartre (1).
Au midi, le bassin de la Seine est dominé par des éminences moins hautes que celles du nord. En partant de la rive gau- ' he de la Seine, à l'est et au sud-est de Paris, le sol s'exhausse par une pente douce jusqu'au point de la barrière d'Italie, près de laquelle sont le plateau de Livri et la butte des Cailles. Plus loin, le bassin formé par le cours de la Bièvre interrompt le niveau de ce plateau et sillonne profondément le sol.
De la rive -gauche de la Bièvre, le terrain s'exhausse sensiblement jusqu'à la hauteur du plateau de Sainte-Geneviève.
Ce plateau, qui s'élève au-dessus des basses eaux de la Seine de 34 mètres 5 centimètres , s'étend jusqu'au-delà des barrières d'Enfer et de Saint-Jacques ; il est dominé par le plateau de Mont-Souris, où se voit l'obélisque qui sert de ligne de mire a l'Observatoire ; obélisque établi en 1806, et qui correspond à celui qui fut, en 1736, au côté opposé de la ville, élevé sur Montmartre.
A l'ouest de ce plateau de Mont-Souris, le terrain va baissant insensiblement jusqu'au Pelit-Montrouge , où passe la route d'Orléans , puis s'exhausse à l'endroit où sont placés les Moulins Janséniste, Mohniste et de la Citadelle , situés au-dessus et près des barrières de Mont-Parnasse et du Maine, De ces éminences , assez faibles, le sol éprouve une déclivité peu sensible jusqu'au bourg de Vaugirard, où il s'unit à la plaine qui sépare ce bourg du cours de la Seine,
Au-delà, et à une lieue environ de cette chaîne de basses collines, il en est une autre plus élevée , qui se compose principalement des hauteurs de Villejuif, de Rungis, de Lai, de Bagneux, de Meudon , de Saint-Cloud ; chaîne qui va s'appuyer au Mont-Valérien, ou montagne dite du Calvaire, la plus haute de celles qui environnent Paris,
Tel est le cadre de la partie du bassin de la Seine où cette ville est située.
Il e.st probable que ce bassin ainsi encadré avait très anciennement contenu les eaux d'un grand lac alimenté par le cours de la Seine et celui de la Bièvre. Ce lac,
(1) Recherches sur les eaux publiques de Paris, par M, Girard, ingénieuT en chef du département, p. 115,
qui devait commencer près de Corbcil et se prolonger jusqu'aux environs de Mantes, était vaste, tortueux et inégal dans sa largeur ; il recevait la forme dessinée par les terrains élevés qui le bordaient. Au-dessus de Paris, ses eaux devaient couvrir les plaines de Vitry et de Maisons, et , au-dessous de cette ville , les plaines de (grenelle et d'Issy, etc. L'époque et l'écoulement des eaux de ce lacest sans doute fort antérieure aux premiers temps historiques.
Causes des inégalités du sol. Au bas des collines qui, au nord et au midi, entourent Paris, le sol, dans son origine, devait être parfaitement nivelé par les eaux, et n'être déformé que par le sillonuement du ruisseau de Ménilmontant et celui de la rivière de Bièvre, A ces causesnaturelles de l'inégalité du sol , il faut joindre les causes factices qui ont concouru à tourmenter sa surface.
Ces principales causes sont les diverse> et successives enceintes de Paris, le creusement des fossés de cette ville, et les terres amoncelées pour former les remparts. Cet amoncellement ne se faisait pas aux portes de la ville ; aussi l'endroit de ces portes était-il généralement plus bas que ses parties latérales. Ces remparts qu'on élevait, ces passages des portes qu'on n'élevait pas, expliquent les fréquentes inégalités que l'on rencontre en parcourant les boulevards intérieurs du nord de Paris, expliquent ces ondulations de la route et cealternatives de haut et de bas.
Cette explication peut s'appliquer aux enceintes plus anciennes et plus concentriques de la partie septentrionale de Paris, et à celles qui se trouvent dans la partie méridionale de cette ville, où les mêmes causes ont produit les mêmes effets.
