‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 320 sur 336 · ROUTIERS, COTTEREAUX · texte numérisé non relu

ROUTIERS, COTTEREAUX

Les rois anglais, Henri IT, et Richard-Cœurde-Lionsurtout,avaient presque toujours àleur solde les routiers et côtereaux : ces hommes aventureux s'étaient même attachés de dévouement à Richard; ils aamaient cette valeur à l’épreuve, cette audace du champ de bataille, et peut-être aussi cet amour de rapine et de butin qui distinguait le roi anglais. Dans toutes les guerres de Normandie, de Poitou ou de Bretagne, ce sont toujours les routiers et côtereaux qui le suivent aux combats et au pillage. Sorte de volontaires en dehors de l’armée féodale, ils portaient des gonfanons particuliers, surmontés d’attributs bizarres, de figures d'animaux ou de signes de reconnaissance, qui laissaient croire qu’une initiation mystique préparait leur admission dans les grandes compagnies.

C’est surtout après la mort de Richard que Philippe-Auguste prit à sa solde plusieurs de ces bandes de routiers. Déjà, sous le prétexte de quelques menaces venues du Vieux de la Montagne, 1l s'était entouré d’une garde fidele, armée de masses d'armes, et qui veillait sans cesse autour de lui. Par l'admission des côte-

reaux sous les gonfanons de France, 1l compléta le système d'armée permanente, prise en dehors du service de fief, et là fut le principe le plus actif de décadence pour la féodalité; car la couronne eut alors une force indépendante de la tenure des barons, et qu’elle put leur opposer dans la suite avec succés.

Pendant la grande période que nous venons de parcourir, s’organisa aussi un système plus large et plus régulier d'administration de la justice et de perception des droits du domaine. À cette époque, ces deux ordres d'idées n’étaient point séparés l’un de l’autre. Au commencement du règne de ce prince, trois espèces de juridiction existaient : 1°. celle des communes sous leurs maires, échevins ou magistrats ; 20. celle des barons, organisée pour chaque fief, selon le ressort; 30. la juridiction royale, exercée par des prévôts relevant d’un grand sénéchal auxquels ils rendaient compte dans les assises. Cette fonction, confiée aux comtes de Chartres et de Blois, fut abolie sous le règne de Phihippe-Auguste, et remplacée par une hiérarchie régulière de magistrats, de baillis , réunissant plusieurs prévôtés sous

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