FUREUR DU ROI
en tout temps protégés par les pontifes, purent dire la messe, nones et matines, mais à voix basse , les portes fermées, afin de n'être ni vus, ui entendus par ame vivante !.
On ne peut se faire une juste idée de la douleur publique, à aspect de ce grand deuil de la religion; les fidèles ne s’abordaient qu’en gémissant; toutes les pompes et les fêtes étaient suspendues dans les cités et les campagnes; on courait jJusques en Normandie, dans la Bretagne ou dans les fiefs d'Angleterre, pour solliciter les cérémonies de l’Église : le comte de Ponthieu,qui épousa la jeune sœur de Philippe, obtint la bénédiction nuptiale de l'archevêque de Rouen; sur plusieurs points du royaume, des émeutes violentes se manifestaient, et l’on voulut contraindre les évèques et les prêtres à rouvrir les chapelles et à célébrer les saints mystères.
Philippe, toujours épris d’Agnès de Méranie, entra dans une fureur extrême en apprenant que l’interdit était jeté sur son royaume ?, et que les évêques, plus soumis aux volontés
: Doublet, Hist. de l’abbaye de Saint-Denis, p. b36: 2 De Legat: miss. in Franc., ibid.