Une autre cause factice de l'inégalité du sol consistait dans l'usage fort ancien d'entasser sur différents points les immondices et les gravois de cette ville. Ces amas, qui, d'abord placés à l'extérieur des murs, se trouvèrent ensuite dans l'intérieur lorsque ces murs furent portés plus loin, étaient à Paris nommés buttes, voiries, monceaux , mottes. La plupart très élevés présentaient l'image de petites montagnes. Dans la partie septentrionale, on signalait le Monceau-Saint-Gervais , la butte de Bonne-Nouvelle ou de Ville- Neuve-de-Gravois, la butte Saint-Roch ,etr . Ces buttes ou monticules ont été aplanis
STATISTIQUE PHYSIQUE
dans la suite ; celle de Saint-Roch cocscrvaît encore, sous le règne de Louis XI\ , sa forme aareste, sa hauteur et ses moulins à vent Telle ne fut détruite qu'en 1667; elle a laissé plusieurs inégalités dans le quartier qui en porte le nom. « La butte t Saint-Roch et celle de Villeneuve-(ie- « Gravois. ne sont, dit Sauvai, composées . d'autre chose que de dépôts successifs. » Il parle aussi de quelques autres buttes ou monticules, dont il attribue la formation à la mtme cause (I).
Sous le règne de Louis XIV, plusieurs antres de ces monticules factices , situés près des boulevards du nord , furent aplanis. Il en existait encore un sur le rem- Fart de la Porte Saint-Denis : et, pendant anr. ' "-^use de 1709 , les pauvres furc; - à le démolir, moyennant
des tii-Mii. .iiuiis de pain (2j.
Dans 1 île de la Cité, et à son extrémité orientale , s'est formé de même un semblable monticule qu'on a nommé le Terrdil, leTcrrainoula Motte-aux-Papelars, sans doute parce qu'elle appartenait aux chanoines de Notre-Dame. Son emplacement est occupé par une grande partie du jardin de l'archevêché, aujourd'hui détruit, et du quai Catinat.
Dans la partie méridionale de Paris s'élevaient plusieurs de ces monticules ; on en voyait quelques-uns dans l'emplacement de la rue Mazarine, le long du fossé de Nesles : c'est pourquoi cette rue a porté le nom des Buttes. Il en existait un fort considérable en face de l'hôpital de la
(1) Voyez ci-après, article Butte Saint- Roch.
(1) Le 20 du mois d'août de cette année de disette , les pau\Tes occupés à ce travail ne reçurent point le pain qui leur était ordinair«»ment distribué; pressés par la faim, qui ne respecte rien, ils se soulevèrent, se portèrent dans la maison où était déposé le pain qui leur était destiné, la pillèrent, ainsi que Quelques boutiques de boulangers , et marchèrent à l'hôtel de M. d'Argenson. Aussitôt les gardes françaises, les gardes suisses, les mousquetaires mêmes montèrent à cheval. L'écrivain qui rapporte ce fait dit : .« Il " y eut quelques gens de tués de cette ca- « naille, parce qu'on fut obligé de t rer des- " sus; on en a mis que'ques autres en pri- ♦« son. r, C'est le langage d'un courtisan qui n'a pas faim. (Extrait des Mémoires de Dangeuu, par madame Sartory, t. U, p. 48.)
Charité, dans l'emplacement qu'entoure en partie la rue Saint-Guillaume : il a été aplani, mais il reste des témoignages de son ancienne existence. La rue Saint- Guillaume portait autrefois le nom de rue de la Butte; et. dans un ancien plan de Paris gravé, dit-on, d'après une ancienne tapisserie , on voit cette butte figurée avec un moulin à vent a sa cime , moulin qui existait en 4368, et qui fut reconstruit en Io09.
Un autre monticule , nommé la butte des Copeaux, existe encore en son entier; il est représenté sur les anciens plans ayant à son sommet un moulin à vent. Depuis il est devenu un des ornements du Jardin des Plantes : on l'a recouvert de plantations en arbres verts, dessinées en labyrinthe. Son sommet s'élève au-dessus des hasses-caux de la Seine de 3o mètres 4o centimètres.
Le plateau qu'on voit au-dessous et au nord de ce monticule, pareillement plante en arbres verts, faisait aussi partie de ce dépôt de gravois et d* immondices, aujourd'hui si agréablement métamorphosé. On peut juger par la grandeur de ce n-;onticule et de son appendice quelle était cell<' des autres buttes qui n'existent plus.
Il lirait même que les anciennes buttes surpassaient celle-ci en hauteur. En 1512, époque où l'on craignait de voir Paris assiégé par les Anglais, on résolut dans une ' assemblée d'abattre toutes ces buttes , qui s'élevaient bien plus haut que les murailles de la ville. On décida qu'il serait ordonné aux habitants de Paris de déposer les gravois dans des lieux plus éloignés des murailles (1).
