‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 119 sur 336 · LE ROI DEMANDE LA LEVÉE DE L'INTERDIT · texte numérisé non relu

LE ROI DEMANDE LA LEVÉE DE L'INTERDIT

Mais sous quelque forme de gouvernement que ce soit, on ne peut long-temps combattre les opinions; elles vous écrasent, si vous opposez une résistance brutale; et si vous cédez, elle vous dominent. Quoi qu'il en soit, le peuple ne put souffrir l’interdit : la révolte éclata parmi les barons et les vassaux; les propres hommes d’armes du roi ne voulaient plus le servir; on s’éloignait de lui comme d’un relaps et rebelle aux lois de l'Eglise.

Dans ces circonstances difficiles, le roi envoya deux clercs à Rome pour demander que l’interdit füt levé, protestant «qu'il était prêt d’ester à droit sur son divorce pour en faire reconnaitre la validité. » Le pape répondit : «Je le veux bien; mais, avant tout, il faut qu'il renvoie Agnès, sa concubine, et qu'il reprenne Ingerburge, son épouse légitime :

c'est alors, mais seulement alors, qu’on examinera le cas du divorce, et que je leverai la sentence d’interdit que le royaume a méritée. J'apprends aussi, continua le pontife, que Philippe a dépouillé le clergé de France :

dites-lui encore que l’interdit ne sera point levé

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