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III. Tableau physique et troisième enceinte de Paris

Pendant cette période, il s'opéra dans Paris de notables changements, qui donnèrent à cette ville quelques marques de grandeur dont auparavant elle était entiè-

(1) Des écrivains du temps disent que les médecins, qui alors étaient tous prêtres ou moines, ordonnaient fréquemment un pareil remèie. Je ne citerai que Jacques de Vitry, cardinal et légat du saint -siège en France, qui dans son Histoire occidentale (lib. 4) dit que les médecins, pour guérir leurs malades, leur ordonnaient les jouissances de l'amour. Dum enim eipletione libidinis corpora propagari asserunt, muUos in forriicationem inducunt.

reraent dépourvue. Si Ton excepte ies ruines du palais des Thermes, quelques églises pour la plupart construites en bois, quelques monastères entourés d'une tnoeinte et construits à la manière des vieilles forteresses, et le sombre palais de la Cité où résidait le roi, le reste de la ville se composait de chaumières dont l'ensemble pourrait se comparer à un de nos plus misérables villages.

Sous Philippe-Auguste , Paris reçut beaucoup d améliorations et une physionomie plus distinguée. Un nouveau genre d'architecture s'y introduisit, et le vaste édifice de Notre-Dame en offrit le premier exemple; plusieurs églises furent, dans la snite, construites dans ce genre , mais avec moins de magnificence. Trois hôpitaux, ceux de la Trinité, de Sainle-Galherine et de Saint-Nicola^-du-Louvre, furent institués, ainsi que deux collèges nationaux, sous le nom de Bons-Enfants, collèges qui, faibles et pauvres, servirent de modèle aux nombreux établissements de cette espèce qu'on verra figurer dans les périodes suivantes.

Le nombre des boucheries s'augmenta, et un marché considérable et clos de murailles, sous le nom des Halles, accrut les revenus du fisc en favorisant le commerce. Le gouvernement commençait à s'apercevoir que ses intérêts étaient liés à ceux des particuliers.

Pour la première fois, quelques principales rues de Paris furent pavées : entreprise salubre, imparfaitement exécutée et très restreinte d'abord, mais dont les avantages furent plus largement répartis dans la suite.

En 1186, Philippe-Aijgusfe fit environner de murailles le cimetière des Innocents. Guillaume le Breton, dans sa Pldlippide, donne ainsi les motifs de cette clôture. « C'était, dit- il, un dépôt général « d'immondices et de SLiletés, qui servait « de lieu d aisance à la plupart des habi- « tanls, et, qui pis est, de Jieu de débau- « cho aux femmes publiques. Ainsi on « faisait une grande injure aux morts, et « l'on profanait un lieu respectable et « sacré (I). »

Deux aqueducs, réunissant chacun les sources de Ménilmonlant et de Belleville, procurèrent aux habitants le bienfait de

(1) Rerueildes Eisioriens de France^ t. X^H, p. 127, vers 440.

leurs eaux ; et, pour la première fois, le faubourg et les quartiers septentrionaux de Paris eurent des fontaines.

Sur la rive droite de la Seine fut élevée une enceinte de fossés et de murailles, siège de la domination royale, effroi des vassaux, prison menaçante, qui ajoutait à la physionomie déjà peu gracieuse de Paris un nouveau caractère de sévérité féodale.

L'enceinte que Philippe-Auguste fit élever autour de Paris et de ses faubourgs donna à cette ville une extension qu'elle n'avait jamais eue, et fut le changement le plus notable qu elle éprouva pendant celte période.

Troisième enceinte de Paris fi). Philippe-Auguste, en 1188, avant son départ pour la croisade, fit plusieurs dispositions, imposa sur le clergé une contribution nommée dixme saladlne, qui excita de grands murmures parmi les chefs ecclésiastiques. Cependant il semblait juste que ceux-lii mêmes qui avaient porté ce roi ii entreprendre cette folle expédition en payassent une partie des frais.

11 ordonna de plus aux bourgeois de Paris de faire, sans délai, travailler à une enceinte de leur ville, composée d'une muraille solide, garnie de tourelles et de portes; ouvrage, dit Rigord , que nous avons vu achever dans un court espace de temps (2).

Il ne s'agit ici que de la partie septentrionale de Paris, qui fut la première entourée de murs, et que Rigord a pu voir achever dans l'espace de quinze ou dix-huit années. En voici la description.

