DEUXIÈME ET TROISIÈME PÉRIODES
Résultats acquis pour la politique générale. — Rapports de la couronne avec les États étrangers. — 1” Angleterre. — L’Empire. — La cour de Rome, — Situation de la puissance pontificale. — Premières résistances aux doctrines d'autorité. — Les hérésies. — Situation du gouvernement. — Etat des personnes. — Des propriétés. — Progrès des franchises populaires. — Chartres communales. — Formes nouvelles de la monarchie. — Premier germe des armées permanentes. — Organisation de la justice. — Progrès de l’esprit humain.— Etat des sciences, des lettres et des beaux-arts. — Mœurs de la société féodale.
La période que nous venons de parcourir comprend lespace de quatorze années, toutes remplies d’événemens importans, dont l'esprit et les résultats ont besoin d’être observés.
C’est une époque de progrès et de développe-
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‘* mens : depuis le retour du roi Philippe et l’accomplissement de son pélérinage jusqu'à la confiscation des fiefs sur Jean d’Angieterre, il y a évidemment tendance sensible vers l'unité et la force du gouvernement. Ce ne sont plus, comme dans les premières années de ce règne, quelques essais imparfaits, des luttes chevaleresques sans résultats ; nous avons laissé la France féodale, avec son territoire morcelé, sa législation individualisée en chaque baronie, nous la retrouvons, au temps de cette seconde période, avec des conquêtes, des rapports de politique générale, une influence établie, un germe d'armée permanente, d'administration intérieure, et d’organisation de la justice. Toutes les forces sociales se sont pour ainsi dire développées.
L’Angleterre vit le règne de deux princes, celui de Richard-Cœur-de-Lion et de Jean Sans-Terre. Sous le premier, les rapports de Philippe-Auguste et des Plantagenets furent une véritable lutte, un conflit laborieux et souvent indécis. Le bouillant courage de Richard balançait l’intrépidité chevaleresque de son rival; et si le roi de France s’efforça
déloyalement de profiter de toutes les infortunes du prince anglais, de sa longue captivité, lé dévouement des barons d'Angleterre et de Normandie résista à toutes les suggestions perfides. Lors du retour du prince captif, la victoire suivit plus fréquemment les gonfanons de Richard, que ceux des chevaliers de Philippe. |
Mais la fortune semblait favoriser le roi de France : Richard meurt au milieu d’une trève; une question d’hérédité entre Arthus, duc de Bretagne, neveu du roi anglais, ‘et Jean, son frère, divise l’obéissance des barons, et morcélle les forces féodales d'Angleterre: Philippe intervient dans la querelle, profite de ces circonstances difficiles, protège secrètement Arthus,ettraite publiquement avec Jean, proclamé roi. Prince plein de couardise et de lächeté, Jean s’aliène ses vassaux par son manque de foi, et le meurtre d’Arthus soulève la grande question de la confiscation des fiefs des Plantagenets devant la cour des grands feudataires.
On a discuté la justice de cet acte, la validité de la sentence rendue par les pairs contre Jean d'Angleterre : ces sortes de discussions nous