REFUS DE GARDER L'INTERDIT
quelques autres en suspendirent l'exécution : les chanoines de Sens et de Paris, les évêques de Senlis, d'Amiens et de Soissons, placés plus immédiatement sous la main de Philippe, informèrent le pape des motifs qui les empéchaient de garder linterdit : « Le simple bruit de cette résolution, disaient-ils, avait soulevé tout le peuple; on s'était pressé autour des églises, dont on avait forcé les portes: il était impossible de comprimer ces pieuses séditions de la multitude demandant par la violence qu’on lui rendit ses autels, ses patrons et ses fêtes; Philippe lui-même menaçait les évêques et clercs assez hardis pour obéir aux volontés du légat. » | L’impérieux pontife répondit «que ces motifs étaient frivoles, et montraient la faiblesse de leur ame; qu’il fallait obéir sans retard, car l'Église était depuis long-temps affligée d’un grand scandale. » Les évêques, en effet, n’osèrent point résister ; l’interdit commença sur toutes les églises du domaine royal. Quelques monastères privilégiés conservèrent cependant la faculté de célébrer les saints mystères dans le silence de la nuit; les moines de Saint-Denis,