ÉMIGRATIONS PATRIOTIQUES
tifs qui suivirent la fortune du roi Jean et des Anglais, on remarqua Marie de France, dont les lays et les tensons étaient si populaires dans les cours plénières et les veillées. Les dames et les varlets aimaïent à réciter particulierement son recueil de fabliaux alors connus sous le nom d’Isopet ou petit Esope;et surtout son Purgatotre de Saint-Patrice, conte de superstitions mystérieuses et dévates recueillies sur la caverne de ce nom, en Irlande. Marie ne voulut point chanter en une autre cour qu'en celle des Plantagenets. Elle. quitta.les vivantes cités de Normandie, pour les vieilles tours de Londres et de Wodstook:. Par contraire, d'autres poètes normands s’attachèrent fidèlement à Philippe, et le suivirent en sa cour de Paris.
Le roi profita de ces émigrations volontaires des barons normands en Angleterre, pour consolider sa domination; il fonda sa suzeraineté, non-seulement sur les droits de sa couronne, mais encore sur la possession réelle des
* Voyez l’édition de ses Fabliaux, publiés par M. Roquefort.
Paris, 1820.