Cet ordre ne fut point exécuté. Quelques années après , dans une assemblée tenue le 29 mars 1525, Jean Briço?in-:t, président de la chambre des comptes , demanda qu'on abattît les voiries qui environnaient Paris, et dit qu'il y en avait de si hautes qu'elles commandaient cette ville. Larchevéque d'Aix , qui en était gouverneur, considéra ces voiries comme autant de forteresses élevées contre la place : il fat résolu de les abattre. Cette résolution ne fut pas entièrement exécutée, puisqu il est certain que la butte Saint-Roch, celle des Copeaux, et plusieurs autres furent épargnées.
(1) Histoire de Part
par Félibien , t- 11,
Ainsi les dépôts successifs qui ont formé es buttes ou monticules, le creusement les fossés, l'élévation des remparts derière les murailles, sont les causes principales des inégalités que présente le fond du bassin de la Seine à Paris.
Minéralogie de Paris et de ses envi- KO>s. Après avoir décrit la surface du sol, dois parler des substances qui le composent, me borner aux résultats, et ne pas 'tendre cette description au-delà d'un myiamètre de rayon à partir du centre de cette ville.
La contrée dans laquelle cette capi-
« taie est située est peut-être l'une des
plus remarquables qui aient encore été
observées, par la succession des divers
^ terrains qui la composent, et par les
* restes extraordinaires d'organisation an- « cienne qu'elle recèle. Des milliers de « coquillages marins, avec lesquels alter-
* nent régulièrement des coquillages d'eau '■ douce, en font la masse principale; des « ossements d'animaux terrestres entiè- « rement inconnus, même par leur genre, '« en remplissent certaines parties. D'au- « très ossements d'espèces considérables ■ par leur grandeur, et dont nous ne
trouvons quelques congénères que dans '^ des pays fort éloignés, sont épars dans '' lei^ couches les plus superficielles, un <• caractère très marqué d'une grande ir- « ruption venue du sud-est est empreint « daos les formes des caps et les direc- « tions des collines principales : en un « mot, il n'est point de canton plus capa-
* ble de nous instruire sur les dernières « révolutions qui ont terminé la formation « de nos continents (1). »
C'est ainsi que débutent deux savants minéralogistes dans un ouvrage dont je vais extraire quelques parties : je ne peux puiser dans une meilleure source.
Voici comme ils décrivent la composition des collines qui se trouvent à droite de la Seine :
" La longue colline qui s'étend de No- « gent-sur-Marne à Belleville... appar- « tient entièrement à la formation gyp- « seuse ; elle est recouverte vers son mi- « lieu de sables rouges argilo-ferrugineux, 0- sans coquilles, surmontés de couches c de sables agglutinés, ou même de grès
{!) Essai sur la Géographie minëralogiqxie des environs de Paris, par MM. Cuvier et Bronguiart, p. 1.
« renfermant un grand nombre d'ein- « preintes de coquilles marines analogues « a celles de Grignon. Cette disposition « est surtout remarquable dans les envi- « rons de Belleville et au sud-est de Ro- « mainville ; le grès marin y forme une « couche qui a plus de quatre mètres « d'épaisseur,
« Cette colline renferme un grand nom- « bre de carrières qui présentent peu de « différence dans la disposition et la na- « ture.de leurs bancs.
« L'escarpement du cap qui s'avana* « entre Montreuil et Bagnolet n'est pris « que dans les glaises, les bancs de plâtre « de la première masse s' enfonçant sous « le niveau de la partie adjacente de la « plaine, qui dans cet endroit, est un peu « relevée vers la colline, et qui s'abaisse « vers le bois de Vincennes. Les marnes « qui recouvrent la première masse ont « une épaisseur de 17 mètres; la marne « verte qui en fait partie a environ 4 mè- « très. On y compte quatre lits de sulfate « destrontiane; on voit un cinquième lil « de ce sel pierreux dans les marnes d'un « blanc jaunâtre qui sont au-dessous K des vertes; et, peu après ce cinquième ic lit, se rencontre la petite couche de ci- « thérées ; elles sont ici plus rares qu'ail- « leurs, et mêlées de petites coquilles a « spire qui paraissent appartenir au genre « de spirorbe. Les autres bancs de marne « ne présentent d'ailleurs rien de remar- « quable: la première masse a 9 à 10 mè- « très d'épaisseur.
