TERREURS DES GRECS
sieurs navires. Ils s’en allèrent débarquer devant un palais de l'empereur Alexis, dans un lieu appelé Chalcédon. Les chevaliers, habitués.à leurs vieux et simples castels d'Europe, à leurs épaisses forêts de chénés, regardaient ce palais «comme l’un des plus beaux et des plus délectables qu’oncques œil humain saurait désirer ,.Car la contrée était belle, riche, plantureuse et en toute abondance de biens.»Le marquis de Montferrat et Les barons s’y logèrent, et la plupart firent tendre leurs pavillons sous des allées de citronniers qui avaient leurs fleurs écloses et leurs pommes mures. Quelques autres barons vinrent poser leurs tentes à Scutari, à une lieue environ de Constantinople :. L’historien grec Nicétas, qui était alors dans cette grande cité, ne put se défendre d'un sentiment d'admiration et de terreur, lorsqu'il vit se déployer l’armée des pélerins devant les murs de Constantinople, Il compare les cheva- Liers, bardés de fer, à des statues de bronze, et leur vaillance au glaive de l’ange exterminateur, car ces Francs étaient aussi hauts que leurs
5 Villehardouin, Liv. IV.