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SOLS CHARLES VI

.lis, qui employa aux travaux de celte i.^truction tous'lesjoueui-s et vagabonds cette ville. Ce pout fut construit en -Très; mais il n'en fut pas plus solide. Dans ces temps de féodalité, il n'e^t . -çr-que aucun établis.vement de Paris qui i.ait trouvé des oppositions de la part des ' ;;eigneurs de cette ville. La construction de ce pont était avancée, déjà deux maisons s'élevaient sur les premières arches, lorsque les moines de Saint-Germain-des- Pres vinrent s'opposer à la continuation de- travaux, en déclarant que le pont, les maisons qu'on bâtissait dessus, la rivière, sou fond , ses rives , ainsi que leurs revenus, leur appartenaient, en veitu de la donation que leur avait faite le roi Childebert. Il fallut plaider : le procès fut de longuedurée, il n'était pas terminé en 1393. On ignore quelles concessions, quels arrangements mirent fin à cette affaire ; mais l'on sait que le pont fut continué et termmé en 1 387, sous le règne de Charles VI : on h nomma d'abord le"Po:;t-Neuf. Christine de Pisan dit de Charles V, « qu'il or- « donna à faire le Pont-neuf, et en son « temps fut commencé. »

Ce pont, peu solidement construit, fut, le 3! janvier 1408, entraîné par les glaçons. .Je parlerai dans la période suivante de sa reconstruction.

HÔTEL-DE-ViLLE, situé piace de Grève.

On a va ci-dessus l'origine, les accroisse- ' ments, les vicissitudes de l'mstilution municipale de Paris; institution dont le commerce fournil les premiers éléments.

L'association appelée la Confrérie de la marchandise, des marchands par eau ou la Hanse de Pans, fut, par la succession des temps, transformée en municipalité dont les membres reçurent le vieux titre d'échevins, et le chef, celui de prévôt des marchands. Je ne reviendrai pas ici sur cette institution, et ne m'occuperai quedes lieux ou elle a été établie.

La première maison connue où se tenaient les réunions de la Hanse de Paris était située à la Vallée de Misère, près la pkce du Grand-Chàtelet : on la nomma la maison de la marchandise. Ensuite, le heu des séances ayant été transfère dans une autre maison ptu éloignée de la première et située entie le Grand-Chàtelet et lé

place Samt-xMicheJ et la rue Saint-Jacques, dans une espèce de fortification faisant partie de l'enceinte de la ville. Ce lieu reçut, comme le précédent, le nom de parlouer aux bourgeois fi ).

Enfin, le 7 juillet 1337, les bourgeois de Pans achetèrent une maison située sur a piace de Grève, qu'avait acquise Philippe-Auguste, et qui portait le nom de maison aux piliers, parce qu'elle était en partie supportée par une suite de gros })ihers. Elle fut aus^^i appelée maison au dauphin, parce que Philippe de Valois, qui en avait fait don ii la reine, veuve du roi Louis le Hutin, la dépouilla ensuite de cette propriété, pour en gratifier Guv, dauphin du Viennois, et ses successeurs, pnnces souverains du Dauphine.

Cette maison, quoique possédée ou habitce par des souverains, était fort simple, et ne différait des maisons bourgeoises dont elle était voisine que par deux tourelles. Elle fut pourtant, jusqu'en lo32. le lieu où les échevios tenaient leurs assemblées, et où habitait le prévôt des marchands. Le corps municipal, dès qu'il en fut propriétaire, y fit exécuter diverses réparations, et l'on voit, dans un compte de '1368, qu'en cette année Jean de Biois fut chargé de l'orner de peintures. On entrepnt, en '1532, de reconstruire cette maison de ville sur un plan plus vaste. Je parlerai en son temps de cette reconstruc-

tion.

m. Paris sous Charles VL

glise, depuis longtemps détiuite, deSaint- Uufroi, elle fui nommée le parlouer aux

?res de 1 enclos des Jacobins, entre la |gm,. (loyer ci-après, artide Porres rfe Pan. .

Charles V étant mort, le 16 de septembre 1 380, des suites du poison que, dil-on, vingt ans avant, le roi de Navarre lui avait fait prendre , son fils aîiié, qui n'avait quj douze ans, lui succéda aussitôt. C'est un grand malheur pour une nation dépourvue de garantie, hvrceau par despotisme, d'avoir un enfant pour souverain.