« En suivant la pente méridionale de « la colline dont nous nous occupons, on « trouve les carrières de Ménilmontant, « célèbres par les cristaux sélénites que « renferment les marnes vertes, et par les « silex méUnites des marnes argileuses « feuilletées. Ces silex se trouvent a en- « viron 4 décimètres au-dessus de la se- « conde masse, par conséquent entre la « première et la seconde (1).
« Enfin, à l'extrémité occidentale de « ces collines, sont les carrières de la butte « Chaumont.
« Comme c'est dans la colline de
« Belleville que les marnes d'eau douce
(1) Les carrières à plâtre de Méailmontant, exploitées sans précaution, éprouvèrent, au mois de juillet 1778, un vaste éboulement : sept personnes qm en parcouraient l'intérieur y perdirent la vie.
STATISTIQlh
leiiferment le plus de coquilles, dous nous arrêterons un instant sur leur description.
. La butte Chaumont, qui est le cap occidental de la colline de Belleville.
n'est point assez élevée pour offrir les bancs d'huîtres, de sables argileux et de erès marin qu'on obsene à Montmartre. Nous avons dit qu'on trouvait le grès marin près de Romainville; nous
PinSIQUE J
€ ne connaissons les huîtres que dans h « partie de la colline qui est la plus voi- « sine de Pantin, presque en face de l'nn- « cieune seisneurie de ce village ; on les . trouve à 6 a 7 mètres au-dessous du sa- « ble. et un peu au-dessus des marnes ■ vertes : c'est leur position ordinaire. >■ Ces auteurs décrivent ensuite les divers lits ou baocs qui forment la butte Chaumont . bancs de marne blanche d'eau
TTory.rf
Famille (arisienne avant Jètut Christ.
douce, dont l'ensemble, dans deux carrières visittH?s. a 20 il 25 décimètres d'épaisseur. Ces deux carrières sont celles de Pantin et de la butte Chaumont, derrière le combat du Taureau (1). Ils parlent en-
(1) L'exploitation de ces carrières à plâtre remonte à une époque très ancienne. M.
Girard, dans son ouvrage intitulé Recherches iur les eaux de Paris, dit qu'en travaillant à l'aqueduc de ceinture du canal de l'Ourcq, on a découvert les traces de ces exploiutions, et qu'elles furent commencées par les bancs inférieurs des coteaux de Bellenlle et de Montmartre.
suite de la plaine de Pantin, dont le fond présente des bancs de g^'p>e, bancs ondulés et en desordre par l'effet des sources nombreuses qui les ont minés en dessous: enfin ils décrivent la formation de la montagne de Montmartre.
Cette montagne se compose de couches analogues et de substances pareilles, à peu près, aux couches et substances de la chaîne de collines dont elle fait partie. En décrivant avec détail cette butte, on aura une idée suffisante des autres collines.
La partie supérieure de Montmartre présente un banc de sables et de grès quartzeux, contenant des coquilles marines
dont on a reconnu quatorze espèces, et un banc de sable argileux. L'épaisseur de ces deux bancs, meiurée depuis la porte du cimetière jusqu'à leur extrémité inférieure, est de 28 à 30 mètres.
Au-dessous sont les bancs de marne calcaire et de marne argileuse de diverses couleurs. Les premiers contiennent un grand nombre de petites huîtres. Le sixième banc de marne calcaire renferme des coquilles d'huîtres différentes des précédentes par leur dimension ; quelquesunes ont jusqu'à un décimètre dans leur longueur. On a trouvé dans ces bancs des débris de crabes et de baleines. Les autres bancs contiennent des coquilles marines de diverses espèces.
Après divers bancs, dont le nombre s'élève à trente-deux, et dont l'épaisseur de leur ensemble est d'environ 23 mètres, se trouve la première masse de gypse marneux entremêlée de couches de marne calcaire. C'est dans une de ces couches qu'on a trouvé un tronc de palmier, d'un volume considérable, pétrifié en silex.
Cette masse gypseuse, dont la partie inférieure est exploitée par les plâtriers, a 15 à 20 mètres d'épaisseur. Si on y joint les bancs marneux et argileux qui la précèdent, l'épaisseur sera de -12 mètres; si de plus on ajoute les deux bancs de sable qui occupent la partie supérieure de la butte, ou aura une épaisseur totale de 71 mètres.