Ce mur d'enceinte, commencé en 1190, partait de la rive droite de la Seine, à quelques toises au-dessus de l'extrémité septentrionale du pont des Arts. Là s'élevait une grosse tour ronde qui, pendant plusieurs siècles, a porté le nom de Tour qui fait le coin.

De cette tour, le mur d'enceinte traversait l'emplacement actuel de la cour du Louvre, longeait la façade occidentale de cette cour, n'était distant de cette façade que d'environ quatre ou cinq toises, et se prolongeait, en suivant la direction de la rue de l'Oratoire , jusqu'à la rue Saint-

(1) Voyez Plan de Paris sous Philippe- Auguste. I

(2) Rifjordus^de Gestis Philippi. Becueil des hi£L~''ns de France, t. XVll, p. 31.

TABLEAU

Honoré, qui portait, vers ce temps, le nom de la Chaionnerie.

Là, le mur interrompa présentait une «ilrée fortifiée par deux tours rondes. Cette entrée se nommait la porte Saint-Honoré. Cette porte se trouvait presque ;i côté du T'Ortail du temple de 1 Orat<)ire. El.e a reçu !e nom de porte aux Aveugles, à cau.<e du voisinage de la maison des Quinze-Vingts.

De cette porte le mur d'enceinte s'étendait entre les rues de Grenelle et d'Orléans, plus près de la première que de la seconde, jusqu'au carrefour où aboutissent les rues de Grenelle, Sartine, Jean- Jacques Rousseau et Coquilliëre. Là était une porte de ville, appelée porte de BahaigT»e ou de Bohème, a cause d'un hôtel voisin ainsi nommé, et porte Coquillier ou Coquillière, à cause de la famille Coquillier qui possédait une maison tout auprès.

De la porte Coquillière la muraille se prolongeait entre les rues de Jean-Jacques Rousseau et du Jour, étant plus près de cette dernière rue que de la première. Ce fut entre ce mur de la ville et l'église de Saint -Eustache que, dans la suite, Charles V fit bâtir une maison, avec jardin et écuries, etc. . nommée Séjour du roi. La rue percée sur l'emplacement de ces bâtiments royaux a reçu le nom de Jour au lieu de Séjour.

Parvenu, à travers ce quartier , jusqu'à la rue Montmartre, le mur d'enceinte laissait à la voie publique un pa.-sage appelé porte Montmartre ou porte Saiiit-Eustache, à cause de la proximité de l'église de ce nom.

Cette porte Montmartre était située en face desno* 15 et 32. L'entrée de la maison portant ce dernier numéro paraît avoir été construite avec les matériaux de cette porte de ville. Dans la troi?ième cour de cette maison, on voit une muraille qui a paru construite aussi avec les débris de cette porte (1).

De la porte Montmartre le mur d enceinte traversait le massif de maisons qui est en face, se continuait derrière le côté septentrional de la rue Mauconseil, suivait la direction de cette rue , et traversait la rue Française , autrefois nommée rue de Bourgogne, à cause de l'hôtel de ce nom, située dans le voisinage.

(1) Dictionnaire des rues de Paris, par d. La Tynna, p. 393.

Dans une maison de la rue Pavée-Saiut- S.;uveur, n» 3. est un jardin où s'élève une tour carrée de 13 pieds de largeur sur 30 de longueur, et dont la hauteur est d'environ 86 pieds. On a dit que cette tour appartenait à l'enceinte de Philippe- Auguste : je la crois d'une construction plus récente, d'abord parce qu'elle a résisté plus longtemps à l'action de» années, ensuite parce qu'elle n'a point les dimensions des autres tours : elle est carrée, tandis que toutes les tours de l'enceinte de Phi lippe- Auguste étaient rondes. Elle faisait vraisembl.iblement partie des bâtiments de l'hôtel de Bourgogne, sur l'emplacement duquel cette tour est située.

Presque à l'angle septentrional , formé par les rues Mauconseil et Saint-Denis, était une porte de ville, appelée porte Saint-Denis ou porte aux Peintres. Un cul-de-sac, situé en face de la rue Mauconseil, a conservé le nom de porte aux Peintres. Lorsque, dans la suite, Charles V eut fait construire sur cette rue une enceinte plus vaste et une autre poite plus distante du centre de Paris, elle reçut le nom de seconde porte Saint-Denis.-

De la portelSaiTit-Denis, le mur perçait le massif des maisons qui sont directement eu face de la rue Mauconseil, enserrait l'emplacement de la rue aux Ours, traversait la rue Bourg-l'Abbé , et allait aboutir à l'angle méridional que forme la rue G renier-Saint- Lazare, en débouchant dans la rue Saint-Martin.