Ceux qui gouvernent à sa place, n'étant

(1) Dans les ancieus plans de Paris, on voit tine vieille fortification placée dans le fossé de la ville, entre la pone Saint-Michel et la porte Saint-Jacques; elle existe dans le jardin de l'hôtel de Brabant, rus Saint- Hyacinthe, no 15. EHe excède d'environ quarante pieds l'alignement de la muraille de la \ille. Ses murs sont épeionués de chaque côté par des contreforts. Il est très vraisemblable quf, là était le parlouer au . bow

ne

contenus par aucun frein, par aucun res- i par de grands seigneurs qui pillaient, incendiaient les campagne», torturaient leurs habitants, poussaient l'inhumanité jusqu'à faire rôtir les enfants pour tirer de l'argent de leur père (1); les factions des Bourguignons, des Armagnacs, qui déchiraient le peuple en s'entre-déchirant ; des guerres continuelles, et leurs effroyables résultats; les armées anglaises qui envahissaient la France et le trône, très mal défendus par la noblesse : tels sont les principaux traits du tableau de ce règne, où l'on vit renaître et se multiplier tous les désordres, toutes les abominations des onzième et douzième siècle. La civilisations, encore peu avancée, sembla rétrograder et la carrière s'ouvrir librement à tous les forfait» de la féodalité.

La démence du roi, les galanteries et les intrigues de la reine, l'ambition de plusieurs princes, n'auraient point si cruellement tourmenté la nation française, si son gouvernement eût été plus solidement constitué.

Parmi tant de troubles et de maux, Paris ne dut guère s'enrichir de nouvelles instit ut ions : voici la notice de celles qui s'établirent ou s'accruient pendant ce règne.

Salnt-Geuvais, église paroissiale, ^aujourd'hui secondesuccursalede la paroisse de Notre-Dame, située rue du Monceau- Saint-Gervais. J'ai déjà consacré à cet établissement religieux deux articles où j'ai exposé son origine, son accroissement, et les divers détails historiques qui le concernent.

Sous le règnede Charles VI, cette église fut reconstruite; en 1420, on en fit la dédicace. Sa construction est un exempledes altérations qu'au quinzième siècle subit l'architecture sarrasine; elle avait alors acquis tous les raffinements, toute la délicatesse dont ce genre d'architecture peut être susceptible. Les voûtes sont très élevées, très hardies, et en quelques endroits offrent un tour de force qui n'est pas sans exemple dans les églises de Paris. On y voit les nervures des voûtes se réunir en faisceau, se courber et former en s'a baissant ce qu'on appelle une clef pendante ou cul-de-lampe. De telles hardiesses étonnent . plus qu'elles ne plaisent. ;

pect humain, a;;cune responsabilité, pas même morale, s'abandonnent à leurs passions, font lemalau nom du roi, souillent sa réputation de tous les crimes qu'ils commettent, et jettent l'Etat dans des embarras dont ils ne cherchent point à le tirer. Ces réflexions sont particulièrement anplicables à ces temps encore barbares. Cnarles VI fut enfant pendant une grande partie de son règne, règne très fécond en calamités, en désastres et en scélératesses.

La jeunesse de ce prince, l'ambition de 'Ses trois oncles, qui se partagèrent, puisse disputèrent l'autorité ; l'état de démence où tomba ce roi, et qui se maintint pendant une grande partie de son règne ; l'humeur factieuse et galante delareine5on épouse, l.>abeau de Bavière; la perfidie d'un grand nonîbre de seigneurs, et les guerres que les Anglais ne cessèrent de faire à la France , furent autant de sources de malheurs pour les Français.

Soùsle règne modéré du précédent roi, les Français avaient joui de quelque repos; mais à la mort de ce piince, les vieilles et turbulentes habitudes de la noblesse, contenues par Charles V, reprirent leur cours sous le règne de son successeur, et firent cruellement sentir le vice des gouvernements absolus (1). Des impôts excessifs, impatiemment supportés, enfantèrent des séditions; et les séditions, des actes d'une sévérité exorbitante. L'autorité punissait les délits qu'elle avait causés.

Du milieu de ces désordres sortirent néanmoins quelques lois sages, mal exécutées : je ne les citerai pas; mais je ne puis omettre l'ordonnance que Charles VI rendit le 20 avril 1 402, par laquelle il prescrit au parlement de ne point obéira ses ordres verbaux, lorsqu'ils seront transmis par ses officiers ou autres personnes.

