LES CLERCS NORMANDS
qu'ils s'étaient faites à coups de couteaux. If y avait à peine un siècle que les religieux de Saint-Ouen, arrachant de l’autel l’archevêque qui officiait la crosse en main, l'avaient foulé aux pieds, et qu'ameutant les bourgeois de Rouen, au son du beffroi, ils avaient provoqué le meurtre de leur archevèque :; les moines défendaient par les armes tout, jusqu’à leurs concubines?. Un jour ces jeunes ribaudes se rassemblèrent comme des furies contre l'évêque Godefroy, qui, dans le synode de Rouen, avait prèché sur l’incontinence des clercs, hantant les mauvais lieux et les folles filles. Elles s’armèrent de pierres, et parvinrent, par douces paroles et postures de leur corps, à soulever les bons bourgeois de Rouen. « Vous les eussiez vues trotter çà et là, avec les petits bätards de clercs, couverts d’aubes et de surplis, et ar:imer tous les mauvais bour-
1 Chronique de Cuen , citée par D. Bessin, Concil. Rothomag. Provin., p.63.
? Le pape refusa de sanctionner l’élection de l’évêque d’Avranches , parce qu’il avait des enfans partout, et cum filios habeat undècumque. —- Lettre d’Innocent III au chapitre d’Avranches, dans D. Bessin, Concil. Rothom. Prov., p. 308.