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FÊTES ET ANNIVERSAIRES

Paris n'est pas tout dans ses monuments et ses améliorations, les fêtes et anniversaires politiques jouent un si grand rôle dans son histoire qu'il pourra paraître curieux de mentionner celles qui furent instituées pendant la période révolutionnaire de n89,

La vieille monarchie avait ses fêtes publiques. Quand les rois entraient dans leurs bonnes villes, on dressait des tentures, on semait des fleurs sous leurs pas. Le vin et l'hydromel coulaient pour le peuple et le monarque poussait la condescendance jusqu'à lui jeter, comme à un mendiant, quelques milliers de pièces de monnaie.

Ce n'étaient pas là des anniversaires ou des fêtes nationales.

Ces sortes de fêtes ne purent prendre naissance que sous la République : elles y furent prodiguées. On les regardait comme de puissants moyens de spiritualiser le peuple, de lui rappeler ses conquêtes et sa dignité. C'était a la fois un enseignement moral p ur son cœur, un spectacle attrayant pour ses yeux, et la nomenclatuie des fêtes que l'on institua daos ce but serait interminable. On peut en juger par l'échantillon suivant qu'en donni Ro«

bespierre dans son fameux discours du 10 floréal an ii.

Fête à l'Etre suprême;

A la Nature;

Au Genre humain ;

Au Peuple français;

Aux Bienfaiteurs de l'humanité ;

Aux Martyrs de la liberté ;

A la Liberté et à l'Egalité;

A la République ;

A la Liberté du monde ;

A l'Amour de la patrie ;

A la Haine des tyrans et des traîtres;

A la Vérité ;

A la Justice;

A la Pudeur ;

A la Gloire et à l'Immortalité;

A l'Amitié et à la Frugalité ;

Au Courage et à la Bonne Foi ;

A l'Héroïsme;

Au Désintéressement ;

Au Stoïcisme ;

A l'Amour;

A l'Amour conjugal,

A l'Amour paternel ;

A la Tendresse maternelle;

A la Pieté filiale ;

A l'Enfance;

A l'Age viril ;

A la Vieillesse ;

Au Malheur ;

A l'Agriculture ;

A l'Industrie;

Aux Aïeux ;

A la Postérité;

Au Bonheur.

La fédération du Champ-de-Mars célébrée le 4 4 juillet 1790 , anniversaire de la prise de la Bastille, fut la première fête vraiment nationale de la Révolution.

Le 21 janvier 1794, un citoyen, s'étant présenté à la barre de l'Assemblée au nom du club des Jacobins, demanda qu'il fût décrété que l'anniversaire de la mort de Louis XVI serait célébré tous les ans et consacré à la liberté ; cette motion, appuyée par plusieurs membres, fut votée séance tenante.

Les cinq jours complémentaires ou^aw*culottides qui term'mdiïeut l'année, furent établies les fêtes de la Vertu, du Génie, du Travail, de l'Opinion et des Récompensest

Après la joarnée du 9 thermidor, Thibaudeau fit décréter une fête anniversaire en l'honneur des amis de la liberté qui avaient péri sur l'échafaud depuis le 31 octobre, jour où les républicains com-

TAHLEAU PnrSlOnE DE

mencèrent à être sacrifiés par l'ombrageuse tyrannie de Robespii^rre. Tou> les députés s'y rendirent en costume, le crêoe au bras. Au ba> de la tribune était placée une urne funéraire couverte de crêpes et de couronne^ funèbres. Sur le socle on lisait ces inscriptions.

« Us ont recommandé a la patrie leurs pères, leurs épouses et leurs enfaut s.

* Aux magnanimes défenseurs de la liherié, morts dans les prisons où sur les échafauds pendant la tyrannie. »

Avant de se dissoudre la Convention nationale, dans un titre spécial du décret qui organisait l'instruction publique, reconnut sept fêtes nationales, savoir :

Le 1er vendémiaire, la fête de la Fondation de la République ;

Le 10 germinal, celle de la Jeunesse ;

Le 10 floréal, celle des Epoux;

Le 1 0 prairial, celle de la Reconnais^ sance ;

Le 1 0 messidor, celle de Y Agriculture;

Les 9 et 40 thermidor, celle de la Liberté;

Le 10 fructidor, celle des Vieillards.

Un décret du conseil des Cinq-Cents, du 48 thermidor an iv, institua d'une manière définitive la fête de la République. Le programme de cette fête caractérise d'une manière toute spéciale l'esprit du temps. Un segment du zodiaque au-dessus duquel était le signe de la Balance s'élevait au-dessus du Cirque. Dès que commença la fête, le Soleil sous le signe d'Apollon, assis sur un char attelé de 42 chevaux, entouré des Heures et suivi des Saisons, chacune sur un char, devait s'avancer dans l'arène et, après en avoir fait le tour, arriver jusqu'au signe de la Balance. A ce moment annoncé par une salve d'artillerie, les emblèmes de la royauté devaient tous s'écrouler, et laisser voir, sur un fut de la colonne, la statue de la République française, appuyée d'une main sur le faisceau départemental, et montrant, de l'autre, la statue de la Liberté. Des symphonies, des jeux, des courses à pied et à cheval, en char, des illuminations, un feu d'artifice et des danses terminèrent la journée.

Un autre du 13 thermidor an v étabht la fête commémorative du 40 août.

Le jour de cette fête les instituteurs de-

voient se rendre avec leurs élèves sur la pi ice publique, et s'enga:»er, à haute voix, en présence des corps constitués, à n'ins pirer à leurs é'èves que des sentiments républicains, du respect pour les vertus, le talent, le courage, et de la reconnaissance pour les fondateurs de la République.