Des querelles très vives, entre des moines et l'Université, pour des sujets misérables, vinrent m-îler leur ridicule au sentiment douloureux qu'inspiraient les crimes des aucbitieux et l'extrême misère des peuples. Des réjouissances et des fêtes, parmi les horreurs de la famine et des maladies épidemiques ; des paix jurées et violées ; des processions et des massacres ; des actes de dévotion et des assassinats ; des armées de brigands, nommées grandes compagnies, écorcheurs,etc., commandées

(1) Voyez dans ia présente période, § 9 et 1 0.

(1) " Ils rôtirent hommes et enfants au <■ feu, quand ils ne pouvaient payer leur « rançon. » [Journal de Paris, sous les règnes de Charles VI et Charles Vil, page 3ô.)

iOL'S CHARLES VI

Loi vitiaux de cette église, quoique

(l'gradés en plusieurs parties, méritent , qu'on s'y arrête. Les uns sont l'ouvrage de Pinaigrier, peintre célèbre eu ce genre; ils ont été faits en 1527 et L"330 ; les autres sont sortis, en 1o87, du pinceau de Jean Cousin.

On ne doit pas oublier de voir la cha- 11e de la Vierge, située au rond-point ' l'église, ni de remarquer la délicatesse de sa construction.

Cette égliîC, où se voit uu tableau récent, représentant l'Annonciation, par M. Lordon. en contenait plusieurs autres peints par de grands maîtres, tels que Bourdon, Champagne et Lesueur. Elle contenait aussi les cendres et monuments funèbres de personnes dist nguées •. du traducteur Pierre du Ryer, du poète Paul Scarron, de l'abbé de Boisemont.et du pein'.re Philippe de Champagne. On y remarquait le n.ausolée fastueux de Michel Letellier, sa figure à genoux, et son épita- !je, où se lit cette phrase caractéristique : Enfin, à l'âge de 83 ans, le 30 octo- - l)re 168o, huit jours aprèsqu'ileut scellé « la révocation de 1 édit de Nantes, conu tent d avoir vu consommer ce grand ou- •^ vrage... il expira. »

On y voyait aussi le monument funélaire érigé par ordre du roi, et sculpté par Lemoine, de Prosper Jolyot de Crebillon. poète tragique, mort le 17 juin 1762. J'ai parlé à l'article de Saint-Jean-de-Lalran, des honneurs que les acteurs des divers théâtres de Paris rendirent, dans cette église, à la mémoire de ce poète.

Le portail de cette église est dans le genre grec, et diffère entièrement de l'architecture du reste de l'édifice. Louis XIII en posa laprenàèrepierrele24 juilletl616. Il tut élevé sur les dessins de Jacques Debrosses, architecte du palais du Luxembourg, et fut achevé en 1621.

Il présente trois ordres élevés l'un sur l'autre ; le dorique, l'ionique et le corinthien. Maigre quelques défauts de détails, surtout dans l'ordre dorique, malgré les trois étages d'ordonnance, alors fort usités pour les façades des églises, ce portail, d'un bel effet, est digue de la réputation de son auteur, et n'a besoin, pour être apprécie, qued'une place plus vaste qui permette de le considérer sous son vrai point devue(l).

(Ij La place qni est devant cette église,

Chapelle et Hôpital des Orfèvres,

ou de Saint-Eloi, situés rue des Orfèvres, nos 4 et 6. Les orfèvres de Paris achetèrent, en l'an L399, une maison dite l'IIÙtel desTrois-Degrés, y établirent une chapelle et un hôpital clestiné aux pauvres ouvriers de leur profession. La chapelle et l'hôpital n'étant construits qu'en bois durèrent peu, et furent, en 1566, rétablis en maçonnerie solide. On y voyait plusieurs figures sculptées par le' célèbre Germain Pilon, telles que celles de Moïse, d'Aaron et des apôtres. Cette chape le a subsiste jusqu'en 1786, et son emplacement est devenu une propriété particulière.

Confrérie de la passion de Notre- Seigneur, établie dans les bâtiments de l'hôpital de la Trinité, rue Saint-Denis, au coin de la rueGrenétat.

Le théâtre français doit son origine à cette confrérie. C'est dans l'hôpital de la Trinité que, pour la première fois, depuis les commencements de la monarchie, fut établi un théâtre permanent. Auparavant on voyait quelques spectacles ambulants, des jongleurs qui chantaient et s'accompagnaient avec la vielle ou le violon, des baladins qui faisaient danser des singes et autres animaux, des faiseurs de tours de force ou d'adresse, et surtout, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, des funambules étonnants 11). Des tragédies la-

quoique fort étroite, était encore retrécie par un arbre planté depuis longtemps, souvent renouvelé, et appelé l'orme de Saint- Gervais. Guillot, dans son Dictionnaire des rues de Paris, le désigne ainsi :

Puis la rue du cimetière

.Sainl-Gervais et l'ourmetiau (le pelil orme).

