MENACES DES BARONS
souhaité que toute la ville füt réduite en cendres. L'opinion se prononça avec une telle force, qu’Alexis, pour ne pas perdre tout-àfait confiance, fut obligé de s'éloigner des Latins ; il ne les allait plus visiter si souvent. De leur côté, les barons envoyaient demander fréquemment l'exécution des convenances arrêtées ; « mais Alexis les menoit de délai en délai, de respit en respit, le bec dans l’eau, quant au principal, et pour le regard de certaines choses promises, qu'il leur fournissoit comme à lèche-doigt, formoit tant de petites difficultés et chicaneries, que les barons commencèrent à sen ennuyer.» Le marquis de Montferrat alla souvent le visiter «pour le tancer d'importance,» mais le jeune prince ne l’écoutait point ; les croisés se réunirent donc en parlement pour déiibérer sur le parti à prendre ’. On résolut d'envoyer une sommation formelle aux Grecs; s'ils se refusaient d'y répondre sur-le-champ , on devait leur déclarer la guerre. Gauthier de Villehardouin et Conon de Béthune furent encore chargés de porter la
‘ Villehardouin , Liv. IV.