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JARDINS A DIVERTISSEMENTS DE PABIS

Les fêtes publiques et champêtres dont ' on ne peut jouir qu'en achetant ce droit à la porte des établissements où elles ont lieu, ne datent guère à Paris que de la , fiioitié du xviiie siècle. Avant ce temps l'histoire ne mentionne guère d'établissement permanent de fêtes publiques et champêtres que le Pré-aux-Clercs au moyen ège et plus tard les Porcherons\ encore même est-il douteux que l'un et l'autre aient été quelque chose de

plus que ce que sont aujourd'hui les bar- ' rières les plus mal tenues. Ce ne fut que plus tard qu'on vit s'élever des jardins à divertissements permanents, où, moyennant un droit perçu à la porte, on pouvait à la fois jouir de la promenade , de la danse, delà musique, de feux d'artifice et de diverses sortes de spectacles. Les premiers furent :

Le jardin Ruggieri;

Le Vauxhall du sieur Lorré ;

Le Colisée ;

Le Vauxhall d'hiver de la foire Saint- Germain ;

Le petit Ranelagh du bois de Boulogne;

Le Cirque roy h la Chaumière; la Redoute chinoise, etc., etc.

Depuis lors ces sortes d'établissements sont devenus de vrais jardins féeriques. Tels sont aujourd'hui : le Jardin-d'Hiver, le Chàteau-Rouge, Mabille, la Closerie des Lilas, etc., etc.

POPULATION DE PARIS. — RÉSULTATS DE SON AUGMENTATION. — NÉCESSITÉS DE NOUVEAUX SYSTÈMES DE CONSTRUCTIONS POUR LES CLASSES OL'VRIÈRES ET LES PETITES FORTUNES.

Dans le tableau de population que nous avons donné au début de cette continuation, on a vu dans quelle proportion colossale avait augmenté la population de Paris depuis 1852.

Une si prodigieuse augmentation de population coïncidant avec le vaste système de démolitions nécessitées pour les embellissements de Paris, amena un renchérissement de loyers qui donna l'idée à de grandes compagnies financières de bâtir, en dedans de Ta hgne des fortifications et sur divers points, des maisons mobiles en bois.

Déjà à l'Exposition universelle de 1855, on avait vu de charmarits chalets établis dans le jardin du Palais de l'Industrie, édifices pittoresques qui figuraient aussi dans la promenade du bois de Boulogne.

Grâce à l'appui du gouvernement et de puissants capitaux, ce qui n'était qu'une superfluité pour le riche semblait devoir devenir une solution de bien-être et de pratique pour toutes les classes de la société. Sur les flancs du Paris monumental en pierre, on aurait vu alors un Paris coquet et bariolé, eu bois : le chalet suisse à côté du palais du Louvre.

Voici le prospectus de ce projet qui

n'a eu jusqu'à présent qu'un commencement d'exécution, et qui n'est pas une des pages les moins curieuses de cette grande rtwnumevtalisation de Paris.

« L'Etat, la ville de Paris et le Conseil de salubrité, disait ce prospectus, ont pensé qu'il y avait dans l'invention des maisons mobiles une réponse toute prête aux préoccup.'itions que rendent si palpitantes le renchérissement des loyers, les embellissements de Paris et le déplacement des industries.

« En même temps que la commissioD municipale de Paris fournissait, près la barrière de Rochechouart, un terrain destiné à la construction de douze maisons d'essai pour la classe ouvrière, une subvention du ministre de l'intérieur venait aider la Compagnie pour la réalisation de ce grand problème.

« Ingénieusement construites, habitables et saines du moment qu'elles sont posées, les maiso7is '/«oè^ï^^ utilisent les terrains les plus vagues et les plus improductifs Aérées autant que possible et en même temps chaudes, ventilées, bien éclairées, bien closes, elles se démontent et se remontent dans des conditions de facilité inouïe ; à l'abri de tout élément d'insalubrité, d'humidité, de suintement, elles défient les inconstances de l'atmosphère, elles sont susceptibles des embellissements les plus artistiques et s'accommodent des simplifications d'aménagement les plus modestes.

c Tour à tour villa enfouie sous la verdure, hôtel complet, atelier, kiosque, café, pavillon, magasin, salle de concert ou de bal, tente, abri, demeure, mais toujours commode, économique, s'appropriant à toutes les exigences du besoin aussi bien qu'à tous les caprices de la fantaisie, la maison mobile réalise le mot d'ordre de la société transformée par les chemins de fer : aller vite, aller toujours.

« Autrefois une maison à bâtir, c'était un miracle qui comptait dans la vie et dans les labeurs les plus difficiles qu'un homme put accepter. Avec les maisons mobiles, rien de plus simple et de plutôt fait. Le temps que le plus hab le architecte met à tracer son plan suffit pour bâtir une maison mobile,

« Destinée à l'habitation d'une seule famille, une de ces maisons mobiles se compose d'un rez-de-chaussée avec anti-

chambre, cuisine, salle à manger, petit salon et cabinet : au premier quatre chambres à coucher : location, 600 fr. par an.

« Une maison à deux étages de 300 fr chacun, pour deux ménages, offre deux appartements complets composés de deux chambres, salle à manger, cuisine et antichambre.