Les omies plantés devant les églises étaient d'un usage général autrefois : à l'ombre de cet arbre on se réunissait après la messe. Les juges y rendaient la justice, et l'on y payait les rentes. Daus un compte de 1443, on trouve une déclaration de vignes et terres, appartenant au duc de Guyenne, à cause de son hôtel, situé près de la Bastille ; ceux qui les tenaient étaient obligés de « payer la rente à l'orme Saint- Gervais, à Paris, le jour de Saint-Remi et à la Saint-Martin d'hiver.»-

(1) Christine de Pisan en parle avec admiration. Un d'eux voltigeait sur une corde tendus depuis les tours de Notre-Dame jusqu'au Palais : il semblait qu'il volât, ditelle ; aussi l'appelait-on le voleur. Un jour,

■;îl

fines, dont le sujet était le Martyre ou les miracles de quelques saints, se jouaient, dans quelques monastères, le jour de leur fête; mais, avant l'établissement de cette confrérie, on n'avait jamais vu à Paris un théâtre où l'on représentât une action dramatique en langue française.

Ces confrères ou comédiens se fixèrent d'abord dans le bourg de Saint-M a ur-d es- Fossés, y dressèrent un théâtre, et représentèrent des scènes dont le sujet était la passion de Notre-Seigneur Jésus-Ch.ist.

Le prévôt de Paris, par ordonnance du

3 juin 1398, fît défense aux habitants de son anondis.-:ement, et notamment à ceux de Paris, de se rendre à ce spectacle, sans une permission expresse du roi. Les confrères s'en plaignirent à Charles VI, qui, ayant assisté à leur représentation, en fut si satisfait, que, par lettres patentes du

4 novembre 1402, il leur permit de continuer leurs représentations dans Paris et dans les environs de cette ville, et de se montrer dans les rues vêtus de leur costume théâtral. Ils commencèrent en conséquence à jouer leurs mystères, à certains jours, dans différentes maisons; ils se fixèrent enfin dans la grande salle de l'hôpital de la Trinité, et prirent le titre de Maîtres gouverneurs et confrères de la passion et résurrection de Notre-Seigneur (1).

Ce roi leur accorda plusieurs privilèges, se déclara leur protecteur dans des lettres où il les traite de ses frères; ce qui a fait croire qu'il était lui-même agrégé à cette confrérie.

Les religieux d"Hermières, qui desservaient alors l'église de l'hôpital de la Trinité, concoururent à l'établissement des confrères, en leur louant une salle destinée aux malades ; cette salle avait vingt et

eu exécutant cette danse périlleuse, il se laissa toaiber. Ce funambule n'est certainement pas le même que ce Génois qui, à l'entrée de la reine Isabeau de Bavière à Paris, tendit une corde, fixée à la cime d'une tour de Notre-Dame, et à une maison du Pont- Notra-Darae, descendit, pendant la nuit, sur cette corde, en dansant, et tenant un flambeau à la main, vint, au moment où cette reine passait sur ce pont, lui poser une couronne sur la tête, et remonta aussitôt d'où il était parti. Sous Louis Xll, im funambule, nommé Georges Mcnustre, faisait des tours pareils.

(1) Voyez ci-dessus, Hôpital de la Trinité,

une toises de longueur sur six toises de largeur.

Les confrères y représentaient des pièces appelées Mystères, Moralités. Dans ces compositions dramatiques, aucune règle n'était observée : elles offraient une suite de scènes calquées sur les Evangiles, sur les Actes des Apôtres ou sur la vie de quelques saints, écrites en vieux français rimé, et où se trouvaient, parmi des expressions grossières et ridicules, des passages dont l'indécence était d'autant plus révoltante, qu'elle s'appliquait à des objets plus vénérés.

Néanmoins, ce spectacle protégé fit fortune a Paris; et les curés des paroisses de cette ville, afin d'en faire jouir leurs paroissiens, et d'en jouir eux-mêmes, a\ancèrentcomplaisamment l'heure des verres.

