‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 150 sur 336 · CITEAUX ET CLAIRVAUX. I · texte numérisé non relu

CITEAUX ET CLAIRVAUX. I

chacun, et que les tonneaux de vins, les grands celliers, étaient serfs des abbés. »

L'organisation du clergé, et particulièrement des monastères, se prétait alors à cet agrandissement de l'influence et des richesses cléricales. Les bons moines ne possédaient rien personnellement; c'était leur corporation qui acquérait, transmettait; et comme l’existence des corps avait tous les caractères de la perpétuité, 1ls étaient devenus maitres de la plus grande partie des fiefs. Citeaux et Clairvaux étaient les véritables merveilles des jouissances monastiques ; des chartes portent pour l’année 1202 les possessions de la première de ces abbayes à deux mille acres de terres, que les bons pères culuvaient par des serfs, sous la direction des prieurés dépendans du monastère. On avait amoncelé dans les celliers de l'abbé vingt mille mesures de vin, échelonnées par l'ancienneté de dix, quinze, vingt ans; et des amphores en terre cuite renfermaient des vins de Clovoujeaux qui dataient de la prédication de saint Bernard *.

* Comptes MSS. de l'Abbaye de Citeaux, Bibl, du Roi.

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