‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 265 sur 336 · JUGEMENT DES PAIRS · texte numérisé non relu

JUGEMENT DES PAIRS

Quoi qu'il en soit, un arrêt fut porté par défaut; il prononça la confiscation au profit de la couronne, et pour meurtre et déloyauté, de tous les fiefs que le roi Jean tenait en France. C'étaient la Normandie, l’Anjou, le Poitou; quant à la Guyenne, qui formait commeune province séparée dont la reine Eléonore avait la jouissance, et qui était, sous certains rapports, en dehors de la mouvance du roi, la confiscation n’en fut prononcée que pour la forme. Quelques chroniques ajoutent que Jean fut condamné à mort par ses pairs .

À peine l'arrêt était-1l rendu, que Philippe était déjà en armes pour envahir les fiefs confisqués. « La terre, dit le poète chroniqueur, s'était revêtue de fleurs, les champs déployaient le luxe de leurs plantes; déjà plus de la moitié du printemps s'était écoulée, quand le roi, remph de colère, appelle de nouveau les chevaliers à la guerre, pressé de rendre enfin à Jean la juste peine du talion, et de le punir de l'assassinat de son neveu, de tant de crimes,

: Math. Pâris. Voyez aussi Chronique de Simon de Montfort, Duchesne, Collect. des Hist. de France, t. V, p. 564.

Page 1