INCENDIE DE CONSTANTINOPLE
grande mésaventure; car Mathieu de Mont- ‘ morency, qui était l’un des meilleurs chevaliers du royaume de France, et des plus prisés et aimés, mourut; «ce qui fut une perte irréparable et l’un des plus grands deuils et regrets qui leur advint en tout le voyage, pour un seul homme. »
Les exploits des chevaliers de France pour délivrer l'empire ne diminuaient point la haine qu'on leur portait : les Grecs les considéraient comme des vainqueurs illétrés dont tout, jusqu’à l’idiome grossier, sentait la barbarie. Sur ces entrefaites, un affreux incendie éclata dans Constantinople, à la suite d’une rixe entre les Latins et les Grecs; on accusa les barons d'Occident d’être les auteurs de cette épouvantable catastrophe, et de s'être réjouis d'un malheur public; Alexis lui-même fut considéré comme le principal instigateur de tant de maux : Nicétas : compare son visage à celui de l'ange exterminateur. « C'était, dit-il, un véritable incendiaire; et, loin de s’affliger de l’embrasement de la capitale, il eut
: Nicétas , p. 355; Villehardouin, Liv. IV, n° 107.