‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 171 sur 336 · AMBASSADE A VENISE · texte numérisé non relu

AMBASSADE A VENISE

et stable tout ce qu’ils feraient au nom de la confrérie et confédération des sires barons de France,

Les six chevaliers prud'hommes et experts se rendirent en toute hâte à Venise, alors sous le gouvernement de Henri Dandolo, ce vieillard célèbre qui porta si haut la gloire de sa pâtrie:; ils lui remirent la charte dont ils étaient porteurs, et lui parlèrent en ces termes:: «Sire, nous sommes à toi venus par les haults barons de France qui ont pris le signe de la croix, pour la honte du Christ venger, et- pour Jérusalem conquerrir, si Dieu le veut soffrir ; et par ce que il savent que nul gent n’ont si grand povoir sur mer, vos prient qu'ils puissent avoir navires por sy transporter.— Certes, répondit le vieux Dandolo, vous nous requérez là une grande affaire; nous vous en respondront d'ici à huit jours. »

Le terme étant expiré, les messagers se présentèrent encore au doge, qui leur dit : « Voici ce qui a été advisé, si nous pouvons y faire convenir notre grand-conseil et le commun de

1 Dandolo avait quatre-vingt-quatre ans lorsqu’il fut élu doge de Venise. 1192. Il faut ajouter huit ans à Pépoque de la croisade,

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