‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 135 sur 336 · MAXIMES DE L'AUTORITÉ ABSOLUE · texte numérisé non relu

MAXIMES DE L'AUTORITÉ ABSOLUE

l’habileté du monarque; il faut ajouter qu’à cette époque l'introduction des maximes du droit romain, particulièrement du code Théodosien, favorisait les prétentions d’une souveraineté absolue : les jurisconsultes cherchaient à faire prévaloir la monarchie despotique d’Orient sur la suzeraineté militaire des rois francs. Leurs maximes obséquieuses depuis le règne de Louis VII combattaient la force brutale et militaire des barons. « Ce qui plaît au prince a force de loi, disait déjà, sous le règne de Henri IT d'Angleterre, le grand justicier Ranulfe de Glainville: »; et ce principe, qui dut étonner d’abord la fière indépendance des vassaux, appliqué dans la suite des temps par la cour de justice, devint une règle du droit public; ce qui a fait dire à Montesquieu qu’en France ce furent les jurisconsultes et les plaids royaux qui créèrent le pouvoir absolu. Le second résultat favorable à l'autorité royale fut la substitution dans les rapports de la féodalité de lhommage-lige, à la vassalité

* Quod principi placet et legis habet vigorem (de leg. et con-

suetuid. regis anglic. à Ranulf. Glainvill. in proem. ).

Page 1