SURPRISE DES BARONS RÉVOLTÉS
force. Les hommes du roi Jean pénètrent donc sans bruit jusque sous les tentes : « armés, dit le poète breton, 1ls marchent ainsi vers des hommes désarmés; innombrables, ils vont combattre un petit nombre d'hommes qui, couchés sur leur lit, et sans vêtemens, sont forcés de recevoir des fers, et la guerre se fait ainsi d’une maniere vraiment étonnante. La victoire se donne ainsi volontairement à celui qui n’est point vainqueur; sans avoir la peine de vaincre, l'ennemi triomphe de son ennemi vaincu ; que dis-je? il ne l’est point vaincu, il n’est que captif : toutes ces choses arrivoient selon les desseins de Jean; car la trompette ne sonne point l'attaque, le clairon ne proclame point la retraite. Entré comme un voleur, Jean s’en alla comme un larron, se retirant au-delà de la Loire, »
Maitre des barons du Poitou révoltés con- {re sa puissance, et surtout d'Arthur de Bretagne, l’Anglais ne se rappela plus la foi jurée. Il ordonne d’enfermer Arthur dans la tour de Falaise, sur un rocher isolé baîtu par les flots. « Tous ceux qui étoient décorés de l'éperon de chevalier, et qui tombérent dans ses mains,