‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 124 sur 336 · LEVÉE DE L'INTERDIT · texte numérisé non relu

LEVÉE DE L'INTERDIT

dissoute. Lorsque tout fut ainsi décidé , le légat, au nom du Saint-Siége, leva l'interdit qui pesait sur le royaume. Tout à coup les cloches se firent entendre, les voiles qui couvraient les sanctuaires furent Ôtés; le peuple se précipita dans les églises et les monastères; il y eut plus de trois cents serfs écrasés, tant la multitude se pressait ; la foule contemplait, en pleurant de joie, les cérémonies chrétiennes, sorte de spectacle dont elle avait été si long-temps privée. Les cités retentissaient d'actions de grâce, et pendant trois jours les travaux furent suspendus.

La malheureuse Agnès, seule frappée par cette sentence de l'Église, préparait à la hâte son départ. Le moine Rigord raconte que Philippe la vit encore une fois dans un appartement de son palais, et qu’on entendait des sanglots, des baisers redoublés , et force juremens. La belle reine partit pendant la nuit; elle vint chercher un refuge dans un chàteau de Normandie. Mais vainement elle appelait le repos; sa passion pour le roi n’en faisait qu'augmenter ; on la voyait souvent seule se promener, l'œil égaré, dans les sombres

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