‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 243 sur 336 · SOULÈVEMENT DES BARONS DU POITOU · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENT DES BARONS DU POITOU

demeura sous la protection du roi anglais t.

D’apres les lois de la féodalité, l'enlèvement de la fille où de la femme du vassal étant un cas de déloyauté, le comte de La Marche, plein de colère de ce que son seigneur-lige allait épouser sa fiancée, porta plainte à Philippe de France, en sa cour de suzerain. Le comte d'Eu et Geoffroy, qui portait le titre de Lusignan, deux de ses frères, se joignirent à lui, et vinrent réclamer aide et appui. Le roi, qui était bien aise d'établir par la coutume la juridiction encore incertaine de sa cour supérieure, somma le roi Jean, comme comte d’Anjou, de comparaitre pour répondre sur le fait de trahison et de déloyauté dont il était accusé 2.

Jean répliqua à cette sommation : « Que me veut donc encore Philippe? les comtes d'Eu et de La Marche ne sont-ils pas mes vassaux 1mmédiats? Ils doivent d’abord répondre devant leurs pairs à ma cour; après qu’ils seront

: Rigord, de Gest. Philipp.- Aug. — Duch., t. V,p. 45. — Roger de Hoveden dit que Jean n’enleva Isabelle que par les conseils de Philippe-Auguste.

2 Guillaume-le-Breton , Philippéide , chant x.

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