La seconde masse gypseuse se compose de trente bancs de gypse et de marne calcaire de diverses espèces. Le huitième est formé d'une marne argileuse verdàtre, qui se vend à Paris sous le nom de pierre à détacher. Cette seconde masse a environ 10 mètres d'épaisseur, ne contient, ainsi que la première, aucune trace du séjour des eaux maritimes, et n'offre que des productions d'eau douce.
La troisième masse gypseuse, divisée en trente et un bancs, présente, à son dixhuitième banc, le témoignage authentique de la présence des eaux de la mer dans ces parages à une époque bien plus reculée que celle dont on a parlé. Ce banc de marne c-alcaire jaunâtre renferme un grand nombre de coquilles, ou plutôt d'empreintes de coquilles dont on a reconnu quinze espèces, de plus, des oursins de plusieur.dimensions, des débris de crabes, de? dcr.t? *ie squales, des arêtes de pcisscrf: et de? parties assez C'Onsidéfable.s d"un polypier
rameux, toutes productions maritimes.
Cette troisième masse a 1 0 à 1 2 mètres d'épaisseur.
Elle se termine par une couche de craie argileuse, épaisse de 8 à 9 mètres, qui, à sa partie supérieure, offre des empreintes de divers coquillages et des espèces de crustacés roux.
A la suite de la butte Montmartre, la chaîne des collines calcaires se continue en s'abaissanl jusqu'à Passy. Une petite bande calcaire borde la Seine à l'ouest, et paraît s'enfoncer sous le terrain de transport ancien qui forme le sol du bois de Boulogne et de la plaine des Sablons : « Car en « creusant dans cette dernière, près de la « porte Maillot , on trouve au-dessous « d'une couche de sable mêlée de cailloux « roulés, qui a environ 4 mètres d'épais- « seur, les premières couches de la forma- « tion calcaire, caractérisées par des lits « de marne calcaire blanche renfermant « de petits cristaux de quartz et de cal- « caire spathique. »
Au point le plus élevé de la route ou avenue de Neuilly, c'est-à-dire à la butte de l'Etoile, on a creusé jusqu'à 8 mètres pour asseoir les fondations de l'arc de triomphe, et on a reconnu douze couches de calcaire, de marne, de sables caractérisées diversement.
A Passy, on voit les bancs calcaires dans leur plus grande épaisseur ; ils présentent des masses de 12 à 13 mètres. Ces bancs se continuent au-delà d'Auteuil (1).
Passons à la rive gauche de la Seine et au Sud de Paris. Le plateau qui domine cette rive est un des mieux connus : « II « fournit, disent les savants déjà cités, le « plus grand nombre de pierres employées « dans les constructions de Paris; il est a percé de carrières dans une multitude « de points, et l'on peut aisément déter- « miner ses limites : il comprend la par- « tie méridionale de Paris , et s'étend de « l'est à l'ouest , depuis Choisy jusqu'à « Meudon. La rivière de Bièvre le sépare « en deux parties ; celle de l'est com- « prend la plaine d'Ivry, et celle de l'ouest
(1) PiGS de PasGv et de la rae Franklin, à l'endroit nommé la montagne des Bons- Hommes, on a découvert un grand nombre de vis marines dont la hauteur était de près de 8 pouces et la largeur moyenne de 3 à 4 pouces.
STATISTIQUE PHYSIQUE
If
• la plaine de Montrouaeet les colline> de « Meudon.
« Le plateau de la plaine d'Ivry se « prolorse au nord daus Paris jusqu'à c rextre'mitc orientale de la rue de Po- € liveau. ■
Le pialean de Montrouge, séparé du précédent par le vallon qu'a creusé le cours de la rivière de Biëvre . s'avance dans la partie méridionale de Paris , et ses bancs forment une ligne qui passe sous l'extrémité du Muséum d histoire naturelle, et sait los rues Saint-Victor, des Noyers.
des Mathurins , de rÉcole-de-M<-Hiecine.
des Outitre-Vents, de Saint-Sulpice . du Vieux-Colombier et de Sèvres . jusqu'à Vaugirard. Sur cette limite, les ban'^s calcaires marins n'ont plus aucune solidité; ils sont minces, friables et marneux. C'est sous celte partie de la \\\\e que sont creusées ces fameuses carrières dont je parlerai bientôt , qui ont longtemps mis en dync^r la solidité des édiBces que leur ciel suji[Kjrte.