La représentation de ces Mystères se donnait les jours de dimanches et de fêtes, commençait à une heure après midi, et se terminait à cinq heures. Le prix des places était de deux sous par personn(\ .le donnerai, sous les règnes suivants, de plus amples détails sur l'état de ce théâtre, et sur la nature des pièces qu'on y jouait.

Collège de Fortet, situé rue des Sepl-Voics, no 27. Il fut fondé, en 1394, par Pierre Fortet, natif d'Aurillacen Auvergne, chanoine de l'église de Paris, qui, en cette année, légua par son testament sa maison dite des caves, située rue des Cordiers-Saint-Jacques, en faveur de huit écoliers, savoir : quatre d'Aurillac ou du diocèse de Saint-FÎour, et quatre de Paris. Ces écoliers devaient y être logés, nourris et enseignés. Les chanoines do Notre-Dame, ses exécuteurs testamentaires, trouvant le lieu peu convenable, achetèrent, en 1397, de Louis de Listenois, seigneur de Montaigu, une maison plus commode, située rue des Sept-Voies, et y placèrent ce collège. Dans la suite, aux huit bourses déjà fondées, on en ajouta cinq nouvelles.

Les bâtiments de ce collège furent reconstruits en 1560, et ses dépendances s'accrurent par l'adjonction des hôtels de Marly et de Nevers. Ces bâtiments tt la chapelle de cette maison, dédiée à Saint- Géraud, devinrent, pendant la révolution, propri: tés particulières.

Collège de Reims, situé rue des Sept- Voics, n» 18. Il fat fondé, en 1412, par Guy de Roye, archevêque de Reims, qui, en cette année, acheta l'hôtel de Bourgogne, situé au Mont-Saint-Hilaire,et y éta-

et

iDlit son collège; mais, six années après, sesbàtiments furent ruinés par les Anglais de la faction des Bourguignons ; et ils restèrentabandonnés pendant vingt-cinqans En 1 443, le roi Charles VII les rétablit y réunit le collège de Rethel, qui en était voisin, et que Gautier de Launoi avait fondé pour de pauvres éccli'»'^^ du Réthelois. Cette réunion procura de la consistance à ce collLge, qui se soutint avec succès pen lant plusieurs années. En 1720, il était entièrement déchu : on n'y trouvait ni bourses ni écol'.ers; il n'y restait que deux officiers, qui absorbaient tous ses revenus. Eu celte année, François de Mai'ly, archevêque de Reims, le rétablit, et y fonda huit bourses. Depuis, il a été réuni à l'Université; et ses bâtiments sont aujourd'hui la propriét-é de divers particuliers.

Collège de Cocquerel, établi rue des Sept-Voies, dans la cour de l'hôtel de Bourgogne. Il fut fondé vers le même temps, ""par Nicole Cocquerel, chanoine d'Amiens, pour de petites écoles. Ce chanoine, par une subtilité qui lui a été reprochée, se rendit propriétaire d'un bâtiment dont il n'était que locataire. Cet établissement ne fut guère plus durable que la vie du fondateur, qui mourut en J463. Hôpital du Roule. Il est pour la première fois mentionné dans un arrêt du parlement de l'an 1392 ; il existait avant cette époque, et avait pour objet de servir d'asile aux ouvriers de la Monnaie que l'âge ou les infirmités mettaient hors d'é-

tat de travailler. On les appelait les frères de l'hôtel du Louvre, sans doute parce qu'alors la Monnaie était au Louvre. L'évêque de Paris jouissait du privilège de placer quatre frères dans cet hospice, et les monnayeurs avaient celui d'en placer quatre autres. On ne sait rien de plus sur cette utile institution.

Compagnie des Arbalétriers de Paris. Il existait depuis longtemps une coi> frérie d'arbalétriers dans cette ville, composée d'un roi, d'un connétable et de maîtres. Le lieu de leurs réunions et exercices était situé rue Saint-Denis, près la porte aux Peintres, et hors de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Ces confrères arbalétriers demandèrent et obtinrent du roi Charles VI, par lettres du 11 août 1410, l'autorisation de se réunir, s'exercer et contribuer à la défense de la ville. Par ces lettres, il est ordonné

sous CHARLES VI ^19

qu'il sera fait un choix de soixante des plus habiles arbalétriers , qu'ils s'habilleront et s'armeront à leurs frais, qu'ils jouiront de plusieurs privilèges , seront exempts de payer le quatrième du vin, les impositions et aides mises pour la guerre, les tailles, subsides, gabelles, guet et arrière-guet, excepté ce qui se lève pour les réparations et fortifications de la ville, pour Farrière-ban, et pour la rançon du roi. Ils seront présentés aux deux prévôts, celui de Paris et le prévôt des marchands, et leur prêteront serment d'obéissance et de fidélité Ilsmarcheront aux frais de la ville.

