ASSASSINAT D'ARTHUR
neveu sortit du château, et lui fût amené par un page; puis, l'ayant placé à ses côtés dans sa barque, il s’éloigna tout-à-fait du rivage. L'illustre enfant, déjà placé près des portes de la mort, s’écriait : « O mon oncle! prends pitié de ton jeune neveu; épargne, mon oncle, mon bon oncle, épargne ta race; épargne le fils de ton frère!» Tandis qu'il se lamentait ainsi, l’impie le saisissant par les cheveux, au-dessus du front, lui enfonce son épée dans le ventre jusqu’à la garde, et la retirant encore humectée de ce sang précieux, la lui plonge de nouveau dans la tête, et lui perce les deux tempes; puis s’éloignant encore, et se portant à trois milles environ, 1l jette le corps privé de vie dans les eaux qui coulent à ses pieds. » | Ce récit de la mort d'Arthur n’est point contredit par les chroniqueurs anglais. 1ls cherchent à excuser leur suzerain, mais ils avouent que la rumeur publique disait que le roi Jean avait tué de sa propre main son neveu: « Voilà bien une œuvre digne de Néron, s’écrie toujours le poète breton, de ce Néron qui, après le trépas de tant d’hommes