TOME Il
de nous est inconnue à nos vieux chroniqueurs.
Si les bourgeois acquirent de l'importance, nous ne voyons pas que la classe des serfs ait conquis quelque liberté. Partout où la résistance éclate violemment, la force. d'oppression qui l’a produite doit avoir été. violente elle-même; et ces grands mouvemens de pastoureaux, la jacquerie tant redoutée des seigneurs et des monasteres , nous indiquent qu'aucun soulagement n'avait été accordé aux!
infortunés attachés à la glèbe. C’étaient le désespoir, le fouet du majordome, les pénibles travaux de la terre et du moulin, qui soulevaient ces populations opprimées. Ces malheureux étaient barbares comme toute multitude servile; mais ce n’est pas le moins dramatique ni le moins instructif des tableaux du moyen âge, que ces mouvemens populaires qui ne furent pas sans influence sur la marche de l'esprit de liberté; car il faut quelquefois de rudes leçons au pouvoir pour l’éclairer sur ce qu'il doit faire
de raisonnable pour la société :.
: On n’a point assez étudié les mouvemens de pastoureaux et jecqueries qui, dans le moyen âge, ont révélé l’existence d’une