Une porte de ville, précisément bâtie en cet endroit, n'était qu'une fausse porte ou poterne, nommée dans les titres porte de Nicolas Huidelon.

De celte porte , le mur d'enceinte, à travers le massif des maisons situées entre les ruesMichel-le-Comte et Geoffroi-Langev n. allait abouti.- a la rue Sainte-Avoie, entre le coin de la rue de Braque et l hôtel de Mesmes, depuis occupe par l'administration des contributions indirectes ; traversait l'emplacement des bâtiments -et jardins de cet hôtel, et aboutissait dans la rue du Chaume, à l'angle que forme avec cette rue celle de Paradis.

Lk était une porte appelée porte de Braque, parce qu'anciennement la rue du Chaume était ainsi nommée. On la nommait aussi Porte neu\e ou Poterne neuve; car elle n'était qu'une poterne ou fausse porte. On est autorisé à croire que cette porte n'existait point sous Phi-

lippe-Auguste, et qu'elle ne fut pratiquée dans le mur d'enceinte qu'environ un siècle après, sous le rèpne de Philippe le Bel.

De la rue du Chaume et de cette porte, le mur d'enceiiUe suivait à peu près la direction de la rue de Paradis (1), enserrait l'emiplacement 'de l'église et du couvent des' Blancs-Manteaux, se détournait un peu de la ligne de cette rue, à son extrémitéorientale, et aboutissait dans la vieille rue du Temple entre les rues des Francs- Bjurgeois et des Rosiers.

Entre ces deux rues , et sur celle du Temple, se trouvait une entrée, nommée porte ou plutôt poterne Barbette, à cause de l'hôtel Barbette , situé dans le voisinage (2).

De cette porte, et sans interruption, le mur, décrivant une courbe un peu sensible, traversait les emplacements qui se trouvent entre la vieille rue du Temple et la rue Culture-Sainte-Catherine, et aboutissait presque à l'extrémité méridionale de cette dernière rue, en face l'église de Sainte-Catherine- du-Val-des-Ecohers, aujourd'hui transformée en marché public.

Près de là , et sur la rue Saint-Antoine, était une porte, fort connue dans l'Histoire de Paris , appelée porte Baudet ou Baudoyer, et qui, aux quatorzième et quinzième siècles, servait de point de réunion aux oisifs de ces quartiers.

De la porte Baudoyer, le mur d'enceinte traversait l'emplacement de l'église et autres bâtiments de Saint-Louïs, maison professe des jésuites, aujourd'hui église paroissiale de Saint-Louis et Saint- Paul, et collège de Charlemagne. Dans l'acte de donation de cet emplacement faite

(1) « Les anciens murs, lit-on dans Sau- .< val, sous l'an 1413 (t. III, p. 2G5), pas- « saient par la rue de Paraais où il y avait « une lour derrière la maison de Hémon " Raguier, laquelle maison avait appartenu " à messire Jacques de Bourbon.

.1 11 y avait aussi d.s anciens mursdepiiis « la porte du Chaume jusqu'à la porte du « Temple , que messire Nicolas Braque M avait pris du roi à cens. »

(2) On lit aussi dans Sauvai, t. II, p. 265, sous l'an 1413, « que seize toises « environ d'anciens mursdela ville de Paris, " comprenant quinze créneaux , situées le .< long de la maison de Guillaume Barraud, M à la porte Barbette, lui furent données « par le roi. «

aux jésuites par Louis XIII, les anciennes

murailles de la ville sont mentionnées.

Puis le mur d'enceinte passait à travers l'enclos du couvent de l'Ave-Maria , oîj existait encore, du temps de Sauvai , une tour qui servait de chauffoir aux religieuses, traversait l'emplacement de la rue des Barrez, ou l'on perça, dans la suite, une petite porte appelée fausse poterne Saint-Paul, et aboutissait à la rive droite de la Seine. Là, entre les rues de l'Etoiltet Saint-Paul, vers le milieu du massif de bâtiments qui sépare le quai des Ormes du quai des Célestius, et rétrécit le quai en s'avaiiçant vers la Seine, s'élevait une tournelle où fortification, où, dans la suite, on pratiqua une porte nommée porte Barbelle ou Barbéel-sur-l'yeau. Cette fortification terminait à l'est de Paris l'enceinte delà partie septentrionale de cette ville.