Le capitaine aura cinq sous par jour, et chaque aibalctrier trois sous, sans compter la dépense de bouche pour l'homme et pour le cheval (1).

Les confrères arbalétriers eurent soin de faire confirmer leur institution et leurs privilèges par les successeurs de Charles VI i2'i.

Le chef de ces soixante arbalétriers renonça à son titre de roi pour prendre celui de grand-maître. Aux quinzième et seizième siècles, il habitait un hôtel situé rue de Grenelle, à peu près en face des bâtiments appelés Hôtel des Fermes.

L'usage des armes à feu , devenu plus fréquent, fit tomber en désuétude les arbalétriers et leur institution. Cependant ce corps se maintint jusque sous Louis XIV.

Archers de Paris. Ils étaient, comme les arbalétriers, commandés par un roi et un connétable ; ils demandèrent à Charles VI, en 1411, la permission de se constituer en confrérie, en l'honneur de Dieu, de kl Vierge et de saint Sébastien. Ce roi leur accorda leur demande, ainsi que les privilèges et exemptions donnés aux arbalétriers, avec cette différence, qu'au lieu d'avoir trois sous par jour ils n'eurent que deux sous. -Soumis aux mêmes règles, ils avaient à peu près les privilèges des arbalétriers : ils étaient au nombre de cent vingt.

Arquebusiers. La compagnie des arquebusiers de Paris est fort ancienne ; on la fait remonter jusqu'au règne de Louis le Gros. Saint Louis fixa le nombre des

(1) Histoire de la ville de Paris, par Félibien, tome n, page 7 50 ; preuves, part. 1, p. 523; part. 3, page 321.

(2) Ordonnances du Louvre, tome XV, page 57.

chevalieis de l'arquebuse a cent quatrevingts : par lettres patentes d'avril 1369, ce nombre fut porté à deux cents. Charles VI, en '1390, confirma les privilèges de cette compagnie, et en ajouta d'autres.

Les arquebusiers remplissaient des fonctions semblables à celles des arbalétriers, et jouissaient des mêmes privilèges. Dans l'origine, ils se réunissaient dans un emplacement situé rue des Francs-Bourgeois, au Marais. En 1390, ils s'établirent entre les rues Saint-Denis et Mauconseil.

En 1604, ils furent placés dans le bastion situé entre les portes Saint-Antoine et du Temple.

Enfin cet établissement fut, en vertu des lettres patentes de murs 1671, transféré rue de la Roquette, au ii" 90, où ils eurent une maison et un jardin pour leur réunion et leur exercice. Sur la porte on lisait encore, sous le règne de Louis XVI, Hôtel de la compagnie royale des chevaliers de l'arbalète et de l'arquebuse de Paris. Cet hôtel est devenu propriété particulière.

Louis XIV, au mois de mai 1690, fixa au nombre de deux cent quatre-vingts les individus composant les trois compagnies d'arbalétriers, d'archers et d'arquebusiers (1). Ces corps étaient trop peu nombreux, et insuffisants pour maintenir l'ordre à Paris.

Les arquebusiers, cessant d'être employés auservicede la ville, se maintinrent en société, et continuèrent à s'exercer dans leur jardin.

PoxNTSDE Paris. A la fin de janvier 1408, un hiver long et rigoureux, suivi d'un dégel, devint latal aux trois ponts de Paris. La Seine charriait d'énormes glaçons qui leur portèrent des coups violents. Le 29 janvier, le Peiit-Pont, construit en bois, lut renversé, ainsi que les maisons établies dessus. Le 31 janvier suivant, le Grand- Pont, dit aujourd'hui Pont -au-Change, éprouva une secousse si forte, que quatorze boutiques de changeurs qui étaient construites dessus furent ruinées; mais sa masse résista. Les registres de la chambre de la Tournelle portent que ce pont fut très endommagé, et qu'une grande partie vies boutiques de changeurs, établies sur ses bords, s'écroulèreut'^et churent dans la ri\ière.

