‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 107 sur 336 · PLAISIRS ROYAUX · texte numérisé non relu

PLAISIRS ROYAUX

attirer et la colère de Dieu et les foudres de l'Église 1,» |

Malgré ces remontrances qu’Innocent III lui adressait indirectement, Philippe n’en continuait pas moins à vivre sous le même toit qu'Agnès de Méranie ?, Lorsque les soins de la guerre n’appelaient pas Philippe dans la lice, les deux époux, toujours plus ardens à mesure qu’on menaçait de les séparer, visitaient les demeures royales, .Fontainebleau, Vincennes et Compiègne; la cour du suzerain offrait comme une fête perpétuelle; les troubadours etles trouvères chantaient la beauté de : la jeune reine, et les plus braves chevaliers brisaient des lances en son honneur. Agnès était enceinte depuis quelque temps, et la langueur de ses beaux yeux, que le trouvère Hélinant a rendu célèbres, augmentait encore le charme irrésistible de ses traits expressifs : les évéques et les prêtres avaient beau rappeler qu’Agnés n’était point l'épouse légitime, les barons et les chevaliers la reconnaissaient

* Jnnoc. epist. 4, L. 1.

> De Legaio misso in Franc. Duchesne, t. v, p. 754.

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