Je passe à l'enceinte de la partie méridionale. Suivant les notions fournies par Guillaume le Breton, par \es Chrojiiques de Saint-Dtîiis et par quelques actes authentiques, ce fut vers l'an 1208 que commencèrent les travaux de cette partie de l'enceinte (1) ; l'enceinte de la partie septentrionale devait alors être entièrement achevée.

En face de la Tour qui. fait le coin dont j'ai parlé, tour située près le Louvre sur la rive droite de la Seine , et à l'endroit même du pavillon oriental du collège JNIazarin, aujourd'hui Institut de France, pavillon qui contient la bibliothèque Mazarine, s'élevait une haute tour correspondant avec la première. Cette tour, appelée d'abord tournelle de Philippe-Amelin (2), reçut ensuite le nom de Nesle. Du temps de Philippe-Auguste , elle était une fortification, mais non une porte de ville ; il y en eut une, dans la suite, nommée porte de Nesle. C'était le point où commençait, du côté de l'ouest, l'enceinte méridionale.

De la tour de Nesle, le mur d'enceinte, laissant en dehors l'emplacement de la rue Mazarine et du collège Mazarin, ensuivait

(1) Becueil des Historiens de France, t. XVI,

(2) Sentence arbitrale entre l'évêque dt- Paris et l'abbé de Saint-Germain-des-Pits. Cette pièce est du mois de janvier 1210. Le mur était alors construit du côté du bourg Saint-Germain. (Histoire de Saint-Germain-des-Prés, par dom Bouillard, pièces justificaùves, p. 52.)

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la direction jusqu'au point où le côté oriental de cette rue cesse d'être en alignement, traversait l'emplacement de la rue Dauphine, suivait la ligne de la rue Contrescarpe, et aboutissait à la rue Saint-Andrédes-Ars. Là se trouvait une porte dite dans la suite porte de Buci.

Cette porte, que l'on commençait à construirv.' en 1*209, fat, en cette année,

donnée par le roi aux religieux de l'cbbaye de Saint-Germain-des-Prés, à la charge par eux, est-il dit dans l'acte de donation, de la couNTir de mérain et de tuile, quand elle sera construite (I). afin de les dédommager des terres qu'il avait fallu prendre à ces religieux pour la construction de l'enceinte. Dans l'acte de cession, ce roi nomme cette porte Poterne de nos mm s

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Instruments de musique du xi^ au xill^ siècle.

'Poternam murorvm nostrorum ). En 15.50, CCS religieux la vendirent à Simon Je Buci, premier président au parlement. Depuis elle reçut le nom de Buci, qu'elle a conservé longtemps, et que porte encore une rue voisine.

De cette porte, le mur d'enceinte, laissant en dehors le passage connu sous le nom de cour du Commerce, se dirigeait, jrallèleraent à sa ligne, entre ce passage '. l'hôtel de Tours, et aboutissait rue des Cordeliers, aujourd'hui rue de l'Ecole-de- Medecine, à l'endroit de cette rue où se

voit encore l'ancienne fontaine dite fontaine des Cordcliers. située entre les points où la cour du Commerce et la rue du Paon débouchent dans celle de l'Ecole-de -Médecine.

En cet endroit était une porte appelée porte des Cordelles ou des Cordeliers , porte des Frères Mineurs, à cause du couvent des Cordeliers situé dans le voisinage ; et ensuite porte Saint-Germain,

(1) Pecherches sur Pans, par Jaiilot, t. V, p. Itt.

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ijom qu'elle a conservé, jusqu'à l'époque de sa démolition.

