‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 64 sur 336 · LE ROI BRAVE LES LÉGATS · texte numérisé non relu

LE ROI BRAVE LES LÉGATS

cette affaire au cardinal Mélior, prêtre du titre de Saint-Jean et de Saint-Paul, son légat en France, et à Censius, son diacre et notaire du saint-siége; ils déclarèrent d’abord au roi qu’il devait considérer l'affaire deson divorce comme en suspens, et lasentence de dissolution comme non avenue, jusqu'à ce que la cour de Rome eüt prononcé.

Phihppe recut fort mal les deux délégués de la cour de Rome : «La sentence est valable,leur dit-il, vous n'avez pas à vous mêler de cette

‘affaire. — Tu te trompes, lui répondirent les vicaires du pape : il appartient à nous seuls, ou au pontife qui nous envoie, de te délier du serment que tu as fait envers ton épouse Ingerburge. » Malgré les menaces de Philippe, le cardinal Mélior et son diacre Censius résolurent de réunir un concile pour y traiter de l’affaire du divorce; mais le roi avait tellement effrayé par ses menaces les clercs et abbés, qu'ils furent tous comme des chiens muets, et qu'aucun n'osa japper, tant is craignaient pour leur peau".

: Chronique d’Albéric des Trois-Fontaines, ad ann. 1196.

Page 1