Apres une masse de 3 mètres d'épaisseur ■ ""^ — f^ de dix-huit lits de marne caK - ieuse, on trouve , dans Ips
carri.. ..s entre Vaugirard et Montrouge, des bancs considérables de formation marine . abondants tn > unuilles de diverses espèces. Entre-; bancs
se voit une couche de ' . tmeux
oui irt-M'nte de nombreuses empreintes de feuille»;. Cette couche de feuilles est très mince et très remarquable, se trouvant placée entre des bancs de calcaire marin. La même singularité existe dans les carrières de Clamart,
Il faudrait suivre MM. Cuvier et Broncniartdans leurs descriptions des carrières de Gentillv, de Montrouge, de Vaugirard et de Meudon, pour donner une idée complète de la formation du sol de cette partie , méridionale; mais je sortirais des bornes que je me suis prescrites. Je dois dire, pour justifier ma concision , que les couches de ce sol diffèrent fort peu, dans leur ordre et par leur nature . de celles qui composent le sol de la partie septentrionale de Paris. D'ailleurs, en docrivant une partie des carrières qu'on a destinées aux catacombes, j'offrirai le tableau de ces couches. Je dois donner ici, non le s^'stème complet du sol de Paris, mais ce que les observations faites dans les fouilles out offert de plus saillant et de plus digne de •remarque.
Les carrières à plâtre des environs de Paris recèlent aussi, dans des profondeurs qui sont au-dessous des couches maritimes, des témoignages incontestables de l'existence d'un sol habité très anciennement par des quadrupèdes de diverses espèces, par des reptiles, des oiseaux et des poissons d'eau douce.
M. Cuvier, en rassemblant avec un art admirable leurs ossements épars. en leur appliquant des noms, en reproduisant leurs formes, a étendu le domaine des sciences naturelles, et, en quelque sorte, rendu à ces animaux une existence nouvelle. En voici la notice d'après cet habile naturaliste:
Lepn/iifoiheriin.'i. On a découvert dans les carrières des environs de Paris cinq espèces de ce gi-and quadrupède:
< o Le paliplollierid r} fuaan u:n . Il a les proportions d'un tapir qui fierait grand comme un cheval. Deux squelettes de cette espèce furent découverts dans les carrières de Montmartre.
go j , r'-^>'*heriitm crassum. Celte espèce Ijeaucoup plus au tapir
que la \ ..vo ; elle en a la grandeur.
Sa stature était celle d'an porc ; olie avait les pieds larges et courts.
3° Le p tïœloth^rium nedU'rr. linxiwi aussi la forme d'un tapir; plus haat .«ur ses jambes, ses pieds étaient aussi plus longs et plus déliés. Sa staVar»» i'pprochail de celle du cochon ordinaire.
i^ Le palœlnlheriurn miriiu,. Le s(}uelette de cette espèce a été trouvé presque entier dans les carrières de Pantin: il devait être plus petit qu'un mouton, et avait les jambes grêles et légères.
50 Le p^fœlotheriuiH curtinit avait les jambes courtes et grosses.
Un autre genre de quadrupèdes , également trouvé dans les carrières a plâtre des environs de Paris, est nommé par M. Cuvier anoplothtriam ; il en a été découvert cinq espèces :
I0 L'anoplofherium. commune. Les individus de cette espèce avaient la stature d'un àne ou d'un petit cheval, et une queue remarquable par ^a longueur et son épaisseur : leur corps était allongé comme celui dune loutre, avec laquelle il avait une grande ressemblance. Ils devaient, comme elle, être nageurs, herbivores, et couverts d'un poil lisse. On découvrit à Montmartre les principales parties d'un squelette, et à Antony une tète de cette espèce.
2<^ Vanoplotherium secundarium.
Semblable à l'espèce précédente, sa stature était celle d'un cochon. On n'a trouvé de cette espèce que des dents molaires et l'os appelé tibia.
30 L'anoplotherium médium devait présenter des formes sveltes, élégantes, et avoir la grandeur et la légèreté de la gazelle ou du chevreuil.
