MARCHE DE LA FÉODALITÉ
poutifical s'agitant pour constater sa suprématie. Il faut suivre maintenant les progrès du gouvernement, c’est-à-dire de la puissance publique au milieu de ces élémens di- Vers.
Un premier résultat qu'il faut constater, c’est que les actes de la royauté dans la période que nous allons parcourir forment un ensemble dont il est plus facile de saisir la pensée et de classer les effets, que durant les premières années durègne de Philippe-Auguste;les affranchissemens des communes sont plus rares et les droits concédés aux bourgeois moins indépendans des seigneuries féodales; la féodalité ellemême prend un nouveau caractère ; on entrevoit dans sa marche une plus forte empreinte de l’action royale, une tendance vers une hiérarchie plus obéissante : la papauté, quoique encore insolente dans ses prétentions, semble s'épuiser dans une dernière tentative; toutes les forces hostiles se heurtent, mais incontestablement il y a progrès et conquètes pour l'autorité publique r.
1 Ce mouvement progressif de La sociécé a été très sayamment
CENTRAIISATION DE L'AUTORITÉ. 107
Au commencement du règne du roi Philippe, nous avons vu la féodalité dans sa plus haute indépendance ; la suzeraineté royale, quoique reconnue en droit, n'avait aucune autorité réelle sur les terres des vassaux , si bien que lorsque le suzerain possédait un arriére-fief dans ses domaines, il devait lhommage à son propre vassal, comme le plus simple vavasseur. Dans cette seconde période, une véritable révolution s'opère dans l'organisation régulière des fiefs.
Il faut classer, parmi les causes de cette progression vers un principe régulier de gouvernement, les premiers essais d’une législation générale, ne s'appliquant plus seulement aux domaines du roi, mais à l’ensemble de la société féodale. Depuis les Carlovingiens, toute législation commune avait disparu ; les coutumes locales, les priviléges morcellaient le territoire; les chartes du prince n'avaient force que dans ses domaines; elles ne commandaient qu'à ses hommes: le vassal, indépendant et
décrit dans l’excellent ouvrage de Brussel sur l’origine des fiefs, un des monumens les plus notables de l’érudition consciencieuse du dernier siècle.