<t Pour quatre ménages payant chacun 150 fr., la maison mobile donne des logements composés d'une salle à manger, cuisine, chambre à coucher et cabinet.

c Chaque appartement a son entrée séparée et peut, au gré du locataire, être modifié selon son désir, etc., etc. »

Cette entreprise des maisons mobiles avait été précédée d'une autre qui a aussi son caractère spécial fort caractéristique; c'était de couvrir de maisons les Champs- Elysées, cet immense quinconce, arène des joies populaires depuis plus d'un siècle et dont les arbres depuis le temps où le Cours-la-Reine avait la vogue pourraient raconter de si gaies, de si lugubres et de si curieuses chroniques.

Comme le vaisseau dont il est le symbole, Paris depuis quelques années descend le fleuve et suit la Seine. Il se porte de préférence aux Champs-Elysées qui, peut-être un jour, deviendront une rue.

Déjà ils ne sont plus un but : ils sont une avenue qui mène au bois de Boulogne, une route pour aller plus loin : ils ne sont plus les champs, ils sont la ville; bientôt ils seront une ville nouvelle.

En i 855 se forma une compagnie qui devait opérer cette transformation. Après avoir acquis cent mille mètres de terrain, elle s'était constituée pour soumissionner tous les. grands changements à vue qui se sont opérés ou s'opèrent de ce côté, tels que le boulevard de l'Aima, l'avenue de l'Impératrice, les embellissements du bois de Boulogne, etc. Par une combinaison particulière on pouvait y devenir propriétaire d'une maison moyennant un amor- Ussement par le loyer. L'acquisition d'une maison de 25,000 fr.,par exemple, devait se faire au moyen d'un loyer de 2,000 pendant 25 ans. Au bout de ce terme le capital de l'immeuble se trouvait amorti et le locataire devenait de plein droit propriétaire.

Cette combinaison a eu un commencement d'exécution.

DR PARTS

A l'aulre extrémité de Paris, au boulevard Mazas, a eu lieu une autre combinaison de constructions dont les résultats ont été plus immédiats.

Ces maisons modèles destinées à l'habitation de la classe ouvrière, construites dans la circonscription du huitième arron» dissement, sont aujourd'hui terminées.

E les sont situées sur le boulevard Mazas, entre la rue de Reuilly et celle de Charenton, c'est-à-dire dans la moitié et sur la droite de son parcours, entre le pont d'Austerlitz et la barrière du Trône. Une voie publique de 22 mètres de largeur, qui doit relier la place de Reuilly, rue du Faubourg-Saint- Antoine, à la rue deCharenton et à l'angle de la petite rue de Reuilly, traverse par le milieu de vastes terrains dont une partie a été mise en vente, tandis que l'impasse qui donne actuellement dans la petite rue de Reuilly doit former une nouvelle rue qui aboutira boulevard Mazas. Ces deux voies publiques partagent les terrains dont il vient d'être parlé, et qui ont été divisés en lots de 1 5 mètres de façade chacun. Ces terrains ne présentaient il y a quelques annéee qu'une valeur à peu près insignifiante.

Les maisons du boulevard Mazas sont bâties avec la plus grande économie, et semblent présenter cependant toutes les conditions possibles de commodité, d'aération et de salubrité. Les cours en sont spacieuses et abondamment pourvues d'eau. Les escaliers sont larges et toutes les communications faciles. Le rez-dechaussée et l'entresol sont disposés de manière à être occupés comme ateliers ou à être exploités comme boutiques ou magasins. Le premier et le deuxième étage sont disposés en petits appartements, et les deux étages supérieurs ont été réservés pour des chambres placées des deux côtés d'un large corridor pour les célibataires et les petits ménages. Le prix des locations doit, dit-on, eu être ramené au taux moyen des loyers pendant ces dernières années. D'autres maisons semblables s'élèvent en ce moment, et contribueront puissamment sans doute à l'amélioration de ce quartier. Il serait désirable que l'on bâtît de cette manière dans quelques-uns des arrondissements de Paris qui renferment encore des terrains vagues ou de peu de valeur, tels sont les cinquième, i dixième et douzième arrondissements.

NOMENCLATTRE OU TABLEAU DEXSEMBLE DES INSTITUTIONS CONTENUES DANS LES DOUZE ARRONDISSEMENTS DE PARIS.

Comme tableau complémentaire d'ensemble de cette immense agglomération parisicrne dans la seconde moitié du xixe =iècle, nous donnons une sorte d indication sommaire de tout ce^ que peut offrir l'Athènes moderne, tant a la curiosité du touriste qu'à l'utilité du voyageur et du Parisien lui-même. Ce sera comme le cadre du tableau dont nous venons de dérouler en partie la toile.

Nous indiquerons ain^i successivement:

Les voitures publiques;

Les chemins de fer;

Les ministères;

Les cours judiciaires;

Les administrations publiques;

Les palais, les monuments, les musées;

L'Institut, les écoles, les facultés, les collèges, les sociétés savantes et artistiques :

Les bibliothèques;

Les théâtres et cercles ;

Les édifices, les établissements religieux; . , ,^ ,,.

Les hôpitaux, les hospices, les établissements de charité;

Les halles et marchçs ;

Les ambassades, les légations, les consulats; ,, Les établissements communaux et û u-

tililé publique, etc.

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