‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 294 sur 336 · MOEURS DES NORMANDS · texte numérisé non relu

MOEURS DES NORMANDS

du couvre-feu annonçait aux châteaux et aux monastères, à la case du serf et du manant, qu'ils devaient éteindre la lampe de fer enfumée, et le tison ardent des vastes foyers de famille. Les lois forestières protégeaient les bois touffus, et les habitations des champs, le faucon et les chiens, tandis que des punitions sévères, la perte des biens ou des membres, tendaient à comprimer les habitudes de pillage, dont les traces avaient quelque peine à s’effacer dans une colonie de pirates 1.

Ces mœurs indomptables et rebelles à tout frein agissaient non-seulement sur les masses, mais encore résistaient à la piété et aux macérations de la vie monastique. Les évèques, les abbés mitrés, portaient casque, et s’armaient volontiers de l’arbalete, de la masse et même du poignard de miséricorde, arme chérie des r1bauds et des routiers. Les cathédrales et les monastères étaient le théâtre de continuels et sanglans débats ?. Dans l’abbaye de Grestain, les moines portaient de profondes cicatrices

: Houard, Lois anglo-normandes, 21.

2 Nicol. de Clemengis, de Corrupto ecclesiæ statu, cité par D. Bessine, Observat. in Concil. Rothomag province, an 1055.

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