LETTRE DU PAPE SUR LE DIVORCE
que le roi Philippe ait reçu le cardinal Mélior avec Si peu de déférence; comme je suis Pimage de l'Église, mon légat aussi est l’image de moi-même; et qui pourrait, dès lors, refuser l’obéissance? J'ai vu la généalogie que les évêques m'ont envoyée, et c’est d’après cette inspection et le bruit commun qu'a fait ce scandale, que j'ai cassé la sentence : faites maintenant que Philippe ne se remarie point, et qu'il ne brise pas ainsi le lien qui Punit encore à l'Église 1,»
Ce dernier point était l’objet capital dans ja question du divorce. En effet, les mauvais traitemens du roi envers Ingerburge , ses menaces contre les légats, quelque repréhensibles qu'ils fussent dans l’opinion du pape, ne pouvaient motiver les grandes foudres' ecclésiastiques de l’interdit contre le royaume, et de l’excommunication personnelle du roi ; pour s’autoriser de l'exemple du passé, il fallait qu’une seconde union vint rompre violemment les liens sacrés du mariage; le roi s’y pré-
: Epistol. Cœlest. Elle porte la date du 13 mars (avant Paques 1197.) — Buleus, Æist. Univers. , 1. 11, p. 6o2.