GUERRE NATIONALE EN POITOU
mille archers où hommes d'armes; nous ne sommes aujourd'hui pas plus de cent; demain peut-être nous aurons quinze fois plus de lances ; d’ailleurs nous avons affaire à un roi plein de ruses. La terre de Beauce se jaunit de moins d'épis chargés de grains en temps d’automne; le pays d'Eu se réjouit moins de ces pommes dont les Neustriens ont coutume de se faire une agréable boisson; les rochers de Cancale sont battus de moins de coups par les flots de la mer en furie, que la Normandie ne fournit de combattans à ce roi déloyal; de plus, la terre d'Angleterre fait pleuvoir de largent, récolte éclatante de blancheur, car le sol est pius propre à produire des sterlings que de vigoureux guerriers !. » |
Les barons n’applaudirent point à ce discours : « Que ceux-là, dirent-ils, qui manquent de courage, tremblent; que les lâches aient peur, il n’y a rien là d’extraordinaire; les chevaliers du Poitou ne craignent rien. Que Jean vienne, s'il l’ose, si sa Jâcheté invétérée laisse en son cœur un mouvement de vaillance;
1 Guillaume-le-Breton, Philippéide, chant x.