‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 112 sur 336 · EFFET DE L'INTERDIT SUR LE PEUPLE · texte numérisé non relu

EFFET DE L'INTERDIT SUR LE PEUPLE

Qu'on se représente le peuple pieux du moyen âge, frappé de l’interdit et dans la privation des cérémonies religieuses qui attiraient son respect et excitaient ses superstitions. Dès le mornent que la bulle était fulminée, toutes les pompes de la religion étaient suspendues : en dehors des gothiques églises, on ne voyait plus à découvert Les grossières images du Seigneur, de ses apôtres, de la Jérusalem céleste, de la Vierge, et de cet ange gardien, devant lesquelles le baron et ses vassaux venaient s’agenouiller le dimanche et les jours de fête ; ellesétaient couvertes d’une bure noire, comme pour exprimer que les temps de la miséricorde de Dieu étaient passés : on ne laissait à découvert que ces figures bizarres qui, placées sur la facade de l’édifice, représentaient les sept péchés capitaux, images des peuples frappés d’interdit : la croix qui ornait le faite de l'église était aussi voilée; les grandes portes, bardées de fer, autrefois destinées à repousser le pillage des Normands et alors à contenir la rapacité des barons, étaient fermées; la cloche bruyante, qui annonçait la fin des travaux du jour et l'heure de la prière, ces-

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