CONSEILS DES VÉNITIENS
la république, nous fournirons deux cents palandres' et vaisseaux plats pour passer outremer quatre mille cinq cents chevaliers et neuf mille écuyers, vingt mille servans avec vivres pendant neuf mois, moyennant que vous nous baillerez quatre-vingt mille marcs?. Nous ajouterons à nos despens cinquante galères ‘qui vous aideront de leur secours. » Les députés acceptèrent. Le doge fit réunir son grandconseil, « lequel estoit de quarante hommes; des plus sages et des plus advisés:; il fit tant par ses remontrances comme personnage de bon sens, qu'il leur persuada lintreprise; de là il en appela jusqu’à cent, puis deux cents, et puis mille, tant que tous l’approuvèrent et y consentirent. » Quand le peuple fult ainsi préparé, le doge admonesta les députés de vouloir bien requérir en public les bourgeois en l’église de Saint-Marc, de trouver bon le traité conclu. » Geoffroi Villehardouin, suivi de‘ses compagnons, s'y rendit en effet, et prenant la parole, dit : « Sires bourgeois, les princes et barons de France, les plus haults et les
* Sorte de galères.
? Environ quatre millions de francs.