En p;^rlant de celte porte, le mur d'enceinte, traversant les rues de Touraine, de l'Observance, et les emplacements intermédiaires, se prolongeait en droite ligne, entre la rue des Fossés-de-M. -le- Prince et l'enclos du couvent des Cordeliers, puis aboutissait à la place Saint-Michel et à l'extrémité supérieure de la rue de La Harpe. A l'endroit même où cette rue débouche dans cette place, et où se voit la fontaine qui la décore, était une porte de ville qui a reçu différents noms : ceux de porte Gibert ou Gibard, nom que portaient la place Saint-Michel et un pressoir situé rue d'Enfer ; porte de Fert, Ostium Ferti ou d'Enfer. Dans les Gestes des évoques d'Auxerre, ou lit : porte d'Enfer, anciennement nommée de Ferte ; Poîia inferni, qux antiqvUus solebat nominari de Ferio (1). En 1394, Charles VI donna, dit-on, à cette porte le nom de Saint-Michel, en mémoire de la fille qu'il eut d'Isabeau de Bavière, fille appelée Michelle.

Delà porte Saint-Michel, le mur d'enceinte longeait l'enclos du couvent des Jacobins, et lui servait de mur de clôture au sud-ouest et au sud. On voit encore, sur l'ancien emplacement de ce couvent, sur celui des propriétés voisines, une grande partie de ce mur qui allait aboutir à la rue Saint-Jacques. Vers le milieu de l'espace qui se trouve entre les rues Soufflot et des Fossés-Saint-Jacques, était une porte appelée de Saint-Jacques, parce qu'une chapelle ainsi nommée, située sur l'emplacement du couvent des Jacobins, donna son nom à la rue, à ce couvent et à la porte. On l'appela aussi porte de Notre-Damedes-Champs, parce qu'on y passait pour aller au faubourg et au monastère de ce nom.

De cette porte, le mur d'enceinte se prolongeait sur les emplacements qui sont au nord, et à environ 10 toises du côte septentrional des rues des Fossés-Saint-Jacques, de l'Estrapade, et, ayant enserré la n^aison, l'église et les jardins de Sainte- Geneviève, aboutissait à la rue Bordet, où se trouvait une porte de ce nom.

Cette porte, nommée Bordet, Bordel, Bordellc, et porte de Saint-Marcel, parce qu'on y passait pour aller au bourg de

(1) Recherches sur Paris, par Jaillot, t. V, p. 80.

ce nom, était située dans la rue Bordet, à environ 12 toises du point où cette rue débouche dans celle de Fourci.

De la porte Bordet, le mur d'enceinte suivait la direction de la rue des Fossés- Saint-Victor. Entre le côte occidental de cette rue et ce mur, il se trouve un espace d'environ 15 toises, espace enciennement occupé par les fossés. Dans les cours de quelques maisons de cette rue on voit ce mur bien conservé. Lorsqu'on a percé ki rue de Clovis, qui conduit de la place Sainte-Geneviève et de la rue Bordet à la rue des Fossés, l'on a coupé ce mur; on en voit l'épaisseur qui est d'environ 12 pieds, ou plus de 3 mètres, dans sa partie inférieure. Il traversait l'enclos du collège de Navarre, aujourd'hui Ecole Polytechnique, s'étendait jusqu'à la rue Saint-Victor où était une porte de ville appelée porte Saint- Victor, à cause de sa proximité de l'abbaye de ce nom.

Cependant il ne faut pas croire que les parties existantes de ce mur soient toutes du temps de Philippe-Auguste; plusieurs de ces parties ont, à différentes époques, été reconstruites depuis ce régie.

La porte Saint-Victor, rebâtie en 1570, et démolie en 1684, était précisément située dans l'espace qui se trouve du côté noid de la rue, entre les n^s 68 et 70, et du côté du sud, entre les n^s 83 et 85, et entre les extrémités inférieures des rues des Fussés-Saint-Victoret d'Arras. plus près de cette dernière rue que de la première.

De la porte Saint-Victor, le mur traversait l'emplacement du séminaire des Bons-Enfants, depuis nommé de Saint- Firmin, ceux de divers chantiers, et s'étendait en droite ligne jusqu'au bord de la Seine, dans une direction parallèle à celle de la rue des Fossés-Saint-Bernard; cette rue est, dans toute sa longueur, séparée du mur par un intervalle d'environ vingt-cinq toises.

A l'endroit où le mur aboutissait à la rive de la Seine était une porte et fortification appelée la Tournelle; cette fortiiication terminait le mur d'enceinte de la parlie méridionale de Paris.

La foi t jresse de la Tournelle se trouvait directeUienL en face de celle de Babelle sur l'eau, située sur la rive opposée. Entre ces deux points était un large intervalle qui se comi osait de deux bras de la Seine et de l'île dite aujourd'hui de Saint-Louis.

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