Le même jour, le Pont-Neuf, aujourd hui

(l) Histoire de Paris, par Félibien, preuves, tome V,*page 237.

nomme pont Saint-Michel, quoique bâti en pierre et depuis vingt-six ans seulement, céda à la violence des eaux, et dans sa chute entraîna les maisons qui s'y trouvaient. Il est vraisemblable que le pont de bois appelé de Saint-Bernard-aux-Barrés, construit sous le règne de Charles V, fut abattu par la même débâcle. Le débordement de la rivière obligea les officiers du parlement à interrompre leur séance au Palais où ils ne pouvaient se rendre ; ils s'assemblèrent dans l'abbaye de Sainte- Geneviève (1).

(1) Dans les Registres du parlement, du

mardi 31 janvier 1408, on lit que les raem-

br -S de cette cour ne se rendirent point au

Palais, à cause du danger résultant " des

« grandes et horribles glacss qui, dès hier au

.( soir, commencèrent à desceudie et couler

M par les ponts de Paris et par spécial par

M les petits ponts et non sans cause; car

«( puisque la saison et le temps ont été si

« froids, et a eu des gelées, puis la Saint-

« Martin dernière passée, et par spécial a

«. été telle froidure et si aspre et urgent par

« les deux lunaisons dernières passées, que

« nul ne pouvoit besogner. Le greffier

même combien (quoiqu'il) qu'il eust pris

feu de lez lui (près de lui) en une pelette

(petite pelle) pour garder l'ancre de son

cornet de geller, toutes voyes l'ancre se

gelloit eusaplume, de deux eu trois mots.

en trois mots, et tant que enregistrer nepou-

; voit; et que par iceiies gellées eussent été

I gellées les rivières, et en spécial Seine, te^-

c lement que l'en cheminoit et venoit et al-

i loit et l'en menoit voitures par dessus la

( glace, et que eusse été si grande abon-

< dance de neiges que l'en eust vu de mé- « moire d'homme; et tant qu'à Paris avoit i grande nécessité, tant de bois que de pain

< pour les moalins gellés. Se n'eust et»-

< des farines que l'en y amenoii des pay.-

< voisins, et que lesdites gellées, glaces et

< froidures se fussent amodérées dès le ven-

< dredi dernier passé, pour la nouvelle con- . jonction lunaire, et que les glaces se fus- ;. sent dissolues, par parties et glaçons. u Iceux glaçons, par leur impétuosité et i< heurt, ont aujourd'hui rompu et abattu « les d-ux petits ponts (le Petit-Pont et le a pont Saint- Michel) : l'un étoit de boi?, « joignant le petit Chatellet, l'autre c'e H pierre, appelé le Pont-Neuf, qui avoit é:é u fait puis vingt-sept ou vingt-huit ans, et u aussi toute* les umisons qui ctoienid .--

sous U\ Petit-Poxt. On s'occupa de la reconstruction du pont Saint-Michel et du Petit-Pont. Le> travaux entrepris furent, par défaut de fiîiances, bientôt suspendu<ï- le roi, le parlement et la ville réunirent feur^ movens pour faire les frais de cette répamtion urgente. On reconstruisit en bois le I etit-Pont, aux dépensde la ville: elle roi en conséquence, lui en accord-?, en 1 ioo' la propriété, ainsi que les revenus des maisons dont il était bordé.

IH

AhLKS VI

Le pont S.Vï.VT-MfcnEL fut aus>i reconstruit en bois. Un compte de rHôtelde-\ille, de U16, porte que Jean de Taranne, bour-eois de Paris, avait fait construire seize loges qui couvraient, d»chaque coté, la moitié de la longueur du pont hamt-Michel: que ces lo-es furent cédées par le roi audit Taranne et à -e-? entants, a la charge de paver à la recpltde Pans seize livres de rente. Les lo2.-s d(^ 1 autre moitié du i.ont furent construito-c

CoTitrtfirt.

Détails d"arcLitectur

e du :siT^ siècle.

par Michel de Laitier, et données à ce

" sus, qui estoient plusieurs et belles, en " lesquelles habitoient moult ménagiers de •' plusieurs estais et marchandises et mes- « tiers, comme taincturiers, escrîvains, •' barbiers, couturiers , esperonniers, four- « bisseurs, frippiers, tapissiers, chasubliers, « faiseurs de harpes, libraires, chaussetiers « et autres... N'y a eu personnes périUées, « Dieu merci. »•

constructeur à la même condition 1

Po.NT Notre-Dame. Ce pont se trouvé dans la direction du Pe'it-Pont et de la^ rue qui traverse l'île de la Cité. On a la certitude qu'avant 1313 il existait en cet endroit, ou à peu près, un pont de bois qui servait de communication à des mo-lins places sur la Seine. Ce pont était anciennement nomme Planche-Mibrai ou Ie<.

