‹ Histoire de ParisChapitre 74 sur 261 · HARLES V H · texte numérisé non relu

HARLES V H

six figures de personnes de la famille de Dormans.

Au commencement du seizième siècle, ce collég3 devint public. Il fut entièrement reconstruit sous le règne de François leiv et réuni en I o97 au collège de Presles, qui était continu : il porta alors le nom de Presles-Beauvais. Il en fut séparé en 1699, et prit le nom de Dormaus- Beauvais. Au dix-septième siècle, il passait

La croix du trahoir.

^ ar un des collèges les plus florissants de 1 Université. Ses bâtiments servent auiuuii'hui à une école primaire.

Collège de Presles. situé dans la même rue que le précèdent, et auquel il ^tait contigu. Il fjt fonde, vers le mèoie temps, par Raoul de Presles, conseiller et poète du roi Charles V.

Ce fut dans les caves de ce collège que Pierre Ramus, célèbre professeur de son lerTips, vir.t se cacher pour se soustraire aux poignards de ses ennemis pendant les massacres de la Saint-Barthelemi. Jacques Charpentier l'en 0t arracher par des'as-

II DULAIT.E,

I sassins à S95 ordres. Ramas voulut lachej ter sa vie en leur offrant une somme d'ar- I gent. La somme fut acceptée, mais Ra- I mus n'en fui pas moins poignardé, et son ; corps, jeté par les fenêtres, fiit traîné dans I les rues de Paris par les écoliers de ce , même collège, qui furent excités à celte i action barbjre par leurs professeurs.

I Collège de Maitre-Geiwais, dit aus.çi ; de Notre-Dame de Baveux, situé rue du Toin-Saint-Jacques, iW U. H fat fonde j vers l'an 1370 par maître Gervais-Chrej tien, « souverain médecin et, astrologieD I « stipendié et moult apprécié du roi Chai-

dit Simon de Phares, ; somme de 10,000 livres qu'ils devaient

a les-le-Quint,

dans son Catalogue des principaux astrologues de France. Ce roi avait pour lui tant de vénération, qu'il voulut que son collège portât le nom de Maître-Gervais, parce que ce médecin conçut le projet de le fonder. Charles V le fit bâtir à ses frais, le dota, voulut qu'on y enseignât l'astrologie, lui donna des livres et des instruments relatifs à cette vaine science, fit confirmer cette fondation par le pape Urbain V, y fonda deux bourses pour des écoliers à qui on enseignerait la médecine et l'astrologie, et fit lancer anathème contre ceux qui oseraient enlever de ce collège les livres et les instruments qu'il y avait placés (1).

Cette singulière fondation, et la qualification d'écoliers du roi que portaient les boursiers, ne furent pas respectées dans la suite ; en 1 699 on supprima les bourses, et on mit le collège sous la direction de deux docteurs de Sorhonne. En 1763 il fut r'éunià l'Université, et ses bâtiments ont depuis été convertis en une caserne.

Jacques Tournebu, principal de ce collège, fut, en 1545, assassiné par Raoul Lequin d'Archerie, greffier de la prévôté de Saint-Quentin, que le parlement, le 19 septembre de cette année, condamna à avoir le poing coupé; à être pendu à la place Manbert, à fonder une messe dans la chapelle de ce collège, et à fournir aux frais d un tableau qui fut placé dans ladite chapelle (2).

Collège de Daimville, situé rue de la Harpe, en face de l'église de Saint- Côme. Il lut fondé, en 1380, par Michel de Daimville, archidiacre de l'église d'Arras, clerc ou chapelain de Charles V, pour douze écoliers, six du diocèse d'Arras, et six de celui de Noyon. En 1763 il fut réuni à l'Université. Ses bâtiments ont depuis été convertis en maison particulière.

Petit-Pont. Renversé dans les années 885, 1196,1206, 1276, 1280, 1376, 1393, il fut reconsiruit en 1394. Une partie de l'amende à laquelle les juifs furent condaumés servit aux frais de sa reconstruction. L'arrêt porte que sur la

(1) Dissertations de l'Histoire ecclésiastique et civile de Paris, par l'abbé Lebeuf, tom. III, pag. 449, 450. "

(2) Registre de la Tournelle criminelle , coté 85.

payer, il y en aurait 9,500 « employées à « un pont de pierres qui se commencerait « à une tour qui est à Petit -Pont, et s'aoc dresserait devant l'huis de derrière « l'Hôtel-Dieu. » Ce pont tomba en 1 405, fut rétabli, et retomba en 1408. Dans la section suivante je parlerai de sa reconstruction.

Ces fréquentes chutes de ponts prouvent l'ignorance des constructeurs, leur attachement respectueux pour la routine et les vicieuses méthodes de leurs anciens maîtres.

Pont Saint- Bernard -aux -Barrés.

Charles V, lorsqu'il s'occupait à fortifier Paris, fit construire un pont en bois, en deux parties, dont l'une, partant du quai et de la forteresse de la Tournelle, aboutissait à l'île Saint-Louis, divisée alors par un fossé, et fortifiée par la tour de Loriaux ; l'autre partie de ce pont partait de l'île Saint-Louis, et aboutissait au quai des Ormeû, en face de la rue de l'Etoile, à l'endroit oii se trouvait la porte Barbette. Chacune des deux parties de ce pont avait sa porte. On y travaillait dans les années 1370, 1371, comme le témoignent plusieurs articles des comptes de l'Hôtelde-Ville, rapportés par Sauvai. Il n'en est plus fait mention dans la suite.

Ce pont fut, à ce qu'il paraît , emporté parles eaux, ou détruit par les hommes pendant les règnes suivants.

Po.NT Saint-Michel, qui communique de la place oii viennent aboulir les rues de la Vieille-Boucherie, de la Huchelte, de Saint-André-des-Ars, etc., à la rue de la Barillerie en la Cité. M. Jaillot voudrait prouver qu'il faisait partie du prétendu troisième pont, bâti par Charles le Chauve, que d'autres écrivains placent beaucoup plus bas : il ne peut convamcre, mais il prouve très bien que ce pont existait vers le milieu du treizième siècle, et portait le nom de Pont-Neuf. On ne sait a quelle époque il fut détruit. Je présume que ce fut en 1326, temps auquel, suivant les Chroniques de France, deux ponts en bois furent renversés par la débâcle qui suivit le très rigoureux hiver de cette année (1); mais on a la certitude que Charles V le fit reconstruire, et en chargea Hugues Aubriot, capitaine et prévôt de

(1) Chroniques de France, t. II, p. 143, recto.

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