Un décret du 8 thermidor de la même ani.ée régla la célébration de l'anniversaire du 14 juillet.

- L'Empereur créa plusieurs fêtes nationales ; la fête du 1 5 août, jour de sa naissance et de la conclusion du Concordat; une autre fête pour rappeler la victoire de Marengo ; une troisième pour perpétuer le souvenir de la journée d'Austerlitz. Cette dernière se célébrait le premier dimanche de décembre, ainsi que l'anniversaire du couronnement impérial.

Sous le gouvernement de juillet, Paris eut la Saint-Philippe, et les 27, 28, 29 juillet, fêtes nationales.

La république de 4848 célébrait son anniversaire le 24 février, jour où elle fut proclamée, et le 4 mai, jour où l'Assemblée nationale se réunit et l'acclama.

Sous Napoléon III le 45 août redevient une fête nationale.

Le Champ-de-Mars était l'arène habituelle où se célébraient toutes ces fêtes.

Voici maintenant une statistique des fêtes données à l'Hôtel-de-Ville de Paris depuis \^QÇ) jusquen 4838.

Les fêtes municipales données dans le courant des xve et xyi^ siècles, par le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Par-s, consistaient principalement, comme celles du xix«, en réceptions d'apparat, en bals et banquets officiels. Dans ces jours de réjouissance, le peuple prenait, comme toujours, une grande part à la joie publique. Aussi lorsqu'il s'agissait d'une paix avantageuse à la France, après une grande victoire, à l'époque de la naissance ou du mariage de l'héritier de la couronne, à l'entrée des princes oj des ambassadeurs étrangers, l'Hôtel-de-Ville et la place de Grève prenaient-ils un air de fête. On donnait des représentations de mystères, le vm coulait abondamment de toutes les fontaines, et les feux de joie traditionnels n'étaient pas oubliés.

Sauf celles instituées à l'époque de la Révolution française, la plupart de ces fêtes eurent lieu en réjouissance du mariage des rois, ou de la naissance de l'héritier du trône, ou de quelque prince du

HISTOIBE DE PARIS

sang. On en compte près de cinquante dans i'efpace de deux siècles et demi.

En 4 6('6, ]ors de l'entrée d'Henri IV à Paris, fut tiré pour la première fois un feu .^, d'artil:ceen règle. Des châteaux d'artifice, f comme on disait alors, furent construits sur la place de Grève, sur la berge du fleuve et dans l'île Louviers : ils turent attaqués et pris par des sauvages et des satyres au grand ébahissement de la fouie, peu initiée encore aux merveilles de la pyrotechnie.

En 1612 et 1616, des fêtes semblables eurent lieu sous Louis XIII.

Mais ce ne fut qu'à partir du règne de Louis XIV que des fêtes publiques furent régulièrement célébrées à i'Hôtel-de-Ville.

Voici les principales :

1638. — Naissance de Louis XIV.

1660. — Mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche.

1660. — Entrée de Louis XIV et de la reine dans Paris.

1661. — Naissance du dauphin, fils de Louis XIV.

1682. — Naissance du duc de Bourgogne.

4683. — Naissance du duc d'Anjou.

1686. — Naissance du duc de Berry.

1697. — Mariage du duc de Bourgogne.

1704. — Naissance du duc de Bretagne.

1707. — Naissance du duc de Bretagne (2e).

1710. — Naissance du duc d'Anjou.

1725. — Mariage de Louis XV.

1729. — Naissance du dauphin, fils de Louis XV.

1730. — Naissance du duc d'Anjou.

1739. — Fête de la paix.

1743. — Mariage de Louise-Elisabeth, fille de Louis XV, avec le duc de Parme.

1745. — Retour de Louis XV à Paris.

1751. — Mariage du duc de Bourgogne.

1753. — Naissance du duc de Berry (Louis XVî).

1755. — Naissance du comte de Pro- Tence (Louis XVIII).

1757. — Naissance du comte d'Artois (Charles X),

1763 — Fêles delà paix et inauguration de la statue de Louis XV.

1770.--Mariagedudauphin(LouisXVI).

1771. — Mariage du comte de Pro- Tcnce.

1773. — Mariage du comte d'Artois.

1778. — Naissance de Madame, fillede Louis XVI (madame la dau; hine).

1781. — Naissance du dauphin (fils de Louis XVI).

1783. — Publication de la paix avec l'Angleterre.

1785. — Naissance du duc de Normandie, puis dauphin.

1790. — Fête de la fédération.

<791. — Fête de l'acceptation de la constitution par Louis XVI.

1792. — Fête de la fondation de h Republique.

1794. — Fête à l'Etre suprême.

1798. — Fête de la Souveraineté du peuple.

4 801. — Fête delà Paix générale.

1804. — Fête des Serments.

1810. — Mariage de Napoléon avec l'archiduchesse Marie-Louise.

1814. — Entréede Louis XVIIIà Par:-.

1816. — Mariage du duc de Borry.

1820. — Naissance du duc de Bordeaux.

1 821 . — Baptême du duc de Bordeaux.

1823. — Fête pourla guerre d'Espagne.

1824. — Sacre et couronnement de Charles X.

1827. — Fête pour la victoire de Navarin.

1830. — Fête pour la conquête d'Alger.

1848. — Fête de la Coiicorde.

1850. — Fête au lord-maire de Londres après l'exposition universelle de l'indu si rie.

1351. — Fête pour l'érection de l'Empire.

1852. — Mariage de Napoléon III.

Et depuis cette époque la fête à la reine d'Angleterre Victoria, au grand-duc de Russie Constantin, au roi de Piémont et autres têtes princières ou couronnées qui vinrent visiter la France à la suite des triomphes de Grimée.

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