‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 242 sur 336 · À 202 ENLÈVEMENT D'ISABELLE D'ANGOULÈME · texte numérisé non relu

À 202 ENLÈVEMENT D'ISABELLE D'ANGOULÈME

forma du nom de la belle étrangère. Un jeune varlet lui répondit que c'était Isabelle, héritiére du comté d'Angoulême, fiancée à Hugues-le-Brun, sire de Lusignan, comte de La Marche, et confiée, depuis son enfance, à sa garde. Le comte de La Marche était un des vassaux du roi d'Angleterre, à cause de ses fiefs dans la mouvance d'Angoulême; Isabelle, héritière de ce comté, était aussi sa vassale. Jean, dont le caractère était discourtois, ardent, impétueux, tout-à-coup épris de la jouvencelle, l’enleva du milieu de ses gardes, et l’emmena dans le château de Guéret. Le prince anglais était alors divorcé avec la fille du comte de Glocester; il portait une physionomie distinguée ; et, suivant Roger de Hovéden, 11 avait quelque chose de doux et d’entrainant dans ses paroles. Il parvint à séduire Isabelle, qui n’aimait pas le sire de Lusignan, à cause de son vieil àge et de sa barbe crépue. L’héritièére d'Angoulême n'était point d’ailleurs exempte d’ambition, et la promesse de la couronne d'Angleterre parlait vivement à son cœur. Il parait donc qu'elle renonça sans peine aux premiers liens de ses fiançailles, et qu’elle

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