POPILICIENS ET AUTRES HÉRÉTIQUES
enseignemens secrets, dans de vieux souterrains creusés au temps des barbares, toutauprès même de la cathédrale. Le roi, en ayant été informé, les fit chercher en tous lieux, «et, selon sa bonne coutume, les fit brüler vifs, en l'honneur de notre sainte foi.» Cette persécuton n’arrêta pas leur zèle prédicant; ils vinrent ensuite à Paris, où ils eurent force enseignemens. Ils étaient disciples d’un curénommé Amauri,.qui ajoutait aux leçons des populiciens que tous et chacun des hommes étaient membres du corps de Jésus-Christ. Il fut condamné par les docteurs, et en appela vainement au pape. D'autres enseignaient «qu'ainsi que la puissance du père et de l’ancienne loi avait fini à l’avénement de Jésus-Christ, ainsi la loi nouvelle avait fini en ce moment, puisque le Saint-Esprit était advenu ?; quant aux disciples, ils commettaient force péchés de la chair et proclamaient la communauté universelle des femmes. Maurice, évêque de Paris, dénoncça ces fausses doctrines et ces mœurs
* Guillaume-le-Breton, Philippéide, Liv. v.
2 Epist. Innocent, IT, lib. X , epist. 206, p. 125.