‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 13 sur 336 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

roi d'Angleterre, lui dit le duc; rien ne peut plus te sauver : tu passeras par mes mains. Ilme souvient du déshonneur que tu fis à mon gonfanonier devant Accon; tu déchiras ma bannière et la fis porter en vilain lieu ï. » Le roinerépondit rien, tant sa fierté s'était abaissée dans le malheur, et le duc le livra immédiatement à empereur d'Allemagne, pour qu'il en fit sa volonté. |

Telles étaient les causes qui avaient amené la captivité de Richard, que l'empereur annonçait avec tant d’empressement au roi Philippe. Au lieu de gémir sur la triste situation d’un pélerin et d’un compagnon d'armes captif, le roi en manifesta une joie extrême; il festoya pendant plusieurs jours les messagers de l’empereur, et tout ne fut qu'abondance.

Comme pour couronner sa conduite déloyale,

* Ce colloque se trouve dans la vieille Chronique de Saint- Denis, ad. ann. 1194. « Quand on a la morvre , on se muche; «ainsi avez-vous fait, roi d'Angleterre. Mais rien ne vous « vaut; par mes mains passerez : bien me souvient du déshon- « neur que vous portàtes à mon gonfanonier qui portait ma « bannière contre les Sarrazinois , que vous la déchirastes et la « fistes jeter en vilain lieu, en dépit de moi. » (Chron. Saint-

Denis ,t. xvir. — Hist. de Fr. de dom Brial, p- 378, not. B.

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