Planches-Mibrai. nom qui tenait du lieu ou aboutissait son extrémité septentrio-

(1 ) Antiq.deParis,T^av Sauvai, t.III, p. 1 v?'.

iiaie, et que conserve encore la lue qui , s'ouvre vers cette extrémité <lu pont Xoln- Dame (1). , .

Ce pont fut, en 1413, construit en bois. Charles VI, le 31 mai de cette année, en enfonça le premier pieu, et les princes de sa cour frappèrent lour à tour sur ce même pieu. Voici ce que dit à ce sujet l'auteur du Journal de Paris, sous le roi Charles VI: « Ce dit jour (31 mai 4413] . le « pont de Planches de Mibray fut nommé « le pont Notre-Dame; et ie nomma le roi « de Fiance Charles, et frappa de la Uie sur « le premier pieu, et le duc de Guyenne, « son r.ls, après, et le duc de Berri et de « Bouigogne, et le sire de La Trémoille, « et était heure de dix heures au ma- « lin (2). »

Le pievôt des marchands et les échevins qui faisaient les fiais de celte construction obtinrent, au mois de juilk-t 1414, des letlres du roi qui les autorisaient à la laire

11, Un poète du quatorzième siècle, René, dans son poème manuscrit, intitulé le bon Prince, parle de l'entrée de l'empereur Charles IV à Paris, et donne du mot M ibrai une étymologie très vraisemblable :

L'emperpur vint parla Coulellerie, Jusqu'au carfour, noinme la Vannerie, Où i. il jadis la l'tanclie de Mibniy; T,l nom porloit, pour la vague ei lebray, Gelle lie Seine eu une creuse iianclie, Enlie le iionl que l'on pas.-oil à planche; El on l'ôtuit pour être en sùreié.

Il résulte de ces vers que la Seine, vers l'emplacement de la rue Planclie-ÀIibrai, avait laissé, sur cette partie de la rive droite, une espèce de mare profonde remplie de boue et d'eau stagnante, qui s'étendait jusqu'au carrefour formé par la rencontre des rues de la Coûte. erie et de la Vannerie. Le nom de Vannerie, qui signifiait pêcherie, celui debnii, qui signifie marécage, mare, coïncident avec l'explication donnée dans les vers que je viens de citer, pour prouver l'existence et l'étendue de ce vaste bourbier ou creuse tranche, comme dit le poète.

Dans des temps d'alarme, pour empêcher l'abord du pont, on retirait les planches à travers cette mare. La syllable îni, qui sert à composer le moiMibrai, sigmiie parmi, au niilieu : ainsi la {lanche, ou plutôt les planches mibrai consistaient en un plancher qu'on enlevait au besoin, et qui s'étendait de^riis le carrefour de la Vannerie jusqu'à l'entrée du pont.

(2) Journal de Paris, pag. 14.

exécuter, malgré les empêchements qu'auraient pu y apporter quelques seigneurs de Paris.

Il paraît que ce pont ne fut achevé qu'au bout de sept ans. Robert Gaguin, en parlant de sa chute, en fait la description suivante ; « Il avait 70 pas et 4 pieds « (354 pieds) de longueur, 1 8 pas (90 pieds) « de largeur. Il était supporté par 17 tra- « vées de pièces de bois (ou piles) ; cha- « cune de ces travées se composait de 30 « pièces de bois; chacune de ces pièces « avait plus de deux pieds d'équarrissage... « 11 était chargé de soixante maisons, « trente de chaque côté de la route. Ces « maisons se faisaient remarquer par leur « élévation etl'uuiformité de leur construc- « tiou... Lorsqu'on s'y promenait, ne « voyant poini la rivière, l'on se croyait « .sur terre et au milieu d'une foire, par ie « grand nombre et la variété des niar- « chandises qu'on y voyait étalées. On « peut dire, sans crainte d'être taxé d'exa- ' géralion, que ce pont , par la beauté et « la régularité des mai.sons qui le bor- « daient, était un des plus beaux ouvra- « ges qu'il y eut en Francs (I). »

Ces maisons étaient en bois; au-dessous du pont on établit, comme à l'ordinaire, plusieurs moulins bur des bateaux.

Ce pont fut détruit ie 25 octobre 1499. Je parlerai en son lieu de sa chute et de sa restauration.

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