‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 101 sur 336 · LE NOUVEAU ROI D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LE NOUVEAU ROI D'ANGLETERRE

que lui, peut-être, l’art de suivre une guerre et la force dese procurer les ressources pour triompher. Tant que Richard régnait en Angleterre, Philippe ne devait et ne pouvait avoir les yeux que sur son vassal. C'était de la Normandie, du Poitou, de la Guyenne, que venaient tous ses dangers, et les historiens qui luisupposent déjà dans cette situation les idées d'unité monarchique et le désir d'assurer une administration régulière ne comprennent pas la position d’un suzerain obligé sans cesse de provoquer les services féodaux et de faire des concessions à ses vassaux immédiats pour en obtenir appui.

Le prince qui succédait à Richard, Jean, comte de Mortain, n'avait ni son courage n1 son caractere. Dans les combats, on avait remarqué sa lâcheté et sa couardise; 1l ne rachetait ce défaut capital dans le moyen âge que par ses prodigalités secrètes et par une faiblesse d'esprit qui, le mettant à la merci de tous ses vassaux, ne faisait plus du suzerain que l’homme des barons, ce qui était le dernier terme du système féodal.

Ce changement était donc immense pour le roi de France : d’un autre côté, les nécessités

Page 1