SIÉGE DE MIREBEAU
mais il n’y a pas à le redouter; il se gardera bien d'arriver où il croiroit pouvoir nous trouver; fais cesser tout retard, nous ne sommes plus les maitres de différer ; Jean nous a déshonorés ; il a enlevé à Hugues de Lusignan sa fiancée chérie; il l’a privé de son fief, il a détruit plusieurs de nos châteaux; allons assiéger Mirebeau; Aliénor, mère du roi Jean, qui lui a conseillé ses perfidies, y est renfermée; sois sûr que si nous la tenons une fois, Jean sera tout à nous, et nous pourrons r’avoir ce qu'il nous a enlevé. »
Arthur adopta bientôt les conseils hardis des barons du Poitou, et suivi de cent chevaliers et de quelques centaines de servans, il vint mettre le siége devant Mirebeau. Le chàteau était très fortifié, et du haut de ses tou- ‘relles, Aliénor se moquait des vains efforts de cette petite troupe de chevaliers dont la lance venait se briser contre ies épaisses murailles et les lourdes chaines du pont-levis. En même temps le roi Jean, avec ses Anglais et ses Normands, venait de camper non loin de ce castel, pour apaiser la révolte des barons du Poitou.
Il rassembla ses hommes d'armes, et leur