40 Vatiaplofherium minus n'était pas plus grosqu'un lièvre, et paraissaiten avoir les formes.
50 Vanoplotherium minimum. Sa structure était encore plus petite. On n'a découvert qu'une mâchoire de cette espèce.
Ces carrières ont aussi offert tout ou partie de la mâchoire et une dent molaire de quadrupèdes d'un genre intermédiaire entre les chiens, les mangoustes et les genestes ; une portion du pied de devant d'un animal carnassier, le squelette presque entier d'un petit quadrupède du genre des .sarigues, animal qui vit en Amérique. « Il « y a donc dans nos carrières, dit M. Cu- «f vier, des ossements d'un animal dont le « genre est aujourd'hui exclusivement « propre à l'Amérique. »
On trouve aussi dans ces carrières des ossements fossiles d'oiseaux; et celles de Montmartre ont fourni à M. Cuvier le squelette d'un oiseau, le plus complet de tous ceux qu'il a découverts.
On a aussi déterré dans le même lieu des ossements de tortues , de reptiles . de poissons d'eau douce, tels que brochets et truites, et le squelette d'un spare très bien déterminé (1).
Je termine cette esquisse minéralogique du sol de Paris par quelques détails sur les carrières ou excavations qui existent sous une partie des quartiers méridionaux de cette ville.
Une vaste superficie de Paris, qui s'étend du sud au nord , depuis les carrières de Gentilly, Montsouris et Montrouge, jusqu'aux rues de l'École-de-Médecine, du Vieux-Colombier, etc., et de l'est à l'ouest depuis le Muséum d'histoire naturelle jusqu'à la barrière de Vaugirard , repose sur le vide d'immenses carrièrjs; c'est sur leurs abîmes profonds que sont suspendus les quartiers et les grands édifices incon-
(1) Recherches sur les ossements fossiles des quadrupèdes, par M. Cuvier, t. III, contenant les os fossiles des environs de Paris, et notamment le septième mémoire ou résumé.
sidérément construits aux dépens de leur base naturelle.
Ces excavations, qui accusent d' indifférence ou d'impéritie ceux qui gouvernaient la ville, firent naître plusieurs accidents. Des terrains s'enfonçaient, des maisons s'écroulaient; les habitants effrayés recoururent à plusieurs reprises à l'autorité, qui, enfin réveillée, se détermina, en 4777 , à créer une compagnie d'ingénieurs, sous le nom d'administration générale des carrières, spécialement chargée de réparer les fautes du passé, de consolider, par toutes les constructions nécessaires, les plafonds de ces souterrains.
Les parties les plus connues de ces carrières sont celles qu'on nomme caves (te l'Observatoire et les Catacombes. Les premières reçurent ce nom parce qu'on y descend par un escalier de cet édifice ; les secondes, parce qu'en 1785 elles furent destinées à receler les ossements humains de divers cimetières de Paris. J'en parlerai en son lieu (1).
Joignons ici, aux notions déjà fournies sur la minéralogie du sol de Paris, un tableau de diverses couches de terrain (^u'on a observées dans ces profondes carrières: il complétera la notice minéralogique de cette ville.
On ignore l'entière épaisseur de ce dernier banc, qui n'a été reconnu que jusqu'y la profondeur de 40 mètres (2).
Il résulte de ce tableau que la pi us grande profondeur connue de ces souterrains est, à partir de la surface du sol, de 79 mètres ou 243 pieds ; que les bancs, qui sont de formation marine, et attestent la présence des eaux de la mer, commencent ici à se signaler à 4 mètres 45 centimètres au-dessous de la surface de la terre ; que les bancs composés de produits maritimes ont ensemble une épaisseur de 24 mètres
(1) Voyez la Description des Catacombes de Paris, publiée, en 1815, par M. Héricart de Thury. Cet ingénieur a donné le plan des galeries souterraines destinées au dépôt des ossements : on a publié aussi celui des souterrains de l'Observatoire et de ses environs ; mais on n'a jamais rendu public le plan de l'ensemble de ces immenses excavations. Ce plan existe dans les bureaux, de l'administration des carrières; sa publicité serait d'un grand intérêt.
(2) Description des Catacombes, par M. Kéricart de Thurv.
:>0 centimètres (ou 76 pieds 40 pouces): iju'après un e>pace de 10 mètres et demi .1. paisseur, on retrouve encore plus pro- ;oridt.mer.t de- bancs chargés des produc-
STATISTIQCE PHYSIQUE 13
tiens de la mer, et qui attestent qu'ici ses eaux ont . une seconde fois et à des temps bien plus recules que la première, inondé ces parages (I).
BASCS.
XATCBE DES BANCS.
EPAlSSEDIt
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