L’ANGLETERRE
paraissent oiseuses , lorsqu'il s’agit d’une époque de violence et de faits, où les résultats seuls peuvent et doivent être observés. Que la sentence contre Jean soit équitable ou injuste, qu'elle ait outrepassé le pouvoir de la cour des pairs et les prescriptions de la législation féodale, tout cela importe peu; ce qu'il faut voir dans la marche des idées, c’est cette puissance territoriale nouvelle, acquise à la couronne de France par la confiscation des fiefs anglais. Il est certain que les Plantagenets possédaient une grande autorité sur le continent, qu'ils intérvenaient dans les affaires intérieures du gouvernement de la France, qu'ils pouvaient marcher quand et ainsi qu'ils le voulaient contre leur suzerain, tandis qu'à partir de cette époque, rélégués dans leur ile, poursuivis par les sentences du pape, assiégés plus tard, comme nous le verrons, par le baronnage de France, les rois d'Angleterre restèrent près d’un demi-siècle sans influence sur les destinées de la France jusqu’à ce que la politique imprévoyante de Louis IX, restituant les terres acquises par son
aieul, donna, pour la seconde fois, aux Anglais cette haute puissance qui menaça ses descendans.
L'Empire eùt pesé d’un poids immense sur les affaires générales de l'Europe, si l'élection d’un chef n’eût ébranlé, à certaines époques, ce vaste corps. Cette perpétuité de brigues, cette intervention. simultanée de tout ce qui avait un peu d'influence sur la politique imparfaite de ce siècle pour dominer le choix, tout cela jetait une sorte de langueur dans les résolutions militaires. Après la mort de Henri VI, Philippe de Souabe et Othon de Brunswick, simultanément élus, se disputèrent la couronne impériale, et c’est 1c1 que l’activité des deux princes influens et rivaux, Philippe et Richard, se réveilla pour protéger chacun le candidat qui pouvait faire entrer les forces de l'empire dans la balance de leur intérêt.
On voit déjà poindre cette politique d’intervention, qui suppose une certaine force, reconnue dans l’intérieur des États. Il est rare qu'un souverain, préoccupé d’affermir sa puissance autour de lui, incertain de sa propre