TERREUR POPULAIRE
sait de retentir dans la campagne : les offices étaient suspendus, et le chœur désert ; le serf qui allait aux champs n’entendait plus, en passant devant le monastère, les prières de matines, et les cantiques qui excitaient sa piété et réveillaient son zèle. Toutes les époques de la vie semblaient rappeler que les foudres de l'Église avaient frappé un peuple de pécheurs. Au lieu de ces pompes qui accompagnaient le baptème, un seul prêtre ondoyait l’enfant qui venait de naïtre; les jeunes amans qu'amour excitait demandaient en vain la bénédiction nuptiale , et les prières de l’agonie ne consolaient plus les mourans : les corps des fidèles étaient exposés pêle-mêle sur le sol, indignes qu'ils étaient d'entrer en terre sainte. On fermait même les portes des cimetières.
Quelle impression plus grande encore ne devait pas faire sur des ames pieuses et ignorantes ce retour des grandes fêtes de l’année, dans lesquelles on cherchait vainement les cérémonies pratiquées dès l'enfance! Les jours de Noël, des Rameaux, de Pâques, étaient marqués par des témoignages particuliers de la piété des chrétiens; dans les plus