‹ Histoire de ParisChapitre 49 sur 261 · TA BLE AI · texte numérisé non relu

TA BLE AI

Ou ignore quel n.oyen employa Phi!i?pe- Augiiste pour fermer cette large entrée de Par'ïs : mais on sait que dans la suite elle fut suffisamment fortifiée. J'en parlerai en son lieu.

Suivant nn devis tiré d'un registre de Philippe- Auguste . l'enceinte merid onale, ou, comme 'le porte ce devis, le mur du côte du Petit-Pont, avait douze cent soixane toises d'étendue. Chaque toise fut pavce à raison de cent sous, y compris les tourelles , dont l'épaisseur devait être pareille à celle du vieux mur bâti dans la Ijartie du Grand-Pont, c'est-à-dire dans la partie septentrionale (\).

Par ce devis, au-dessus du gros mur.

devait s'élever un parapet de trois pieds de hauteur, disposé en créneaux. Le prix de ces travaux se montait à la somme de sept mille vingt livres.

Le même devis nous apprend que le mur de l'enceinte méridionale était percé de six |)ortes, dont chacune fut payée cent vingt livres. Ces six portes étaient celles de Buci. de Saint-Germain, de Saint-Michel, de Saint-Jacques, de Bordet et de Saint- Victor. Il résulte de ce nombre délerminé par le devis, que les deux tours situées sur la rive gauche de la Seine . celles de la Tournelle et de Nesle, n'étaient point sous Philippe-A'îguste , comme elles le furent dans la suite, des portes de ville (2).

Nous n'avons point de pareilles notions sur l'enceinte de la partie septentrionale de Paris; mais il est certain que, dans cette partie , le nombre des portes ou poternes n'excédait pas, sous Philippe-Auguste, celui de sept. Les deux fortifications situées sur la rive droite de la Seine, celle de Barbelle sur l'eau et celle de la Tour qui fait le coin , du temps de ce roi , n'avaient point de portes.

(1) Ce de\ns porte ces mots : Cum Tornellis de sinssitudine ' teteris mûri ex parte ttayni Pontis. M. Bonami et quelques autres écrivains ont cru que ces mots mûri velrris dé-i<i"a'ent une enceinte antérieure à celle de Philippe-Auguste : il est érident qu'il ne s'agit ici que de l'enceinte de la partie septentrionale, appelée du Grand-Pont, enceinte construite emiron dix-huit ans avant celle de la partie méridionale, nommée du Petit-Pont, et dont il est question dans ce devis.

(2) Voyez ce de%'is dans les Mémoires de l Académie des Inscriptions, t. XXXII, p. 800.

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Ainsi, dans l'enceinte entière, on comptait treize portes ou poternes: la muraille, couronnée de créneaux, fortifiée, à peu près de vingt en vingt toises, de tours rondes engagées dans le mur. n'était, dans son origine, défendue par aucun fo-sé (Ij. Plus de trente années furent employées à sa construction : îa partie septentrionale, commencée en l'an -1190 . ne fut achevée, à ce qu'il paraît . qu'après di?>huit ans ; la partie méridionale , commencée en l'an 1208. dut coûter au moins quinze années de travaux, et se terminer a la fin du règne de Philippe-Auguste.

Quoique ce roi n'eût point fait construire à ses hais l'enceinte de Paris, en vertu de sa royauté il s'en appropria les murs et leurs "dépendances, qui. dans divers titres, sont qualifiés de murs du roi : ainsi il fortifia cette ville: et , sans aucune mis? de fonds, il accrut les revenus de son fisc en soumettant aux perceptions des entrées un plus grand nombre d'habitants. I\ ne borna pas la ses envahissements : il se prétendit seigneur de tous les terrains contenus entre les'nrurs d enceinte. Cette prétention fut une source d'altercations entre ce roi et les seigneurs de Paris, tous seigneurs ecclésiastiques, et par conséquent peu disposés à céder la moindre partie de leurs droits, de leurs revenus sacrés : les débats qui s'élevèrent k ce sujet durèrent au-delà du règne de Philippe-Auguste.

L'espace compris entre les murs d'enceinte se composait en grande partie de champs en culture , de vignes , de prés et d'enclos.

Pendant ce règne. Paris et ses environs éprouvèrent plusieurs calamités.

En d'cembre 1206, la Seine déborda extraordinairement. et causa de grands ravages dans cette ville. Les contemporains n'avaient jamais vu un pareil débordement : le Petit-Pont et L's maisons construites dessus furent entraînés par la force du courant, ainsi que plusieurs maisons de la ville. Les eaux s'élevaient jusqu'au deuxième étage ou deuxième plancher de ces maisons : on ne pouvait communiquer des unes aux autres qu'en bateau.

Henri, abbé de Saint-Denis, accompagne d'une procession composée de prêtres et de laïques qui marchaient les pieds nus,

(1) Mélanges d'Histoire et de Littérature^ par M. Terrasson, p. 118 et suiv.

vint au secours de la ville : il portait le saint clou, la sainte couronne et le très saint bois, dit Rigord : il donna sa bénédiction à la Seine, qui depuis diminua sensiblement (1).

En l'année 1221 , Paris et les lieux circonvoisins furent affligés par une extrême famine et par d'affreuses tempêtes. Pendant la foire appelée Lendit, qui se tenait près de Saint-Denis, il s'éleva de fréquents et violents orages; dans l'espace de huit jours, tant dans le Beauvoisis que dans le pays parisien, on compta quarante hommes tués par le tonnerre. Un voiturier et son cheval, en sortant de la foire du Lendit, périrent frappés par la foudre.

Au château de Pierrepont, pendant que le prêtre disait la messe, le tonnerre toniba dans l'église avec tant de violence que cinq hommes furent frappés mortellement, et vingt-quatre autres dangereusement blessés. La foudre tomba sur l'autel, mit le calice en pièces; mais l'eucharistie, dit-on, ne fut point endommagée (2).

Le tonnerre tomba aussi à Paris sur l'aumônerie de Notre-Dame, ou l' Hôtel-Dieu, et, le même jour, sur l'aumônerie deSaint- Etienne-du-Mont (3).

(1) Recueil des Historiens de France, t. XVII, p. 68, 69, 81; t. XVIII, p. 620, 771, 793.

(2) Le tonnerre tombe fréquemment sur les édifices des églises, parce qu'ils sont plus élevés que les autres ; il atteint les vases sacrés du temple, parce que leur métal l'attire. «Eu juillet 1160, il tomba sur l'église « du Saint-Sépulcre à Cambrai, y fit beau- M coup de dégâts, ébranla l'autel, rompit la .« figure de Dieu placée au-dessus du sé- '< pulcre, la réduisit en poussière, et fit " plusieurs autres maux. » (Lamberti Walerlosii Chronic. Cameracens. Recueil des Historiens de France, t. XIII, p. 520.)

" Le 3 décembre 1817, le tonnerre tomba « sur une église des environs de Chiavai'i, u et fit de grands ravages dans l'intérieur. K Le grand autel, et surtout le tabernacle " et tout ce qu'il contenait, furent détruits." [Journal du Commerce, 30 décembre 1817.) Le tonnerre obéit aux lois de la nature, et ne respecte aucun culte.

(3) Guillelmi Armorici historia. -Recueil des Historiens de Fjrance, t. XVII, p. 774, 775.

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