‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 36 sur 336 · MASSACRE DE TROIS CENTS LANCES · texte numérisé non relu

MASSACRE DE TROIS CENTS LANCES

non de France, avaient envahi cette province. «Philippe était à Vaudreuil, au point où l'Eure baigne ces contrées de ses eaux divines*.» Le comte de Mortagne occupait Evreux, protégé par ses hautes murailles. L'union la plus intime paraissait régner entre eux, et le roi de France lui avait, par ce motif, confié cette cité importante de la Normandie; mais le comte ayant appris la confiscation de ses fiefs en Angleterre, la soumission de presque tous les barons anglais à son frère, craignit les suites de sa trahison; de concertavec Richard ou peutêtre seul, mais pour gagner ses bonnes grâces, il tenta de séparer violemment sa cause de celle de Philippe, son allié. Le comte avait sous ses ordres trois cents lances de Trance et près de cent cinquante archers anglais; dépassant tous les tyrans de la Sicile par la méchanceté de l’ame?, Jean invite à un festin tous les Français qu'il put trouver à Evreux, et les chevahiers et les servans d'armes , à exception d'un

petit nombre que le hasard fit demeurer dans la citadelle. Ceux-ci donc ayant déposé leurs

: Guillaume-le-Breton, Philippéide, ch. v.

2? Jhid.

Page 1