LE ROI N’A PLUS DE SUPÉRIEUR
celui-ci püt être à un autre titre vassal de la couronne. Durant la période du règne de Philippe, dont nous retracons le caractère, le roi commença à s'affranchir de ce devoir; il ne reconnait plus de supériorité féodale par rapport aux arrière-fiefs qu'il possède ou qu'il acquiert : c’est ainsi que, par une charte de sa propre autorité, Philippe, devenu possesseur du comté d'Amiens, s’affranchit de tout hommage envers l’évêque son seigneur 1, quant à ce comté. Plus tard, 1l se proclame encore exempt de tout hommage du fief d’Hesdin envers l'évêque de Thérouan, dont ce fief dépendait ?.
De cette coutume résulta pour la couronne la consécration du principe que le rot était souverain absolu de toutes les terres de sa domination, et qu'il ne reconnaissait à cet égard d'autre supérieur que lui-même; ce qui tendait à bouleverser l’économie du système féodal. |
f Brequigny, Collect. des Chartes et Diplom. , t. IV.
2 Le principe se trouve même nettement posé dans cette charte royale : « Nemini debeamus facere hominium neque possimus (c’est Le roi qui parle). » Ampliss. Coll. Martenne,
p. 939 , ann. 1185.