AFFAIRE DU DIVORCE
qui accompagnent toujours les premiers temps d'un règne, les faiblesses inséparables d’une autorité qui commence et s'essale, tout cela pouvait favoriser les tentatives de Philippe. Une trève de cinq ans existait, 1l est vrai; mais dans ce siècle, on ne manquait jamais de prétexte pour la rompre, et l'on avait vu plus d’une fois Richard et Philippe-Auguste se précipiter dans la lice avant que les hommes d'armes eussent annoncé qu'on allait férir d’estoc et de taille. Cette considération n’aurait donc point arrêté le roi de France; mais une cause plus grave, des difficultés que présentait la situation intérieure de son royaume, comprimèrent un moment ses vues ambitieuses.
L'affaire du divorce avec la reine Ingerburge jetaitencore le trouble et le désordre à la cour du suzerain; tant que Philippe n'avait point songé à prendre une nouvelle femme, ses duretés envers la reine, bannie de la cour, pouvaient bien appeler les censures du souverain pontfe; toutefois, ainsi qu’on l’a dit, les canons de l'Église ne permettaient pas l'excommunication contre la séparation corporelle, qui n’était pas suivie de secondes noces; mais